Sols pollués

DECHARGE DES SORDERETTES

La pollution de ce site de Saint-Michel-de-Maurienne fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP000768901
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneSaint-Michel-de-Maurienne
DépartementSavoie
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

Diverses études, cofinancées par l'ADEME, l'Agence de l'Eau et les 4 déposants (Métaltemple, Péchiney, Elf Atochem et la mairie de St-Michel de Maurienne), ont été menées de 1999 à 2000: étude historique, hydraulique, diagnostic environnemental, ESR. Un comité de pilotage de ces études a été constitué dès 1997.

Les résultats sont les suivants :

- Situation dégradée de la rivière Arc en amont et en aval de la décharge.

- Indice phénol dans les eaux souterraines supérieur à la valeur seuil de l'époque.

- Azote ammoniacal et kjeldahl dans les eaux de l'Arc supérieur à la valeur seuil de l'époque.

- Très forte sensibilité vis-à-vis des crues.

Le rapport de Safege (phase I de juillet 1999 ; phase II d'octobre 1999) précise que l'Arc, à Saint-Michel-de-Maurienne, draine un bassin versant d'environ 940 km2. L'Arc a été l'objet de diverses crues dont la plus notable est celle du 14 juin 1997 dont la période de retour est estimée à 30 ans. Le lit de l'Arc avait alors été exhaussé de 7 mètres.

L'ensemble des éléments collectés ont permis de réaliser une Évaluation Simplifiée des Risques. Le classement en catégorie 2 conforte les études précédentes et ne justifie pas d'étude approfondie.

Le programme de remise en état s'articule autour des points suivants :

- remodelage et étanchéification du massif de déchets pour éviter la percolation des eaux météorites et le relargage des substances de la famille des hydrocarbures,

- protection du massif de l'érosion de l'Arc et des crues centennales,

- réinsertion paysagère de la décharge,

- surveillance du site par une campagne semestrielle des eaux,

- recherche de solutions alternatives au stockage d'inertes sur le site.

Un plan de financement a été arrêté entre la commune de St Michel de Maurienne, les industriels, le FEDER, le Conseil Général, l'Agence de l'eau, l'ADEME, la région suite à l'avis favorable donné par la Commission Nationale de Aides de l'ADEME le 8 avril 2003.

Les travaux de réhabilitation prévus, touchant notamment le lit de l'Arc, ont fait l'objet d'une étude d'impact en mai 2003. L'AP du 06/11/2003 porte déclaration d'utilité publique, déclaration d'intérêt général et autorisation au titre de la loi sur l'eau des opérations nécessaires à la réhabilitation de la décharge des Sorderettes.

Les travaux se sont déroulés en 2004-2005, sous maîtrise d'ouvrage communale. Des analyses des eaux souterraines (2 piézomètres) se sont déroulées avant, pendant et après les travaux (17/03/2003, 23/04/2003, 04/03/2004, 31/08/2005). Les résultats montrent surtout une augmentation de l'indice phénol de moins de 0,01 mg/L le 17/03/2003 à 0,32 mg/L le 31/08/2005, le reste (aluminium, fer, fluorures, manganèse et HAP) étant inférieurs aux valeurs seuils.

Une visite de récolement a été réalisée par l'inspection le 11 septembre 2006, ce qui a permis de constater :

- Une protection, ceinturant les déchets et dimensionnée à la crue centennale (plus de 2 m), a été réalisée par des enrochements liés, prélevés directement dans le lit et par une terre armée (Tetratel).

- En amont, le lit a été élargi pour permettre un meilleur écoulement en cas de crue.

- Le lit du brief asséché, en rive gauche, sert de dépôt de déchets inertes à la société Metaltemple.

- Un éperon rocheux a été miné en amont dans l'objectif d'éviter un renvoi du courant vers les enrochements.

- Cinq seuils, dont trois en amont, ont été créés afin de stabiliser le lit de l'Arc qui a tendance à se creuser.

- Des aménagements paysagers ont été mis en œuvre par la société Millet, au mois d'avril 2006, en faisant appel à des essences locales.

Depuis la fin des travaux de réhabilitation, le brief a été remblayé (non prévu par l'AP du 06/11/2003) sur 130 ml à l'aide de déchets à priori inerte, pour un volume total déposé d'au moins 8 000 m3 (largeur 20 ml, épaisseur > 3 m). Les déchets apportés ont 3 origines :

- des déchets de moulage ("carapace") de pièces Métaltemple,

- les déchets inertes (déblais notamment) des chantiers communaux,

- les bennes "gravats" des déchetteries de Saint-Michel-de-Maurienne et de Valloire.

Un projet d'arrêté visant à mettre en place sur le site une surveillance de la qualité des eaux souterraines et des eaux de surface a été adressé en octobre 2007 aux dépositaires de déchets.

Ce projet prévoit également la mise en place sur le site d'une servitude d'utilité publique afin de garantir, de manière pérenne, par des restrictions d'usage, la protection de l'environnement et de la santé.

Une reprise des enrochements a été réalisée en 2008 suite à la crue, pour protéger une zone déstabilisée en raison de bétons "pourris".

Dans la période récente, un secteur attenant à l'ancienne décharge de déchets industriels et ménagers (bief asséché RG) ont reçu des dépôts de déchets inertes. Cette exploitation n'a cependant pas fait l'objet d'une autorisation administrative.

Une visite de contrôle a été réalisée par la DDT le 7 septembre 2011 suite à un signalement concernant la reprise d'activité du site. Elle permet de constater que les apports sont très récents et a priori régulier (ballet de camion lors de l'arrivée sur les lieux). La DDT a demandé de faire cesser tout apport de déchets sur le site tant que des garanties ne seront pas fournies.

Une réunion a été programmée le 19 septembre 2011 entre la DDT, la DREAL, la commune, le SIRTOMM et Métaltemple afin de faire le point.

Il en ressort que l'exploitation actuelle est réalisée sous maîtrise d'ouvrage communale, avec un appui du SIRTOMM (contrôle/gestion des entrées par le gardien de la déchetterie). Le relevé de décision est le suivant :

- La commune précise ses intentions en terme de fin d'exploitation du site des Sorderettes (volume à accueillir, durée, modalités de remise en état, usage futur). En fonction de ces éléments, la DDT déterminera si une procédure ISDI est encore exigible ou non.

- Le SIRTOMM adresse dès que possible une version "minute" du projet d'ISDI de Saint-Martin la Porte ; ceci permettra d'anticiper d'éventuelles contraintes ou procédures parallèles à lancer (loi sur l'eau notamment).

- Métaltemple adresse à la DDT et la DREAL des éléments concernant les "carapaces" mises en décharge des Sorderettes.

- La DREAL étudiera les filières d'élimination proposées par Métaltemple.

La mairie à reçu le 17 octobre 2012 les analyses des déchets (fines grenaillage et égrappage) réalisées par Métaltemple le 27 août 2012 qui demande une acceptation préalable pour l'enfouissement de ses déchets soit à la décharge des Sorderettes, soit au CET de Saint-Martin la Porte. Ces analyses montrent que les déchets sont validés comme étant inertes, les déchets étant conformes aux critères d'acceptation en installation de stockage de déchets inertes tels que prévus par l'annexe II de l'arrêté ministériel du 28 octobre 2010. Métaltemple estime le volume généré à environ 100 T/an (50 T d'égrappage et 50 T de grenaillage) et qu'il y a en plus un stock historique de bigbag des deux types de fines d'environ 500 T.

Cependant, la DDT note, dans un courrier du 22 novembre 2012 au Maire, qu'il s'agit de déchets industriels ne figurant pas dans la liste fixée par l'annexe I de cet arrêté et qu'ils devront donc faire l'objet d'une procédure d'acceptation préalable pour être éliminés en ISDI. Pour ce faire, la société Métaltemple devra produire un dossier synthétique précisant l'origine et la nature de ces déchets, et justifiant de leur innocuité vis-à-vis de la santé et de l'environnement (notamment préciser le degré de radioactivité due au Zircon).

Le courrier note également que comme le site des Sorderettes ne dispose à ce jour d'aucune autorisation administrative et qu'il arrive à saturation, il conviendrait d'envisager sa fermeture et sa revégétalisation dans les meilleurs délais. Toute poursuite d'exploitation ne pourrait s'envisager que dans le cadre d'une procédure ISDI, à la pertinence discutable compte tenu du volume résiduel, et à l'issue rendu incertaine par les contraintes géotechniques imposées par la proximité de l'ancienne décharge industrielle.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Saint-Michel-de-Maurienne, l'inventaire recense 31 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 3 sites en instruction. Voir la page de Saint-Michel-de-Maurienne.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.

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