Laboratoires REX
La pollution de ce site de Pessac fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.
Ce que le registre enregistre
| Identifiant du site | SSP000747201 |
|---|---|
| Statut | site dont la pollution est instruite par l'État |
| Commune | Pessac |
| Département | Gironde |
| Instruction | En cours |
Ce que l'État en dit
1 - MISE EN SECURITE :
En octobre 1994, la présence de Toluène est décelée dans le puits d'un voisin du site REX située en amont hydraulique. En urgence, 3000 litres de produit surnageant et d'eau sont pompés dans ce puits et incinérés par la SIAP à Bassens.
L'origine est une fuite sur la tuyauterie de remplissage de la citerne de Toluène du site REX. Le Toluène a migré dans le sol pour atteindre la nappe vers 3m de profondeur. Ce produit, plus léger que l'eau, flotte sur le toit de la nappe et se propage à l'aval hydraulique où se situe le puits du riverain ci-dessus.
L'arrêté préfectoral du 22/11/1994 prescrit les travaux d'excavation et de remplacement des 4 cuves et des tuyauteries. Les terres autour des cuves sont excavées et évacuées à la SIAP 33 Bassens.
2 - DIAGNOSTIC
L'Arrêté Préfectoral (AP) du 22/11/94 prescrit le diagnostic du site concluant à la nécessité de dépolluer les sols et la nappe.
L'AP du 30/07/99 prescrit le diagnostic approfondi et l'évaluation détaillée des risques. L'étude montre que le risque est acceptable pour 1 teneur en Toluène de 1,2 mg/l, hors site et en particulier chez le propriétaire du puits privé qui peut utiliser l'eau de la nappe pour arroser son jardin, à l'exclusion de tout autre usage alimentaire.
2001 : pollution dans un 2ème puits privatif, le bureau d'études fait l'hypothèse d'1 poche de toluène, piégée dès l'origine, mobilisée par la montée de la nappe due aux fortes précipitations du printemps.
L'AP du 14/12/01 prescrit 1 complément d'études pour connaître l'origine, l'extension et le risque et renforce la surveillance de la nappe. L'étude complémentaire de juil. 02 confirme l'hypothèse ci-dessus.
Depuis 2000, persistance de fortes teneurs, le modèle de transfert des polluants expose l'hypothèse d'1 relarguage du Toluène au niveau des fondations du bâtiment lors des battements de nappe.
2003, réapparition de la pollution hors site, la modélisation et les reconnaissances de juil. 04 et juin 05 montrent la présence d'1 poche de pollution sous le bâtiment dont les fondations assurent 1 sorte de confinement.
3 - TRAVAUX
La dépollution de la nappe par stripping, puis par voie biologique et enfin par venting et sparging, entreprise pendant 5 ans, stoppe la progression de la pollution et diminue la teneur en Toluène.
Arrêt du système de dépollution en 1999 suivant conclusions du diagnostic approfondi et de l'évaluation détaillée des risques ci-dessus. Quantités de Toluène récupérées estimées à 5 200 kg en fév. 1997 et 14 000 kg en nov. 2000.
L'AP du 01/03/06 prescrit le traitement de la source sous le bâtiment par "venting" des sols et biodégradation de la nappe, mis en place le 23/06/06.
Après 1 an de fonctionnement, la quantité de Toluène extraite du sol par venting est d'environ 1 252 kg. Celle liée au biotraitement de la nappe est difficilement quantifiable du fait de la présence de Toluène dans les sols de la zone de battement.
Face au constat de recrudescence de l'impact à l'aval, est décidé le 25/09/07 de :
- contrôler les résultats du venting sur les sols par réalisation de prélèvements (validation de l'objectif de 75 mg/kg),
- renforcer la micro-diffusion d’oxygène en cœur de panache,
- créer 1 barrière de biodégradation sur le panache diffusant vers la propriété de [personne non publiée], par installation de micro-diffuseurs d’oxygène en 3 points.
La campagne d'analyses de la nappe de nov. 2008 montre l'efficacité du traitement mis en place depuis 2006.
La campagne du 14/01/09 et le bilan annuel dressé le 20/03/09 confirment cette efficacité et montrent qu'après 30 mois de traitement, la quantité de Toluène dans la nappe a diminué de près 85%.
Il est décidé de poursuivre le traitement pendant 1 an minimum avec 1 nombre de points de diffusion de l'Oxygène réduit à 7 et de poursuivre la surveillance piézo prescrite par AP du 14/12/01.
Le procès-verbal de récolement de l'inspection du 17/07/2013 fait état des constats suivants :
- les campagnes d'analyses de 2009 à décembre 2011 confirment la remontée des concentrations en Toluène aussi bien sur le site qu'à l'aval dans le puits de la maison Raimbault,
- sur le site, on dépasse de plus de 2 fois la valeur d'objectif de l'Evaluation détaillée des risques pour l'usage de type industriel ou artisanal,
- en limite de propriété, à l'aval hydraulique, on dépasse très largement l'objectif défini pour un usage résidentiel, sans toutefois, pour le moment, atteindre la maison Raimbault,
- la campagne de surveillance des eaux souterraines qui restait à mener en 2012, selon les engagements pris, n'a pas été réalisée,
- les éléments de justification d'arrêt du traitement à l'oxygène dans le rapport ICF du 27 octobre 2010, relatif au traitement des sols et de la nappe, n'ont pas été validés par l'inspection des installations classées,
-la plupart des piézomètres installés sur le site sont détériorés ou non mis en sécurité.
Les conclusions sont les suivantes :
- les travaux de dépollution de la nappe entrepris de 2006 à 2010 ne semblent pas suffisants pour stopper la progression de l'impact à l'aval hydraulique,
- l'arrêt du traitement de la nappe par voie biologique en juillet 2010 n'est pas justifié et n'a pas reçu l'aval de l'Inspection des Installations Classées,
- l'arrêt de la surveillance périodique des eaux souterraines en décembre 2011 n'est pas justifié et et n'a pas reçu l'aval de l'Inspection des Installations Classées,
- des mesures complémentaires de gestion sont à mettre en œuvre pour traiter la source de pollution et la nappe,
- l'état et la viabilité des piézomètres doivent être vérifiés afin, soit de les conserver et les mettre en sécurité, soit de les boucher dans les règles de l'art.
L'inspection propose de prescrire les mesures suivantes :
- mettre en place tous moyens adaptés permettant de supprimer le transfert de la pollution par le Toluène vers l'aval hydraulique et de traiter la source de pollution et la nappe,
- remettre les piézomètres en état et les mettre en sécurité, sinon les boucher dans les règles de l'art,
- reprendre la surveillance périodique des eaux souterraines selon les recommandations du rapport ICF Environnement susvisé.
Le bureau d'études ICF Environnement, missionné par l'ancien exploitant a mené des investigations en février 2014 :
Réalisation de 5 piézomètres du 05 au 07 février 2014 et prélèvements sur l’ensemble des ouvrages le 10 février 2014 qui permettent de mettre en évidence les éléments suivants :
- Concernant la qualité des sols, l’absence de teneur notable en toluène dans l’ensemble des échantillons analysés
- Concernant la qualité des eaux souterraines :
. la présence de teneurs importantes en toluène au droit du Sud du bâtiment « Atelier du Home » (partie atelier et auvent de stockage), associées à des odeurs fortes de toluène et une coloration noirâtre des eaux souterraines,
. la présence de teneurs importantes en toluène au droit du bâtiment « Atelier du Home » et autour de ce dernier. Ces teneurs sont susceptibles d’être mesurées hors site, et notamment à l’Ouest du site.
. ces teneurs significatives sont à mettre en relation avec le niveau très haut de la nappe d’eaux souterraines qui entraine une mobilisation de la pollution confinée en temps normal dans la zone non saturée sous le bâtiment « Ateliers du Home ».
Les teneurs mesurées lors de cette étude dépassent les teneurs maximales définies par l'Arrêté Préfectoral du 1er/03/2006.
Le bureau d'études recommande de mettre en oeuvre la reprise d’une dépollution (venting et biodégradation) adaptée à la nouvelle configuration du site (présence d’un réseau de drainage de la nappe à proximité Ouest). Il recommande également de mettre en oeuvre une surveillance de la qualité des eaux souterraines par le
biais de prélèvements semestriels en périodes de hautes eaux et basses eaux au sein des piézomètres existants et d’assurer la conservation en l’état de ces ouvrages, d’appliquer des mesures d’hygiène et de sécurité adaptées pour la protection des travailleurs devant intervenir dans le cadre d’éventuelles excavations dans les zones reconnues impactées.
L'arrêté préfectoral du 11 avril 2014 prescrit dans le délai de 3 mois :
- la remise en état des piézomètres,
- la mise en place de piézomètres supplémentaires pour définir de façon précise l'éventuelle zone de fuite et l'extension de la pollution sur site et hors du site,
- la proposition d'un programme de traitement de la nappe et des sols au besoin
- la surveillance périodique de la nappe pour suivre l'efficacité de la dépollution
Le démarrage du traitement est prescrit dans le délai de 6 mois.
Le traitement des sols par venting dans 10 puits est en cours depuis le 16/19/2014.
Le traitement des eaux souterraines par biostimulation à l'Oxygène est en cours dans 10 puits depuis le 17/12/2014.
Les résultats au mois d'avril 2015 sont :
- diminution des concentrations de Toluène dans les gaz du sol faisant passer le traitement dans sa phase diffusionnelle. La charge extraite est stabilisée à des niveaux moyens à faibles.
Le niveau de la nappe sature les terrains impactés dans la zone source, les hausses de concentrations sont ainsi observées.
En revanche, en limite de propriété Est, à l'aval du panache, l'impact est observé uniquement sous forme de traces : 0,55 et 0,85 mg/l de Toluène.
Le suivi des mois de juin et juillet 2015 montre que :
- le venting a permis de diminuer les concentrations en Toluène dans le sol. Le traitement est entrée dans sa phase diffusionnelle (phase d'évacuation précédemment).
L'arrêt volontaire de 3 semaines a eu un effet rebond (augmentation des concentrations) sur 3 puits.
Les concentrations dans la nappe ont augmenté du fait du fonctionnement anormal du réseau de distribution d'oxygène et d'arrêt volontaire du venting.
Le niveau de la nappe a fortement baissé depuis mars 2015, facilitant la collecte des polluants dans la zone de rabattement.
Le suivi de la période août - octobre 2015 montre que :
- Le venting des sols et le traitement de la nappe par injection d’oxygène depuis octobre 2014, ont permis de diminuer les concentrations en Toluène dans les milieux, certes, mais avec toutefois des fluctuations périodiques. La zone source sous le bâtiment est semble-t-il toujours active.
- les concentrations en Toluène dans la nappe à l’aval hydraulique fluctuent également, mais avec des concentrations notables persistantes, notamment au point A05 où l’on observe des valeurs de 1,4 à 36 mg/l.
Il serait bon de vérifier cet impact sur site en A08 et en PFREX, et au besoin hors site dans la mesure où les points de surveillance seraient toujours opérationnels ( pour m"moire, sur le plan environnemental, la valeur seuil nationale par défaut fixée par la circulaire du 23/10/2002 relative à l’application de l’arrêté du 17 décembre 2008 établissant les critères d’évaluation et les modalités de détermination de l’état des eaux souterraines et des tendances significatives et durables de dégradation de l’état chimique des eaux souterraines est de 0,7 mg/l)
- les objectifs de l’arrêté préfectoral du 11 avril 2014 ne sont pas atteints au bout de une année de traitement (suppression de la source sur site, suppression du transfert de la pollution hors site).
Le 11/12/2015, l'inspection demande à l'ancien exploitant d’étudier, avec ICF Environnement, une solution complémentaire au traitement actuel, par exemple par la mise en place d’un pompage, avec réinjection éventuelle à l’amont, faisant « barrière hydraulique ».
Le rapport de suivi de février 2016, un impact fort en limite Est est observé (41 mg/l de Toluène). L'exploitant informe l'inspection de la mis en place d'un traitement complémentaire de la nappe par la technique du "sparging", installé en février et démarré le 02/03/2016. La justification du choix de cette technique est à démontrer.
Le rapport de suivi de juin 2016 montre que, au bout de 3 mois, le de traitement de la nappe par venting/sparging, oxydation est efficace. Aucun impact significatif n'est observé dans la nappe en limite aval du site.
Le rapport d'août 2016 montre que le traitement est efficace et que les concentrations en Toluène sont en nette diminution (9,6 mg/l contre 158 mg/l en moyenne sur les 4 derniers mois).
Le rapport d'octobre 2016 montre que des pic apparaissent en étés 2015 et 2016, lié aux basses eaux.
Les concentrations en toluène continent leur baisse, 3,7 mg/ et 9,7 mg/l à l'aval, après une hausse par les pics ci-dessus (10 et 22 mg/l).
Le rapport de novembre 2016 montre que l’apparition de teneurs significatives en limite aval observée lors des derniers suivis s’est confirmée au mois de novembre avec une forte remontée (29 et 27 mg/l). Cette tendance peut être liée au niveau piézométrique saisonnier compris entre 31,5 et 32 m NGF, qui semble provoquer une plus forte mobilisation du toluène en nappe.
4 - PERTURBATION DU TRAITEMENT DE LA NAPPE
Lors de la campagne du 17/10/07, la Mairie de Pessac informe la DRIRE d'1 plainte de riverains relative au pompage de la nappe sur 1 chantier de construction voisin.
L'organisme réalisant le traitement de la nappe confirme que ce pompage modifie le sens d'écoulement de la nappe et perturbe le contrôle d'efficacité du traitement à l'aval.
Les puits "usine" et Raimbault ne sont ainsi plus représentatifs de l'aval. Le risque existe par ailleurs que le pompage récupère le Toluène et le déverse dans le réseau pluvial.
Le 26/05/08, le Maire de Pessac demande au chantier de suspendre ce pompage. Le 30/06/08, la DRIRE confirme qu'il doit être définitivement interdit.
Par arrêté municipal du 05/08/08, le Maire de Pessac met en demeure la société INVESTIMMO en cause, de cesser immédiatement le pompage qui, par ailleurs n'a pas été déclaré au titre de la police de l'eau.
Le 10/05/10, la Lyonnaise des Eaux informe la DREAL du maintien du pompage dont l'eau s'évacue dans l'avaloir situé au 98 av de Noès.
5 - SURVEILLANCE DES EAUX SOUTERRAINES
Nappe sous le site non exploitable du fait, notamment, de la présence de fer naturel et d'1 qualité microbiologique médiocre.
L'AP du 28/06/2000, puis celui du 14/12/20101, prescrit la surveillance périodique des eaux souterraines.
Voir la synthèse des résultats p6.
6 - RESTRICTION D'USAGE
Restrictions d'usage du site prescrites par arrêté municipal du 28/06/00.
Au vu de la teneur en Benzène dans le puits de [personne non publiée], toute utilisation de l'eau de la nappe est suspendue.
Des noms de personnes figuraient dans ce texte officiel : ils ont été remplacés par une mention neutre. Le texte d'origine reste consultable à la source.
La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.
Ce que cela ne prouve pas
Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.
Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.
Ce qui est recensé sur la même commune
À Pessac, l'inventaire recense 70 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 3 secteurs d'information sur les sols et 9 sites en instruction. Voir la page de Pessac.
- MANO (Blanchisserie) — secteur d'information sur les sols
- BAXI FRANCE — secteur d'information sur les sols
- TOTAL MARKETING FRANCE — secteur d'information sur les sols
- Décharge du Bourgailh — site dont la pollution est instruite par l'État
- Galva Sud-Ouest — site dont la pollution est instruite par l'État
- MONNAIE DE PARIS — site dont la pollution est instruite par l'État
- SECASI — site dont la pollution est instruite par l'État
- SOVIAGO — site dont la pollution est instruite par l'État
- Station Service ALVEA — site dont la pollution est instruite par l'État
- TOTAL - Relais du Haut-Lévêque — site dont la pollution est instruite par l'État
- SARL S.G.P.A. — site dont la pollution est instruite par l'État
Un rapport daté sur cette entité
Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.
Ce que contient le rapport
- ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
- ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
- l'historique de nos captures pour ce site
- la citation exacte : source, licence, date, URL
Prix : 19 € / entité
Ce que le rapport n'est PAS
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