Sols pollués

Site historique de Chedde – ancienne usine de production de perchlorates (ARKEMA

La pollution de ce site de Passy fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP001277001
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommunePassy
DépartementHaute-Savoie
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

LOCALISATION DES BÂTIMENTS DE PRODUCTION

L’étude historique transmise par ARKEMA en avril 2018 localise les anciens bâtiments de production de perchlorates :

° l’un, dénommé "PCl3", utilisé au plus tard jusqu’en 1942, était situé dans la partie sud du site SGL Carbon actuel ; d’après les photographies aériennes, cette partie du site est actuellement occupée par un autre bâtiment exploité par SGL ;

° les 2 autres, dénommés "PCl1 et 2", utilisés au plus tôt à partir de 1942, et jusqu’en 1990, étaient situés à l’ouest du site. Ils n’existent plus aujourd’hui. Cette partie du site est actuellement occupée par un parc de stationnement de véhicules au sein de la société Benedetti.

PREMIERES INVESTIGATIONS CONCERNANT LES PERCHLORATES

L’ion perchlorates, polluant "émergent" depuis 2011 en France, n’a semble-t-il jamais fait l’objet d’investigations particulières sur le site historique de Chedde lors de la période d’exploitation de l’usine ou lors de la cessation d’activité en 1990. Les perchlorates ont été recherchés dans les eaux souterraines au droit du site SGL Carbon dans le cadre d’un diagnostic réalisé par le bureau 2IE en 2001-2002. Du fait de limites de quantification de laboratoire alors très élevées (1000 µg/L, alors que l’on atteint aujourd’hui 0,1 µg/L), la présence de ce polluant n’avait alors pas été détectée.

En 2017, une pollution en perchlorates a été détectée dans la nappe d’eau souterraine transfrontalière du genevois. Ce point a été signalé dans le cadre de la commission franco-suisse dédiée et est suivi depuis lors des réunions périodiques de la commission. Par suite, les perchlorates ont été recherchés dans les eaux souterraines et superficielles (Arve) au droit du site historique de Chedde, connu comme un des rares sites de production de cet ion au niveau national. Les investigations ont été menées sur l’ensemble des piézomètres existants, dont les 5 présents dans le secteur "usine" occupé aujourd’hui par les sociétés SGL Carbon et Benedetti (PZR-1-2-3-4), et les 4 piézomètres de la décharge PEM (voir fiche BASOL 74.0022). Des concentrations élevées ont été relevées à l’amont, au cœur et à l’aval du secteur usine (concentration maximale : 174 µg/L, pour une valeur de référence de 4 µg/L).

Par suite, par arrêté du 1/2/17, M. le préfet de la Haute-Savoie a prescrit les investigations suivantes à la société ARKEMA France, ayant-droit du dernier exploitant des installations de production de perchlorates :

° étude historique concernant les activités chlorates et perchlorates au sein du site de Chedde ;

° investigations au droit de l’ancienne usine de Chedde afin d’identifier et de localiser d’éventuelles "sources-sol" à l’origine des perchlorates détectés dans les eaux souterraines ;

° étude géologique et hydrogéologique, destinée notamment à déterminer les conditions et sens d’écoulement des eaux souterraines dans le secteur du site de Chedde, les communications entre les eaux souterraines et les eaux superficielles (Arve), et l’étendue du panache de pollution aux perchlorates à l’aval du site de Chedde.

° interprétation de l’état des milieux (IEM), conformément à la méthodologie nationale de gestion sites et sols pollués (circulaire ministérielle du 19/04/17) : étude consistant notamment à vérifier la compatibilité entre la qualité des eaux et leurs usages à l’aval du site (puits privés, puits d’irrigation...) ;

° plan de gestion visant à maîtriser l’impact des pollutions identifiées sur les milieux et usages à l’aval ;

° surveillance des eaux : renforcement par rapport au dispositif initialement prescrit à la seule société Pechiney Bâtiment (voir fiche BASOL 74.0024) : ajout des eaux superficielles, ajout des perchlorates et d’autres paramètres pertinents, augmentation de la fréquence d’analyses (trimestrielle).

Des investigations similaires ont été prescrites en parallèle à la société Pechiney Bâtiment, en lien avec la présence potentielle de déchets perchloratés au sein de l’ancienne décharge (voir fiche BASOL 74.0022). Les prescriptions concernant ces deux sociétés ont été modifiées par arrêté préfectoral du 6/04/18 concernant les délais de réalisation et la responsabilité de la pollution.

ETUDE HISTORIQUE

Le rapport a été remis par ARKEMA en avril 2018. Cette étude a clarifié l’historique des activités "perchlorates" sur le site de Chedde et les a localisées, permettant de déterminer le lieu des sondages de sol ultérieurs.

Cette étude a par ailleurs :

° confirmé l’existence sur le site de Chedde, dans la 1ère moitié du XXème siècle, d’une fabrique d’explosifs à base de perchlorates, exploitée par l’armée française ;

° identifié le déversement par l’armée française de 4300 t de perchlorates dans l’Arve pendant l’été 1919.

Par suite, le ministère des armées a été saisi par M. le préfet de la Haute-Savoie. Une étude historique est en cours de réalisation par ce ministère.

ETUDE DE SOL

Un rapport relatif aux sondages effectués au droit des activités "perchlorate" a été réalisé par le bureau d’études BURGEAP et transmis en septembre 2018.

4 sondages présentent des concentrations élevées à très élevées en perchlorates, au droit de l’ancien bâtiment "PCl3" (entre 400 et 32 000 mg/kg MS). Le perchlorate a été détecté sur les autres points, mais à des concentrations faibles à moyennes (< 120 mg/kg).

En l’état actuel des connaissances concernant les voies de transfert des pollutions, ARKEMA considère que, les sols étant recouverts par de l’enrobé, et la source-sol mise en évidence au droit du bâtiment "PCl3" étant située dans les horizons superficiels (2-3m de profondeur), cette dernière ne peut pas être lixiviée, et qu’elle ne peut donc être à l’origine des concentrations importantes de perchlorates relevées dans les eaux souterraines. Des justifications complémentaires sont cependant attendues concernant cette affirmation.

ETUDE GÉOLOGIQUE ET HYDROGÉOLOGIQUE

Un rapport intermédiaire daté de janvier 2019 a été rédigé conjointement par les bureaux AQUILA-CONSEIL et RAMBOLL, travaillant respectivement pour les sociétés ARKEMA et Pechiney Bâtiment. Elle a mis en évidence un schéma d’écoulement des eaux souterraines au droit du site historique de Chedde plus complexe que prévu, et nécessitant des investigations complémentaires (nouveaux piézomètres, mesures physiques...). Le rapport définitif devrait être transmis en octobre 2019.

SURVEILLANCE DES EAUX

Les campagnes de surveillances sont réalisées par ARKEMA au pas trimestriel depuis 2018, comme prévu par l’arrêté préfectoral.

Concernant les eaux souterraines, 10 piézomètres sont prélevés dans le secteur usine, dont 5 installés par ARKEMA en octobre 2018. Les teneurs en perchlorates mesurées sont faibles au cœur du site (de l’ordre de quelques µg/L). Un marquage avec des teneurs élevées est en revanche observé à l’extrémité sud-ouest de l’actuelle usine SGL (maximum : 360 µg/L).

Concernant les eaux superficielles, 3 points sont prélevés dans l’Arve : à l’amont, à l’aval immédiat (aval décharge), et à l’aval éloigné (amont de Sallanches) du site historique de Chedde. L’impact du site sur les concentrations de perchlorates dans l’Arve est limité, mais visible à l’aval éloigné (maximum 2,9 µg/L en mars-2018) et, ponctuellement, à l’aval immédiat (maximum 1 µg/L en mars-2018, pour un bruit de fond naturel de l’ordre de 0,3 µg/L).

INTERPRÉTATION DE L’ÉTAT DES MILIEUX

L’impossibilité de pouvoir déterminer le responsable de la pollution en perchlorates détectée dans les eaux souterraines du site historique de Chedde n’a pas permis à ce stade de faire réaliser cette étude.

ARKEMA et Pechiney Bâtiment ont produit un inventaire des puits privés situés à l’aval du site historique de Chedde (rapport transmis en mai 2018 et complété en octobre 2018). Cet inventaire a permis à l’ARS d’effectuer en juillet et septembre 2018 des analyses d’eau au droit de certains puits privés de la commune de Passy. Les concentrations en perchlorates étaient comprises entre 4 et 18 µg/L sur 9 puits, dans un secteur non raccordé au réseau d’eau potable communal. Le dépassement de la valeur guide de 4 µg/L établie par l’ANSES a donné lieu à une information des propriétaires. L’ARS a recommandé de limiter la consommation, par les nourrissons, de l’eau des puits privés concernés.

PLAN DE GESTION DES POLLUTIONS

Ce plan constituera l’étape ultime de la gestion de la pollution. Cette prescription est cependant conditionnée à la détermination de l’origine de la source de pollution et à la compréhension des modalités de transferts des perchlorates dans les différents milieux et dans le temps (sol, eaux souterraines, eaux superficielles). Ces éléments ne sont pas réunis au 9/08/19. La situation, très complexe, est encore insuffisamment comprise. La réalisation d’un plan de gestion est conditionnée à l'établissement des responsabilités respectives des différents acteurs.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Passy, l'inventaire recense 81 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 1 secteur d'information sur les sols et 5 sites en instruction. Voir la page de Passy.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

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