Sols pollués

USICHROM

La pollution de ce site de Villeurbanne fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP001281701
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneVilleurbanne
DépartementRhône
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

> Situation environnementale et sanitaire du site

// Diagnostics et travaux réalisés

/// Pollutions identifiées lors des diagnostics

A l’issue de la cessation d’activité, deux campagnes d’investigations ont été menées en 2012 par BURGEAP (pour le compte d’USICHROM) et en 2015 par DEKRA (pour le compte du groupe SERL).

Les principales pollutions mises en évidence étaient les suivantes :

dans les sols,

- des anomalies en COHV principalement dans les couches superficielles (0 - 1 m) et peu profondes (1 - 2 m), la valeur maximale mesurée étant de 14 mg/kg en trichloroéthylène (TCE) sur le site,

- des anomalies en métaux dans les couches superficielles mais que l’on retrouve sur l’ensemble des remblais du périmètre de la ZAC

dans les gaz du sol,

- des concentrations en BTEX pouvant atteindre 5109 µg/m³ dont 2000 µg/m³ pour le toluène, 2600 µg/m³ pour le xylène et 115 µg/m³ pour le benzène ;

- des concentrations en COHV pouvant ponctuellement atteindre 600 µg/m³ pour le tétrachloloéthylène (PCE) et 6000 µg/m³ pour le trichloroéthylène (absence de chlorure de vinyle, produit de dégradation du PCE et TCE) ;

- des concentrations en hydrocarbures totaux atteignant 9700 µg/m³.

dans les eaux souterraines,

- des anomalies en COHV (TCE et PCE en particulier) sur l’ensemble du périmètre de la ZAC correspondant à une surface bien supérieure à l’emprise de l’ancien site USICHROM. Toutefois, compte-tenu de l’activité exercée par USICHROM et du fait des concentrations mesurées dans les sols et les gaz des sols, il ne peut être exclu que l’ancien exploitant ait contribué à la pollution de la nappe.

///Pollution complémentaire

Par courrier du 12 octobre 2017. le groupe SERL a informé le préfet du Rhône de la découverte d’une source concentrée en chrome lors de la mise en œuvre des mesures de gestion des pollutions initiales.

Selon le tiers demandeur, la pollution semblait s’étendre sur une surface d’environ 80 m² et une épaisseur de 2,5 m entre -2m et -4,5 m de profondeur.

Suite à la découverte de cette pollution au chrome, le préfet du Rhône a prescrit, par arrêté du 20 août 2018, des mesures de gestion complémentaires.

//Travaux réalisés et pollutions résiduelles

Des travaux ont été menés conformément au plan de gestion et à l’arrêté préfectoral du 4 février 2017 (complété le 20 août 2018).

Ces derniers ont consisté à retirer les sources concentrées identifiées dans les sols :

- source 1 en partie centrale du site : COHV et BTEX sur environ 150 m² et 2 m de profondeur ;

- source 2 en partie sud du site : COHV et BTEX sur environ 125 m² et 2 m de profondeur ;

- source 3 en partie nord : COHV et BTEX sur environ 50 m² et 2 m de profondeur ;

- source Chrome, en fond de fouille de la zone source 1, sur environ 80 m² et 2,5 m de profondeur.

Les travaux de dépollution ont été réalisés par le groupe SERL, aménageur de l’ensemble de la zone, sans tenir compte des seules limites de l’ancien site USICHROM. Ainsi les fouilles ont systématiquement été élargies lorsque cela paraissait nécessaire, afin de procéder à une dépollution la plus rigoureuse possible dans un coût économiquement acceptable.

Les concentrations résiduelles à l’issue de ces travaux, sont détaillées ci-après :

- source 1 : les résultats en bords et fond de fouille sont conformes aux prescriptions de l’arrêté préfectoral du 04 juillet 2017 à l’exception de la bordure Nord-Ouest (traces de TCE à 0,11 mg/kg MS - seuil fixé à 0,07 mg/kg MS) en limite de site. Cette situation s’explique vraisemblablement par le fait que la source 1 dépasse les limites de l’ancien site exploité par USICHROM.

Les mesures de gaz du sol réalisées sur la zone après travaux présentent des concentrations toujours significatives en PCE (maximum 2380 µg/m³ – seuil fixé à 500 µg/m3). Toutefois, en l’absence d’impact sur les sols au niveau du fond de fouille et jusqu’au toit de la nappe d’eau souterraine, le tiers demandeur estime que l’impact résiduel en COHV provient majoritairement de la nappe d’eau souterraine sous-jacente.

- source 2 : les résultats en bords et fond de fouille sont conformes aux prescriptions de l’arrêté préfectoral du 04 juillet 2017 à l’exception du TCE en bordures Sud (0,56 mg/kg MS - seuil fixé à 0,07 mg/kg MS) et Ouest (0,58 mg/kg MS - seuil fixé à 0,07 mg/kg MS) en limite de site. Compte tenu des usages non sensibles situés à proximité de ces zones (hors emprise des travaux), les terrassements n’ont pas été poursuivis.

Les mesures de gaz du sol réalisées sur la zone après travaux ont mis en évidence une mesure en PCE de 646 µg/m³ (en dehors de l’emprise USICHROM) dépassant légèrement le seuil fixé à 500 µg/m³. Là encore, en l’absence d’impact identifié dans les sols en fond de fouille, le tiers demandeur conclut que cette concentration provient vraisemblablement de la nappe d’eau souterraine.

- source 3 : le contrôle de la qualité des sols en bords et fond de fouille indique que les résultats sont tous conformes aux prescriptions de l’arrêté préfectoral du 04 juillet 2017 (pour les milieux sols et gaz du sol).

- source Chrome : II est apparu que la quantité de terres polluées au chrome était supérieure à l’estimation initiale. Ainsi, le tiers demandeur a dû terrasser jusqu’au toit de la nappe. Au total, environ 700 t de terres ont été excavées et déposées en tas. En application de l’arrêté préfectoral du 20 août 2018, l’exploitant a procédé à l’évacuation des terres dont la concentration en chrome était supérieure à 200 mg/kg MS. Au vu des coûts importants d’évacuation et de la nature du polluant (non volatil), les terres restantes (< 200 mg/kg MS) ont par la suite été remises en place selon le principe suivant : 1. comblement du fond de fouille sur 1 m avec des matériaux sains de manière à être hors d’eau, 2. mise en place d’un géotextile et création d’un dispositif d’alerte, 3. mise en place des terres présentant une pollution résiduelle, 4. mise en place d’un géotextile et création d’un dispositif d’alerte, 5. recouvrement par 1 m de terres saines.

À l’issue des travaux, la zone comporte donc une « papillote » de pollution résiduelle en chrome (< 200 mg/kg MS).

// Analyse des risques résiduels (ARR)

Après les travaux de dépollution, le tiers demandeur a procédé à l’analyse résiduelle des risques.

Pour rappel, l’usage futur projeté est le suivant :

• au droit de l’îlot I en partie sud: immeubles d’habitations collectives de plain-pied avec espaces verts, voiries et commerces au rez-de-chaussée ;

• du droit de l’îlot L en partie nord : bâtiments de logements et bâtiments scolaires dont une cantine et des salles de cours, un complexe sportif et une zone « verte ».

Se fondant sur des mesures des gaz des sols à l’issue des travaux (concentration la plus élevée prise en compte dans les calculs), l’analyse des risques résiduels présente des résultats très inférieurs aux limites même en intégrant les incertitudes.

Ainsi, au droit de la source 1, le risque toxique concerne principalement le dégazage du trichloroéthylène et le xylène, et le risque cancérigène vise principalement le benzène. Au droit des sources 2 et 3, les risques toxique et cancérigène concernent principalement le trichloroéthylène.

Ce faisant, l’ARR conclut que l’état des sols est compatible avec l’usage futur.

Sur la base de ces résultats, de l’analyse du rapport de fin de travaux et d’une visite de site réalisée le 7 novembre 2018, l’Inspection des installations classées a délivré PV de fin de travaux au Groupe SERL le 28 novembre 2018.

Des servitudes d’utilités publiques doivent néanmoins être instaurées en raison de la présence de pollutions résiduelles.

// Servitudes d'utilité publiques

Un dossier de demande d'instauration de servitudes d'utilité publiques a été transmis par le tiers demandeur en septembre 2019, complété en dernier lieu en octobre 2019.

La procédure d'instauration de servitudes d'utilité publique est actuellement en cours.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Villeurbanne, l'inventaire recense 1 449 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 16 secteurs d'information sur les sols et 19 sites en instruction. Voir la page de Villeurbanne.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.

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