Sols pollués

YARA

La pollution de ce site de Oissel fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP001078901
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneOissel
DépartementSeine-Maritime
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

Risques et nuisances:

Pollution des sols: les études menées sur le site dans le cadre de la réalisation d'un plan de gestion ont permis de mettre en évidence la présence de zones de contamination des sols aux composés azotés, aux métaux lourds (As, Pb, Hg), aux HAP, aux BTEX et aux COV.

I -

Les études de sols menées sur l'ensemble du site ont permis d'identifier plusieurs zones polluées :

1) Secteur 9 :

La « friche NORD » EST est impactée par des HCT, des HAP, des métaux lourds, des composés azotés et du sulfate. Cette zone d'une surface de 4900 m2 sur 1 à 3 m de profondeur et d'un volume de 7400 m3 peut avoir un impact sur la nappe (a minima pour les métaux lourds selon les tests de lixiviation).

La « friche NORD » OUEST est impactée par des HCT et HAP. Cette zone d'une surface de 3000 m2 et dont l'extension verticale n'est pas connue peut avoir un impact sur la nappe (tests de lixiviation non réalisés- impact à priori faible compte tenu des concentrations).

La « friche EST » est impactée par des HCT, des HAP, du benzène et du toluène. Cette zone d'une surface de 12000 m2 sur 1 à 3 m de profondeur peut avoir un impact sur la nappe.

Au SUD du secteur , une ancienne zone de carrière remblayée avec des déchets industriels est impactée par de l'azote ammoniacal, des sulfates, des HCT, des HAP et des métaux lourds. Cette zone d'une surface de 12000 m2 sur 1 à 3 m de profondeur peut avoir un impact sur la nappe (risque faible).

L'évaluation quantitative des risques sanitaires montre en l'état des risques inacceptables pour la « friche NORD » EST (métaux) et la « Friche EST » (benzène et naphtalène). Par ailleurs, une présence importante de composés azotés est présente dans le secteur « Friche NORD » EST et impacte la nappe.

En l'absence d'EQRS (Évaluation quantitative des risques sanitaires) pour les composés azotés, aucun seuil de dépollution n'est proposé par l'exploitant. Les traitements suivants sont néanmoins proposés pour ces composés (phytoremédiation, biologique in situ ou en tertre, lavage, mise en décharge, confinement). Les techniques de dépollution proposées nécessitent la réalisation préalable de test de faisabilité et d'éventuelles phases de dimensionnement.

La « Friche NORD » EST, impactée notamment par des composés azoté, devra faire l'objet de travaux de traitement pour ces composés. Si le traitement des métaux n'était pas réalisé, la zone pourra faire l'objet de travaux de confinement par imperméabilisation (suppression du vecteur de transfert).

Pour la « Friche EST » polluée principalement par du benzène, le traitement de cette source a été évalué (bio-venting, traitement biologique en bio-tertre, traitement en bio-centre, désorption thermique). L'exploitant met en avant les techniques de bio-venting pour le benzène et le naphtalène et de traitement biologique sur place après excavation pour la partie hydrocarbure. Ce traitement devra être réalisé avant tout nouvel usage.

Compte-tenu des risques identifiés pour les usagers potentiels et pour le milieu eau, ces deux secteurs (« friche NORD » EST et « Friche EST ») doivent faire l'objet d'un traitement.

2) Secteur 10 :

La zone d'une cuve de carburant est impactée par un point « chaud » en hydrocarbure et en HAP. Cette zone d'une surface de 60 m2 pour 143 m3 ne présente pas de risque d'impact sur la nappe.

La partie silo Nord est impactée par des hydrocarbures, des composés azotés et des métaux. Cette zone, située sous un bâtiment, n'a pas pu faire l'objet d'un dimensionnement latéral précis (évaluée de 2100 à 7000 m2). Les sources en HCT semblent maîtrisées, les prélèvements profonds ne présentant pas de concentration anomalique. La pollution en composés azotés a été identifiée sur un sondage. Le dimensionnement vertical n'a pas été réalisé (pas d'investigation au delà de 2 m). Un impact de la nappe par cette source ne peut donc pas être exclu.

La tour centrale est impactée par des composés azotés, des HCT, des HAP et des BTEX. Cette zone d'une surface de 120 m2 pour 240 m3 présente un risque d'impact potentiel sur la nappe pour les composés azotés en l'absence de dimensionnement précis de la source ( notamment au delà de 2m de profondeur).

la partie SUD des silos est impactée par des HAP et des composés azotés. Cette zone d'une surface de 7000 m2 présente un risque d'impact sur la nappe. En effet la source en composés azotés n'est pas dimensionnée verticalement (sondages jusqu'à 2 m en raison de la présence des bâtiments).

L'évaluation quantitative des risques sanitaires ne montre pas de problème particulier à l’exception de la tour centrale pour laquelle il ne peut pas être en l'état accepté une fréquentation plus importante de type bureau. Cette évaluation est confirmée par les mesures dans l'air du sol (implantation de piézairs en 2012)

Compte-tenu des pollutions en présence, le maintien des infrastructures (dalles, bâtiments) concoure à la diminution du risque. En cas de destruction des bâtiments, le traitement des sources est à envisager.

Par ailleurs, plusieurs sources en produits azotés ont été identifiées sous les bâtiments sans que leur dimensionnement exact ne soit réalisé. Si la présence des bâtiments contribue également à diminuer la lixiviation des polluants, elle n'assure pas de l'absence d'impacts sur la nappe. Le traitement de ces sources n'est pas envisagé ni évalué par l'exploitant.

Il convient donc d'évaluer les différentes techniques disponibles pour traiter ces sources au travers d'un bilan coût-avantage.

3) Secteur 11 :

La zone garage impactée par des HCT et des HAP (dont naphtalène). Cette zone d'une surface de 25 m2 et d'un volume de 75 m3 se trouve entre 3 et 6m de profondeur et peut avoir un impact sur la nappe (tests de lixiviation non réalisés). Cette pollution est historiquement attribuable à la société ESSO, cette dernière n'ayant pas mis en sécurité les cuves enterrées avant la vente des terrains à la société Yara.

La zone de chargement impactée par des hydrocarbures aliphatiques et des HAP dont du naphtalène. Cette zone d'une surface de 160 m2 et d'un volume de 160 m3 se trouve à moins d'1 m de profondeur et ne peut pas avoir d'impact sur la nappe (selon les tests de lixiviation). Cette pollution est historiquement attribuable à la société ESSO (Produits caractéristiques de son activité).

La zone de la cuve d'additifs impactée par des hydrocarbures aliphatiques. Cette zone d'une surface de 200 m2 et d'un volume de 1500 m3 se trouve entre 2 m et 7m de profondeur. Bien que les tests de lixiviation sur les HAP soient négatifs, compte-tenu de la profondeur de la zone polluée, il ne peut être exclu qu'il y ait un impact sur la nappe. Cette pollution est historiquement attribuable à la société ESSO , cette dernière n'ayant pas mis en sécurité les cuves enterrées avant la vente des terrains à la société Yara.

Une zone d’épandage des eaux météoriques des cuvettes de rétention impactée par des nitrates, nitrites et de l'ammonium. Cette zone d'une surface de 5000 m2 et d'un volume de 20000 m3 se trouve sur 4 m de profondeur et a un impact sur la nappe (produits fortement solubles selon les tests de lixiviation). Cette pollution est historiquement attribuable à la société Yara (Produits caractéristiques de son activité) du fait des activités non maîtrisées sur la zone (épandage des eaux météoriques des cuvettes de rétention).

La zone des bureaux est une zone polluée aux hydrocarbures à l'emplacement de l'ancienne cuve fuel des bureaux. L'extension verticale de cette source n'est pas connue. Il ne peut donc être exclu une pollution de la nappe par cette source. Cette pollution est historiquement attribuable à la société ESSO.

La zone Est des rétentions et la zone des canalisations aériennes impactées par des nitrates, nitrites et de l'ammonium, des hydrocarbures des HAP dont du naphtalène. Cette zone d'une surface de 2600 m2 et d'un volume de 6500 m3 se trouve sur une profondeur de 9 m et peut avoir un impact sur la nappe (nitrates et ammonium fortement solubles selon les tests de lixiviation). Cette pollution est imputable à la société Yara pour les produits azotés du fait des activités non maîtrisées sur la zone (Il est notamment répertorié en annexe du plan de gestion un accident sur les canalisations pouvant expliquer cette pollution). Les pollutions identifiées en HCT et HAP sont elles historiquement attribuable à la société ESSO.

L'évaluation quantitative des risques sanitaires montrent trois zones incompatibles pour un usage industriel avec bâtiments : la zone de garage, la zone de chargement et la zone de la cuve d'additifs.

Compte-tenu du projet de reprise du site par un ferrailleur, cette pollution ne présente pas de risque sanitaire pour cet usage (absence de bâtiments). Cependant, les sols pollués par les hydrocarbures (sauf la zone de chargement) sont susceptibles de polluer la nappe.

Les risques pour la nappe sont avérés notamment pour le secteur 11 avec une présence importante de nitrates et d'ammonium lixiviables dans les sols. Les sources qui y sont observées représentent un volume cumulé de 26500 m3 de sols impactés. Sur ce secteur, la présence de HAP et de HCT, n'est pas négligeable et doit a minima faire l'objet d'un suivi dans la nappe.

Il faut noter, en dernier lieu, que le plan de gestion n'a pas retenu les risques liés à la présence de nitrates, nitrites et ammonium dans les sols en raison de l'absence de risques sanitaires pour les usagers du site.

De ce fait, les risques sur la ressource en eau n'ont pas été intégrés dans le bilan coûts-avantages. Les méthodes de traitement ou de confinement des sources en ammonium, nitrites et nitrates n'ont pas été évaluées, même si l'exploitant met en avant ce risque dans son plan de gestion.

Par ailleurs, si un bilan coûts-avantages a bien été réalisé, l'exploitant ne s'engage pas dans le plan de gestion sur des mesures de dépollution, estimant notamment que les pollutions aux hydrocarbures identifiées ne sont pas de son fait et ne l'engage pas en terme de responsabilités (principe du pollueur payeur).

L'exploitant a réalisé, à son initiative une extraction partielle d'une source de pollution (zone bureau) sur le secteur.

La lecture des documents remis après travaux montre des concentrations encore importantes en hydrocarbures volatils (fractions C10 à C21) en fond de fouille.

II -

Pollution des eaux souterraines

Les différentes études montrent une contamination de la nappe aux nitrates et à l'ammonium.

Le plan de gestion du site affirme que les pompages en P0 rabattraient les eaux souterraines vers lui. Selon cette étude, selon les données disponibles à l'époque, il serait peu probable que les sites YARA et SCO impactent la qualité des eaux dans les autres captages proches, et en particulier dans les captages AEP de la Chapelle Darblay.

Il est apparu cependant nécessaire à l'inspection des installations classées pour la protection de l'environnement de s'en assurer par un suivi ciblé et de vérifier par la même occasion l'écoulement actuel des eaux souterraines lorsque le forage P0 n'est pas en fonctionnement notamment.

Une pollution de certains des forages AEP de la Chapelle en aval hydraulique proche du site par de l'ammonium et des nitrates a été observée et nos services en ont été informés en avril 2013.

La zone 11 du site YARA, elle-même polluée par de l'ammonium, des nitrates et nitrites et, selon le plan de gestion, située sur un dôme piézomètrique, est suspectée d'être au moins partiellement à l'origine de cette pollution.

Des contrôles piézométriques sur site ont d'ailleurs montré que localement la nappe superficielle est impactée par ces polluants.

Ces contrôles piézométriques ne mettaient pas en évidence de transferts de pollution pouvant impacter ces forages AEP. Toutefois, les analyses des ouvrages présents au droit du site ont bien montré des teneurs anormales en composés azotés. De plus, le réseau de piézomètres extérieurs permettant de contrôler la nappe avait été jugé insuffisant d’où la demande de son renforcement dans un arrêté préfectoral de mesures d'urgence du 04 avril 2013. En effet, la présence apparente du dôme piézométrique au niveau de la zone 11 (zone de stockage de produits liquides au NORD-EST de cet établissement) et la disposition des piézomètres contrôlés ne permettaient pas de s'assurer que les pollutions identifiées dans cette zone ne puisse avoir aucun impact sur les forages AEP de la Chapelle.

Enfin, suite aux constats de pollution sur les forages AEP, un arrêté spécifique du 12 septembre 2013 a été pris à l'encontre de la société voisine SCO. Cet arrêté impose la réalisation d'un confinement hydraulique de la pollution présente sur le site SCO, en créant via des prélèvements sur la nappe de la craie un cône de rabattement.

Ce cône de rabattement est susceptible de contenir une partie des pollutions identifiées sur le secteur 11 du site YARA.

En 2013, les concentrations observées par les contrôles piézométriques trimestrielles réalisés par YARA donnent les résultats suivants :

Les nitrates et l'ammonium sont détectés dans les eaux de tous les piézomètres.

Les concentrations observées sont supérieures à la limite de potabilité pour les nitrates (50mg/l) sur les piézomètres N3 (65,3 mg/l en décembre), PZ11(119 mg/l en décembre) et PZ13(191mg/l en décembre).

Les concentrations observées sont supérieures à la limite de potabilité pour l'ammonium (0,1mg/l) sur les piézomètres N3 (0,84 mg/l en décembre), PZ11(52 mg/l en décembre), PZ12 (0,83 mg/l en décembre) et PZ13(68 mg/l en décembre).

La valeur limite des eaux brutes pour les nitrates (100 mg/l) et l'ammonium (4 mg/l) est dépassée sur PZ11 et PZ13.

Il apparait également qu'au cours des campagnes de 2013 les concentrations en nitrates et ammonium augmentent sur le piézomètre PZ11, soit le piézomètre le plus proche des pompages sur le site SCO et baissent sur le piézomètre PZ13 (piézomètre directement en aval de la zone d'épandage des eaux météoriques pendant la période d'exploitation de YARA).

Un dépassement important (3930 mg/l) des valeurs guides pour les sulfates (200 mg/l pour les eaux brutes) est observé au niveau du piézomètre PZ9 (secteur 9) dans les prélèvements des mois de juin et décembre 2013, sans que l'exploitant ne rapproche cet impact d'une source identifiée.

L'évolution des produits azotés montre une mobilisation probable d'une partie des pollutions de nitrates et d'ammonium identifiées dans les sols du secteur 11 par les prélèvements d'eau dans la nappe de la craie chez SCO.

Toutefois la suffisance du cône de rabattement pour confiner l'ensemble des pollutions sur le secteur 11 n'est pas certaine.

En effet, l'étude des hauteurs d'eau dans les piézomètres, malgré l'imperfection des données fournies, montre qu’apparemment une partie des eaux souterraines au NORD-EST du site se dirigeraient vers le site EUROPAC. Les données actuelles ne permettent ainsi toujours pas d'exclure la contribution des zones polluées du secteur 11 à la dégradation de la nappe impactant les forages de la Chapelle.

actions menées:

La société Yara a remis en 2010 , suite au diagnostic de l'état des sols, un plan de gestion qui détermine des actions à mener sur le site.

L'étude de ces documents a mené l'inspection des installations classées à demander différents compléments à l'exploitant. Les derniers compléments ont été remis en avril 2013.

A cette période, un constat de pollution des eaux prélevées au niveau des forages de la Chapelle a été communiqué à l'administration, ce qui a motivé l'arrêté de mesure d'urgence du 04 avril 2013.

Le suivi des eaux imposé par cet arrêté a permis d'observer une pollution de la nappe par des composés azotés.

Suite aux constats de la persistance de la dégradation des eaux prélevées au niveau du forage de la Chapelle, un projet d'arrêté préfectoral complémentaire d'avril 2014 a été proposé à monsieur le préfet de Seine-Maritime.

Cet arrêté demande d'une part un certain nombre de complètements à l'étude de sols notamment au niveau des dimensionnement des sources de sols identifiées. D'autres part, le projet d'arrêté demande un traitement des sources identifiées et notamment de celles polluées par des nitrates et de l'ammonium. Il demande en particulier l'étude d'un confinement hydraulique des eaux souterraines afin de protéger le captage de la Chapelle et son exécution sauf si l'exploitait pouvait prouver l'absence d'implications des sources de pollution identifiées dans la dégradation de la ressource en eau.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Oissel, l'inventaire recense 65 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 6 secteurs d'information sur les sols et 4 sites en instruction. Voir la page de Oissel.

Un rapport daté sur cette entité

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Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
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