TEINTURERIES DE LA TURDINE (Route de Lyon)
La pollution de ce site de Tarare fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.
Ce que le registre enregistre
| Identifiant du site | SSP001098401 |
|---|---|
| Statut | site dont la pollution est instruite par l'État |
| Commune | Tarare |
| Département | Rhône |
| Instruction | En cours |
Ce que l'État en dit
L’usine de la route de Lyon construite en 1825 était déjà une usine d’ennoblissement à façon lors de son rachat par [personne non publiée] en 1923 pour créer les Teintureries de la Turdine.
A l’occasion d’une restructuration de ses activités, les Teintureries de la Turdine ont cessé d’exploiter, courant 2005, le site implanté route de Lyon à Tarare.
L’exploitant a déclaré au préfet la cessation de ses activités par lettre en date du 19 mars 2007.
Le site a été vendu fin 2007 à l’EPORA, Établissement Public Foncier de l'Ouest Rhône-Alpes, en vue de la remise en état du site avant revente à la commune de Tarare, afin de réhabiliter les bâtiments existants en une brasserie et un immeuble de bureaux.
Le diagnostic environnemental a été réalisé par le Bureau VERITAS en janvier 2007 et complété en septembre 2007. 8 zones susceptibles d’avoir été polluées par les activités passées avaient été identifiées et 12 sondages de sol ont été effectués sur les zones concernées :
- S1 : sondage au droit de la cuve +poste de distribution gasoil (à 4m)
- S2 : sondage au droit de la cuve de fioul, au niveau du local compresseur (à 3,5 m)
- S3 :sondage au droit des anciennes cuves aériennes de fioul (à 3 m)
- S4 : sondage au droit de la chambre à Vanne (à 4,5 m)
- S5 : sondage dans la zone de l'ancienne chaufferie (0,6 m)
- S6 : sondage dans l'atelier de teinture (à 2 m)
- S7A et B : sondages dans le bâtiment détruit par un incendie (à 0,5 m)
- S7C : sondage dans le bâtiment détruit par un incendie, au droit du transformateur (à 0,5 m)
- S8A,B,C : sondages dans le sous-sol (zone de stockage déchets et huiles usées) ( à 0,5 m)
Des teneurs supérieures aux valeurs du fond géochimique local sont retrouvées pour les paramètres :
- métaux lourds : en chrome (230 mg/kg), cuivre (210 mg/kg) et plomb (550 mg/kg) sur S6, S8A, S8B et S4
- HCT : retrouvés uniquement sur S4 et S5 (4200 et 4900 mg/kg)
- COHV : concentration importante en S4 (57 mg/kg)
- HAP : concentration élevée en S4 (50 mg/kg)
3 piézomètres ont également été mis en place autour de S4 (Pz1 en amont hydraulique de S4 et Pz2 et Pz3 en aval).
Des prélèvements ont été effectués en août 2007 et ils indiquent l'absence de contamination significative en Pz2 et Pz3, mais des concentrations importantes en HCT en Pz1 (99 000 µg/l), en amont.
Suite à ces études, la démolition de certains bâtiments et le démantèlement des équipements ont été réalisés par l'EPORA qui était devenu propriétaire du site. Ces différents travaux ont permis de purger pour partie les contaminations mises en évidence par le Bureau VERITAS dans ces différents rapports :
- les dalles bétons contaminées par des PCB et par des HCT ont été évacuées. Au total, 22.62 tonnes de bétons contaminés ont été éliminés.
- 423.62 tonnes de terres ont été évacuées en centre de stockage de déchets non dangereux.
L’inspecteur des installations classées s’est rendu sur place le 20 mai 2008 afin de constater l’avancement des travaux, à l’occasion d’une réunion de chantier entre l’EPORA, l’entreprise GEPRAL, maître d’œuvre du chantier, et le bureau d’études SOCOTEC Industries, mandaté par l’EPORA.
Toutefois, des contaminations résiduelles étant encore présentes sur le site, et sur proposition de l'inspection des installations classées, un arrêté préfectoral, imposant des prescriptions complémentaires à la société Teintureries de la Turdine, a été établit le 22 janvier 2009 par le préfet du Rhône. Celui-ci impose à la société :
- une surveillance trimestrielle des eaux souterraines (HCT, COHV, BTEX, HAP)
- l'identification de l'impact à l'extérieur du site : caractérisation de l’état des milieux
- la mise en place de mesures de gestion : procédure de réhabilitation, ARR, restrictions d'usage
- un bilan quadriennal
Un diagnostic approfondi accompagné d'une proposition de plan de gestion et de réhabilitation des sols et d'une analyse de risques résiduels (ARR, pour un usage industriel/commercial/tertiaire, établis par la société SOCOTEC Industries ont été transmis au préfet le 11 janvier 2011 par la société Teintureries de la Turdine, sous-couvert de l'EPORA.
16 sondages ont été réalisés en août et octobre 2010 répartis ainsi :
- 5 autour de l'ancien bassin d'homogénéisation (C1 à C5),
- 2 autour de l'ancienne cuve enterrée de gasoil (C6 et C7), à proximité des prélèvements de parois (P3 et P4) effectués dans le cadre du contrôle de pollution suite à l'enlèvement de la cuve enterrée et de l'excavation des terres contaminées situées autour, qui présentaient des contaminations résiduelles en hydrocarbures respectivement de 2460 mg/kg et 2310 mg/kg,
- 1 (F1) au centre de la zone contaminée mise en évidence par le Bureau VERITAS en 2007, correspondant à l'ancienne chambre des vannes et de la chaufferie,
- 8 (F2 à F9) autour du point F1 précité.
Ces investigations ont permis la constitution de 18 échantillons de sols en août 2010 et de 61 échantillons en octobre 2010, prélevés par tranche de 1 m d'épaisseur ou par horizon organoleptique différent, dont 33 au total (7 en août et 26 en octobre) ont été envoyés au laboratoire AGROLAB pour analyses.
Les investigations réalisées par le Bureau VERITAS et la société SOCOTEC Industries, à 3 ans d'intervalle, ont mis en évidence essentiellement :
- des contaminations par des hydrocarbures (HCT), non acceptables en Installations de Stockage de Déchets Inertes (ISDI), centrées sur 3 zones :
- la première en bordure sud de l'ancienne cuve enterrée de gasoil, avec une teneur élevée entre 2 et 3 mètres (3200 mg/kg), mais limitée en profondeur,
- la deuxième autour de l'ancien bassin d'homogénéisation, la teneur est toutefois modérée (850 mg/kg) et avec des hydrocarbures peu volatils,
- la troisième au niveau de la chambre des vannes et de l'ancienne chaufferie. Les hydrocarbures sont pour partie volatils et une phase visqueuse noirâtre a été observée lors des investigations.
- des contaminations par des métaux, de manière hétérogène par de l'arsenic et du plomb et plus ponctuellement par du cadmium, du cuivre, du chrome, du mercure et du zinc. Celles-ci sont localisées entre 0 et 0,5 m de profondeur.
- des contaminations par des COHV au niveau de la zone de la chambre des vannes.
- en moindre mesure, des contaminations par des HAP et des traces de BTEX sont mises en évidence dans les sols, en teneurs modérées et acceptables en ISDI.
Les eaux souterraines montrent une contamination importante par les HCT pour partie volatils au droit de la zone contaminée située au niveau de l'ancienne chambre des vannes et de l'ancienne chaufferie. Aucune contamination n'est mise en évidence dans les autres piézomètres situés en aval de cette zone. En 2010, la présence d'hydrocarbures est observée en PZ2 (291 µg/l) en aval de la zone contaminée mais en concentration inférieure à celle observée en amont en PZ1 (406 µg/l). Par ailleurs des traces de BTEX, HAP et COHV sont observées sans qu'un impact du site soit réellement avéré.
Les résultats sur les eaux superficielles mettent en évidence la détection de cuivre (5 et 6 µg/l), zinc (7 et 8 µg/l) , toluène (0,1 µg/l), éthylbenzène (0,1 µg/l) et m,p-xylènes (0,2 µg/l) en amont et en aval du site, avec des teneurs similaires entre les deux points de prélèvement et inférieures aux valeurs de référence définies dans l'arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites de référence des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine.
Les concentrations en arsenic (150 µg/l), cadmium (1,2 µg/l), plomb (130 µg/l), et zinc (290 µg/l) indiquent par ailleurs des sédiments de qualité moyenne à médiocre. Toutefois, l'absence de données en amont du site (absence de dépôt de sédiments au niveau du point de prélèvement) ne permet pas de montrer une évolution de la qualité des sédiments entre l'amont et l'aval, et de ce fait d'évaluer un impact éventuel du site sur le milieu.
Les autres paramètres (HCT, HAP, BTEX et COHV) ne sont pas détectés dans l'échantillon prélevé.
L'identification des impacts réalisée lors du plan de gestion met en avant un usage sensible des eaux superficielles en aval (pêche et irrigation) et l'absence d'utilisation des eaux souterraines dans un rayon de 5 km. De plus, comme les analyses effectuées sur les eaux souterraines et les eaux superficielles ne mettent pas en évidence un impact du site sur ces eaux, ces milieux sont considérés comme ne présentant pas de risques hors site.
A l'issue de cette étude, 3 scénarios possibles ont été proposés pour réhabiliter le site de Tarare. Compte tenu de l'absence d'impact en aval du site le scénario 1 a été retenu par le chargé d'études:
- purge des zones C3 et C6 correspondant aux zones de l'ancien bassin l'homogénéisation et de la cuve enterrée de gasoil,
- réalisation d'un recouvrement de surface sur l'ensemble du site (enrobé, géomembrane et terre végétale),
- mise en place de restrictions d'usage et surveillance des eaux souterraines.
L'ARR conclut que les risques sanitaires liés à l'inhalation réalisés à partir des sols, des eaux souterraines et/ou des gaz du sol mettent en évidence des niveaux de risque acceptables à l'intérieur du bâtiment et au droit des zones extérieures (espace vert et parking).
La première partie des travaux, à savoir, la purge des zones C3 et C6 a été réalisée en décembre 2012 par la société EIFFAGE, sous le contrôle de SOCOTEC Industries et de la société GAUTHEY. Les zones C3 et C6 représentaient respectivement 16 m² et 24 m². Au final, 86.96 tonnes de terres ont été évacuées pour élimination en biocentre.
Les analyses sur les prélèvements réalisés en bords et fonds des deux fouilles ne révèlent une aucune contamination résiduelle par des hydrocarbures (valeur max 133 mg/kg).
En mars 2012 la suite des travaux prévus étaient en cours de réalisation.
Un rapport de fin de travaux a été réalisé en juillet 2011.
Les secteurs 2 (C6) et 3 (C3) ont fait l'objet d'une purge conformément aux recommandations du plan de gestion. Après travaux de dépollution, les concentrations résiduelles sont inférieures ou comprises dans le bruit de fond urbain. Dans ce cadre les secteurs sont considérés comme dépollués.
Des noms de personnes figuraient dans ce texte officiel : ils ont été remplacés par une mention neutre. Le texte d'origine reste consultable à la source.
La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.
Ce que cela ne prouve pas
Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.
Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.
Ce qui est recensé sur la même commune
À Tarare, l'inventaire recense 120 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 3 secteurs d'information sur les sols et 2 sites en instruction. Voir la page de Tarare.
- Agence d'exploitation EDF GDF Services — secteur d'information sur les sols
- Teinturerie Thivel (route de Paris) — secteur d'information sur les sols
- THIVEL — secteur d'information sur les sols
- TEINTURERIES DE LA TURDINE rte de Paris — site dont la pollution est instruite par l'État
Un rapport daté sur cette entité
Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.
Ce que contient le rapport
- ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
- ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
- l'historique de nos captures pour ce site
- la citation exacte : source, licence, date, URL
Prix : 19 € / entité
Ce que le rapport n'est PAS
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