Sols pollués

FRANCE METAUX

La pollution de ce site de Audincourt fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP001200501
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneAudincourt
DépartementDoubs
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

En 1995, FRANCE METAUX exprime le besoin de connaitre l’état environnemental de son site et procède à une première étude du sol qui a révélé des impacts en cadmium, en hydrocarbures totaux C10-C40, en PCB ainsi qu'une concentration élevée en aluminium. Un échantillon d'eau prélevé en fond de fouille a révélé la présence d'aluminium dont la concentration dépasse la valeur réglementaire.

En avril 2004, ICF Environnement à été missionné par l’exploitant pour réaliser un diagnostic du sol et du sous-sol dans le cadre de l’aménagement d'une plate-forme bétonnée pour le stockage extérieur de ses matériaux de récupération.

Les résultats de l'étude ont mis en évidence la présence de :

- métaux lourds (arsenic, cadmium, chrome, cuivre, mercure, nickel, plomb, zinc) : sur l'ensemble du site ;

- hydrocarbures totaux : stockage extérieur Sud, stockage extérieur du site (moteurs), hangar au Nord-Est du site ;

- hydrocarbures aromatiques polycycliques (benzo(a)pyrène) : partie occidentale du stockage extérieur du site (moteurs) ;

- hydrocarbures polycycliques halogénés (traces de PCB) : hangar au Nord-Est du site.

Afin de réaliser son projet, ICF environnement avait préconisé l'excavation des terres polluées sur une épaisseur de 0,7 m, soit un volume de 3500 m3 (environ 6000 tonnes).

Suite à la visite d'inspection du 16/06/2009 qui a mis en évidence des non conformités de l'exploitation avec son arrêté préfectoral d'autorisation du 23/01/1970, l'exploitant a été mis en demeure par l'arrêté préfectoral n°2825 du 24/07/2009 de :

- ne plus stocker, dépolluer, démonter ou découper des véhicules hors d'usage ;

- mettre des fûts ou autres récipients contenant des liquides polluants sur des cuvettes de rétention ;

- procéder à une mesure de la pollution rejetée en sortie du déshuileur.

La visite d'inspection du 28/04/2010 acte que ces mesures ont été prises par l'exploitant et que les résultats d'analyses en sortie de déshuileur mettent en évidence des résultats non conformes à la valeur limite de rejet pour les hydrocarbures totaux.

Dans le cadre d'un projet de cession du site à la ville d'Audincourt, le bureau d'études Terrest Ingenieries a été missionné pour la réalisation d'un diagnostic complémentaire de la qualité des sols (octobre 2011).

Les résultats des analyses ont mis en évidence les nouvelles contaminations suivantes :

- hydrocarbures totaux C10-C40 sur l'emprise de l'actuel bâtiment principal ;

- spots ponctuels de COHV (tétrachloroéthylène et trichloroéthylène).

Une évaluation quantitative des risques sanitaires a également été réalisée par le bureau d'études Terrest Ingenieries (novembre 2011).

Deux piézairs ont été installés sur le site et les analyses ont montré la présence de toluène, tétrachloroéthylène (PCE), TCE et hydrocarbures totaux C6-C10 dans les gaz du sol.

Le schéma conceptuel a pu être réalisé avec notamment les :

- sources : substances gazeuses (polluants des gaz du sols) ;

- voies de transfert : transfert de polluant sous forme gazeuse ;

- cibles : résidents enfants et adultes.

Les conclusions de l'étude sur la compatibilité du site avec un usage d'habitation n'ont pas été validées par l'inspection à ce jour, des compléments ont été demandés à l'exploitant pour pouvoir conclure.

Un schéma conceptuel a été réalisé en février 2013 et considérait un usage du site en tant que lieu de résidence, sans terrain nu. Les cibles retenues sont les enfants et les adultes. Les scénario d'exposition sont :

- l'inhalation de composés volatils en milieu confiné et en extérieur depuis les sols ;

- l'inhalation potentielle de composés volatils en milieu confiné et en extérieur depuis les eaux souterraines ;

- l'ingestion alimentaire éventuelle hors site.

Un diagnostic du milieu eaux souterraines a été réalisé en avril 2013 par le bureau d'études Apave. Trois piézomètres de 7 m de profondeur ont été installés pour surveiller la qualité de la nappe au droit du site. Les analyses des eaux souterraines ont mis en évidence des traces de fluorures, phosphore, cyanures, toluène, p- et m- xylène, PCE, baryum, bore, chrome, HCT C10-C40 et certains HAP (acénaphtène, anthracène et pyrène). Une concentration élevée en HCT C10-C40 a été détectée dans le PZ3 (aval) et serait certainement due à la présence d'un stockage de métaux et de moteurs hors d'usage en amont ainsi que de goudrons dans les sols (antérieur aux activités de FRANCE MÉTAUX).

En mai 2014, à la demande de la Ville d'Audincourt, un plan de gestion à été réalisé par TAUW Environnement. Dans le cadre de la revalorisation des berges du Doubs, la ville d'Audincourt a souhaité acquérir les terrains actuellement propriété de FRANCE METAUX et a signé une promesse de vente du terrain. Le projet d'aménagement de la ville d'Audincourt n'est pas encore fixé mais 2 scénarios ont été validés pour l'étude : industriel sans modification du site et tertiaire nécessitant des aménagements du site (dalle béton et enrobé).

De nouvelles analyses de sols et de gaz du sol ont été réalisées sur le site et les résultats restent similaires aux analyses menées en 2004 et 2011. De nouvelles analyses des eaux souterraines réalisées en septembre 2013 ne mettent plus en évidence l'impact en HCT.

Au vu des résultats, le schéma conceptuel a pu être mis à jour avec les :

- sources : pollution des sols dues aux activités de fonderie et de FRANCE METAUX, pollution potentielle des remblais ;

- vecteurs de transfert : contact direct, envol de poussières, volatilisation des composés volatils, réseaux d'eaux usées et d'eaux pluviales s'ils sont dégradés ;

- cibles : employés et travailleurs, résidents adultes et enfants (si usage résidentiel).

L’étude réalisée par TAUW Environnement répond aux objectifs d’un mémoire de réhabilitation, les études étant réalisées conformément à la méthodologie de gestion des sites et sols pollués fixée par la circulaire ministérielle du 8/02/2007.

Elle met en évidence que des travaux et aménagements, ainsi que des restrictions d’usage sont nécessaires pour rendre compatible le site avec un usage industriel, tertiaire ou résidentiel. La nature de ces travaux a été définie par le biais d’un plan de gestion.

Au vu des résultats de ce plan de gestion et du bilan coûts-avantages associé, 2 scénarios d’"usage" ont été retenus par la collectivité :

- scénario n°1 : industriel sans modification du site ;

- scénario n°2 : tertiaire avec couverture du site et dalle béton.

Ces deux scénarios ont fait l’objet d’une étude de risques sanitaires qui met en évidence les points suivants :

- Scénario 1 (industriel, sans aménagements, sans couverture) : les terrains sans aménagements (notamment couverture) présentent un risque sanitaire inacceptable considérant la voie de transfert « inhalation » des gaz du sol et ne sont donc pas compatibles avec un usage industriel.

Il ressort donc de l’étude que la mise en place d’une couverture de surface apparaît indispensable afin de limiter la possibilité de contact avec des polluants et des terres impactées, par les visiteurs du site.

- Scénario 2 : l’état des sols et sous-sols apparaît compatible, dans les conditions de l’étude, avec un usage tertiaire sous réserve de la réduction de la taille du bâtiment, la mise en place d’une dalle béton en intérieur et d’une couverture de surface (enrobé) en extérieur. Afin de pérenniser la mémoire des pollutions en place, des restrictions d’usage nécessiteront d’être mises en œuvre. Le dossier de demande correspondant devra être déposé par l’exploitant responsable de la procédure de cessation d’activité au moment de la cessation d’activité du site.

Dans son courrier du 11/09/2014, l'inspection des installation classées à fait part à l'exploitant et à la mairie d'Audincourt de la nécessité de :

- mettre en œuvre une surveillance pérenne des eaux souterraines au droit des 3 piézomètres implantés sur le site, selon une fréquence semestrielle (basses eaux et hautes eaux) sur les paramètres HCT, PCB, BTEX, CHOV, HAP et métaux lourds ;

- réaliser une campagne d’air ambiant visant à vérifier le risque sanitaire des usagers sur site.

L'arrêté préfectoral n°2014 280 0009 du 7 octobre 2014 autorise l'exploitation d'un nouvel établissement sur la commune d'Etupes (25). Cependant, l'activité n'a pas encore été transférée sur le nouveau site.

A l'heure actuelle, les services de la DREAL sont en attente de la notification de cessation d'activité de FRANCE METAUX, du projet de restrictions d'usage, des résultats de la surveillance des eaux souterraines et de la campagne d'air ambiant.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Audincourt, l'inventaire recense 135 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 4 secteurs d'information sur les sols et 2 sites en instruction. Voir la page de Audincourt.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.

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