Sols pollués

POLIMETAL

La pollution de ce site de Genas fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP000862401
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneGenas
DépartementRhône
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

Dans la journée du 1er décembre 2013 un incendie s’est déclaré au niveau des lignes 5 et 7 de l’atelier de trempage. Les services incendies sont intervenus jusqu’au 3 décembre 2013 afin de sécuriser le site, durant l’incendie un nuage d’acide cyanhydrique s’est créé à l’intérieur du bâtiment.

Des mesures d’air ambiant ont été effectuées régulièrement par le SDIS dans le bâtiment et aux alentours afin d’évaluer la présence de produits toxiques, sur la base du recensement disponible des produits. Des teneurs de l’ordre de 50 ppm en acide cyanhydrique ont été mesurées dans le bâtiment obligeant l’utilisation d’équipements de protection individuels et excluant, après extinction de l’incendie un accès libre au bâtiment. Des opérations d’aération du bâtiment ont été opérées le 2 décembre 2013 dans la journée puis le 3 décembre couplées à des mesures d’air ambiant au voisinage immédiat pour vérifier l’absence de risque pour les riverains (teneurs mesurées de l’ordre de quelques ppm).

A l’issue de l’opération, d’après les déclarations de l’exploitant et du SDIS, il apparaît que :

- La cause de l’incendie n’est pas déterminée.

- Le dégagement de fortes fumées noires observé le 1er décembre 2013 serait dû à la fonte de 2 cuves de stockage de bains de la ligne 7 composées de matériau plastique PHH. Les volumes respectifs correspondent à une cuve de 4 000 L de cyanure cuivre (ph10-12) et 2 600 L d’acide sulfurique en bain d’étain. Le contenu des cuves se serait répandu (volume estimé 7 m3). L'arrosage par des eaux d'extinction d'incendie a contribué à la formation d'acide cyanhydrique gazeux et liquide.

- Deux flaques étaient observées au sol dans le bâtiment formant rétention le 1er décembre 2013 : la première d'environ 150 m2 sur quelques centimètres à pH1 ; la seconde plus limitée à pH14. Le SDIS a pris les mesures nécessaires pour éviter la mise en contact de ces 2 types d'effluents.

- Une partie des effluents et eaux d’extinction a été collectée par la rétention de la station de traitement des eaux usées du site et 15 m3 dans un cuve enterrée de 40 m3.

- Une partie des eaux de ruissellement en mélange avec la flaque de 150 m2 s'est écoulée avec les eaux d'extinction dans 2 puits d'infiltration du site, contrairement aux affirmations de l’exploitant qui a assuré lors des opérations que les effluents étaient déversés dans une cuve étanche. Un volume estimatif de 10 m3 se serait infiltré.

- Il n'y a pas eu de rejet au réseau d’eau usée communal, le réseau eau pluviale communal est très peu impacté (environ 0,5 m3 d'eau d’extinction collecté dans le bassin de rétention / infiltration de la zone industrielle).

La société TRIADIS a été mandatée par l’exploitant pour programmer une intervention (élaboration d’un diagnostic, de préconisations, prélèvement d’échantillons des effluents et déchets, élimination) à partir du 3 décembre 2013. La société DEKRA, présente sur site mardi 3 décembre 2013 a été mandatée pour effectuer des prélèvements dans le forage du site, puits d’infiltration et proposer une démarche d’évaluation environnementale (en particulier programme de surveillance de la nappe). Les premiers résultats disponibles mardi 3 décembre 2013 indiquaient un ph neutre dans la station de traitement des effluents et de 6 dans les eaux des puits d’infiltration. La société VEOLIA a procédé, le 2 décembre 2013 après-midi a des prélèvements dans les réseaux d’eaux usées et pluviaux communaux en vue d’analyses.

L'inspection des installations classées s'est rendue sur le site le 2 décembre 2013.

L'arrêté préfectoral d'urgence du 5 décembre 2013 a imposé à l'exploitant :

- la mise en sécurité du site ;

- la réalisation d'un rapport d'accident ;

- la surveillance des eaux souterraines 2 fois par semaine sur les paramètres suivants : pH, conductivité, cyanure, cyanates, chrome, chrome hexavalent, cuivre, fer, nickel, étain, zinc, métaux totaux, fluor, phosphore, ammonium, nitrites, nitrates, sulfates, chlorures, HAP, indice hydrocarbure ;

- la réalisation d'un diagnostic de l'état des sols ;

- le nettoyage et l'élimination des déchets produits par le sinistre.

Les analyses des eaux souterraines du 9 décembre 2013 sur 3 piézomètres et le puits BONDUELLE mettent en évidence les contaminations suivantes :

- chrome : 25 000 µg/L sur P7 et 1 300 µg/L dans la fosse ;

- cuivre : 12 000 µg/L sur P4, 5 700 µg/L sur P7 et 250 000 µg/L dans la fosse ;

- nickel : 210 µg/L sur P4, 2 300 µg/L sur P7 et 13 000 µg/L dans la fosse ;

- fer : 780 µg/L sur P4, 180 000 µg/L sur P7 et 10 000 µg/L dans la fosse ;

- zinc : 160 000 µg/L sur P7 et 7 100 µg/L dans la fosse ;

- fluorures : 2,8 mg/L dans la fosse ;

- cyanures (libres) : 10 000 µg/L sur P4, 150 µg/L sur P7 et 2 100 µg/L dans la fosse ;

- cyanures (totaux) : 11 000 µg/L sur P4, 310 µg/L sur P7 et 300 000 µg/L dans la fosse ;

- somme 16 HAP : 15 µg/L dans la fosse ;

- HCT : 140 µg/L sur P4, 6 800 µg/L sur P7 et 710 µg/L dans la fosse ;

- chlorures : 900 mg/L dans la fosse ;

- sulfates : 1 500 mg/L dans la fosse.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Genas, l'inventaire recense 106 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 2 secteurs d'information sur les sols et 2 sites en instruction. Voir la page de Genas.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.

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