Sols pollués

ELECTROCHROME

La pollution de ce site de Mérignac fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP000814101
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneMérignac
DépartementGironde
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

1 - MISE EN SECURITE

Suite à l'incendie qui a détruit l'atelier de traitement de surfaces le 02/05/2007, l'arrêté préfectoral du 29/05/2007 prescrit, dans le délai de 3 à 6 mois :

- la sécurisation du site,

- l'enlèvement des effluents liquides et des produits chimiques,

- le nettoyage et la décontamination des matériels,

- élimination des résidus et des déchets dans des installations prévues et autorisées à cet effet,

- la déconstruction sélective des bâtiments endommagés

- le dépôt d'un nouveau dossier technique de réactualisation.

2 - REMISE EN SERVICE DE L'INSTALLATION

Suite à l'incendie du 02/05/2007, l'arrêté préfectoral du 29/05/2007 conditionne la remise en service de l'installation au dépôt d'un nouveau dossier. Le dossier d'actualisation des activités du site a été déposé le 21/12/2007, complété le 14/02/2008. Le 03/11/2008, la société a transmis le récolement de ses installations à l'arrêté ministériel du 30/06/2006. L'actualisation des activités du site a été notifié par arrêté préfectoral du 03/10/2012 qui autorise l'exploitant à poursuivre son activité.

3 - DIAGNOSTICS

Les activités exercées sur ce site ayant pu être à l'origine d'une pollution potentielle du sol et du sous-sol, une étude a été réalisée en 2000 à l'initiative de l'industriel dans le cadre d'une demande de certification. L'étude remise en janvier 2001 classe le site en 2 "à surveiller" pour les eaux souterraines à d'autres usages que la consommation.

Suite à l'incendie qui a détruit l'atelier de traitement de surfaces le 02/05/2007, l'arrêté préfectoral du 22/06/2007 prescrit dans le délai de 6 mois le diagnostic du sol et de la nappe. Le rapport d'étude remis le 08/10/2007 fait état de la pollution des sols (3 sources répertoriées) et de la nappe par le Plomb, le Cadmium, le Chrome et le Nickel. L’arrêté préfectoral du 20/05/2008 prescrit l’excavation ou le traitement des sols pollués et le traitement et suivi piézométrique de la nappe.

4 - TRAVAUX

Concernant les travaux de dépollution, les terrains pollués ont été en partie excavés, hors bâtiment reconstruit. 575 tonnes de terres impactées ont été envoyées à la cimenterie CALCIA. Une excavation complémentaire a été réalisée par la suite sur un point situé sous une zone de passage : 195,5 tonnes de terres ont été excavées et éliminées dans la même cimenterie.

Concernant la nappe, l’exploitant a mis en place un pompage de la nappe au niveau du piézomètre PZ2 et au moyen d’un piézomètre supplémentaire, à un mètre de ce dernier, et le traitement de ces eaux par la station physico-chimique de l'atelier de traitement de surface. Ce traitement a débuté en juin 2008, une fois la station d’épuration interne reconstruite. Les résultats des analyses mensuelles des eaux souterraines de juin 2009 ont montré que la qualité des eaux souterraines était équivalente à celle avant l’incendie. L’exploitant a donc arrêté le pompage, sans l'avis préalable de l'Inspection. La quantité d’eau de la nappe pompée et traitée dans la station d’épuration interne est de l’ordre de 240 m3.

Le projet d'arrêté autorisant l'exploitation de l'atelier de traitement de surface à la suite de l'incendie du 02/05/2007 prescrit :

- 2 campagnes de mesures de l'air ambiant en vue de la validation de l'évaluation des risques sanitaires,

- remise en route du pompage de la nappe pour supprimer le transfert de pollution hors site (Ni, Cd, Fluorures et Cyanures).

5 - SURVEILLANCE DES EAUX SOUTERRAINES

Le suivi de la nappe est prescrit par l'arrêté du 21/05/2001 sur 4 piézomètres avec l'analyse semestrielle des paramètres suivants : Cd, Cr total, Cu, HCTX, CN-, Ni, Pb, Zn.

Les conclusions du rapport de la campagne de prélèvements et d'analyses des eaux souterraines de décembre 2007 propose une synthèse des informations des mesures depuis 2004. Il apparaît, entre autre, ce qui suit :

- Cyanures totaux : influence ponctuelle dans le temps. Diminution des teneurs. Valeur supérieure à la Limite Quantitative (LQ).

- Nickel : Impact significatif. Progression des teneurs. Valeur supérieure à la LQ.

- Cadmium : Impact significatif. Progression des teneurs. Valeur supérieure à la LQ.

- Fluorures : Impact significatif. Progression des teneurs. Valeur supérieure à la LQ.

Les campagnes de 2009 et 2010 montrent des résidus de pollution, notamment en nickel (141 µg/l), cadmium (6 µg/l) et en fluorures (2210 µg/l) puis en cyanures (75 µg/l) au niveau du piézomètre PZ3 situé à l'aval hydraulique du site.

Les conclusions du rapport de la campagne de prélèvements et d'analyses des eaux souterraines de 2011 propose une synthèse des informations des dernières campagnes. Il apparaît, entre autre, ce qui suit :

- Cyanures totaux : Augmentation de la teneur en PZ3 sans impact sur les autres ouvrages. Impact supérieur à la LQ.

- Nickel : Impact significatif. Maintien de la concentration (0,14 mg/l)

- Cadmium : Absence d'impact mesurable sur la nappe phréatique. Cependant un ouvrage (puits) reste supérieur à la LQ.

- Fluorures : Maintien de la concentration. Seul PZ3 reste supérieur à la limite de qualité.

De 2012 à février 2016, les résultats des campagnes semestrielles sont synthétisés ci-après:

- absence d'impact en indice hydrocarbures, cyanures totaux, chrome total, plomb en amont et aval hydraulique du site, au droit de l'ensemble des ouvrages (absence de détection ou concentrations inférieures aux limites de qualité).

- une augmentation anormale des concentrations en fluorures, nickel, cuivre et zinc au droit du PZ3 lors de la campagne de février 2016 (mais les teneurs restent < limite de qualité pour Cu et Zn).

- pour le Cd: le constat historique fait état d'une variation cyclique coupée à un dépassement des limites de qualité au droit de PZ4 (0,014 à 0,09 mg/L). La campagne de février 2016 montre une stabilisation/décroissance au droit de PZ1, PZ2 et du puits avec l'absence d'impact significatif au droit de PZ1 et PZ2. Cette campagne confirme également l'impact identifié au droit de PZ3.

- pour le Ni: teneurs régulièrement > limite de qualité de 0.02 mg/L pour les PZ2, PZ3, PZ4 et le puits avec néanmoins une stabilisation/diminution sur la campagne de février 2016, sauf pour le PZ3 qui a connu une augmentation importante des concentrations en Ni. Absence d'impact sur PZ1 mis en évidence de 2012 à 2016.

Les causes de cette pollution ont été recherchées par l'exploitant. Il s'agissait d'une fuite au niveau d'un tuyau souple enterré qui véhicule les effluents usées des rinçages acido-basiques de la chaîne de production à la station. Des actions d'urgence ont immédiatement été engagées:

- réparation du tuyau le 25/02/2016

- mise en place d'amortisseurs de pulsation après les pompes afin de réduire les frottements du tuyau

- instauration d'un contrôle visuel périodique de tous les regards avec passages d'effluents liquides.

A la demande de l’inspection, l’exploitant présente les mesures supplémentaires suivant les conseils du bureau d’études AMDE, à savoir :

- surveillance des piézomètres 2 fois en mars 2016, puis 1 fois par mois jusqu’à septembre 2016,

- enquête de voisinage sur usage des eaux souterraines en aval hydraulique avec éventuel contrôle de qualité,

- diagnostic de l’état des sols au niveau de la fuite.

L’inspection valide ce programme d’investigations en soulignant que suivant les résultats obtenus, ce programme devra être adapté.

Les campagnes d'octobre 2016 ainsi que les deux campagnes de 2017 (avril et octobre) ne mettent globalement pas en évidence d'amélioration significative de la situation par rapport à février 2016 avec des concentrations supérieures aux limites de qualité pour le Ni (PZ2, PZ3 et PZ4), Cd (PZ3 et PZ4) ainsi que pour les fluorures (PZ3).

Néanmoins, les concentrations de ces composés tendent globalement à diminuer au fur et à mesure des campagnes. Le puits a été comblé en octobre 2017 comme demandé par l'Inspection.

Lors de la campagne de mai 2018, les mêmes conclusions que lors du précédent suivi peuvent être faites, mais les concentrations des marqueurs de la pollution ont nettement diminué, notamment au droit du PZ3. Aussi, les teneurs en Ni au droit du PZ2 sont passées en dessous de la valeur guide pour le classement des eaux destinées à la production d'eau potable (0.02 mg/L).

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Mérignac, l'inventaire recense 111 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 7 secteurs d'information sur les sols et 18 sites en instruction. Voir la page de Mérignac.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.

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