Sols pollués

Bodycote

La pollution de ce site de Cluses fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP001153601
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneCluses
DépartementHaute-Savoie
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

La mise en sécurité de l'usine a consisté pour l'essentiel à transférer les équipements fonctionnels vers d'autres sites de la société Bodycote, à faire évacuer les déchets vers des centres d'élimination, à faire reprendre par les fournisseurs respectifs les stockages de fluides nécessaires aux opérations de traitement thermique, à obturer les cuves en béton situées à l'extérieur des locaux après curage, et à nettoyer l'intérieur du bâtiment.

Par ailleurs, le transformateur affecté à l'établissement et imprégné de polychlorobiphényles a été évacué vers un centre de traitement spécialisé.

Les justificatifs d'élimination des différents déchets générés ont été fournis à l'inspection des installations classées.

Le bâtiment a été clos et fermé à clé, tandis qu'une clôture avec portail a été installée en périphérie.

Un diagnostic environnemental a été réalisé en décembre 2007 par un organisme spécialisé, puis complété en mai 2010, dont il ressort les éléments suivants :

- 23 sondages de sol ont été effectués jusqu'à 3 mètres de profondeur, pour la plupart au droit des sources potentielles de pollution préalablement identifiées, aux fins d'analyses qui ont porté suivant les sondages sur les hydrocarbures totaux, les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), les composés aromatiques volatils (CAV) dont le benzène, toluène, éthylbenzène et xylène, les composés organohalogénés volatils (COHV), les polychlorobiphényles (PCB), les cyanures et les principaux métaux lourds (arsenic, cadmium, chrome total, cuivre, mercure, nickel, plomb et zinc).

Un sondage de sol supplémentaire a été réalisé pour déterminer le bruit de fond géochimique local.

Les résultats d'analyses des sols obtenus ont montré :

. l'absence de métaux lourds dans les sols échantillonnés, avec des teneurs mesurées inférieures aux valeurs du fond géochimique local, de même que l'absence de PCB et de cyanures,

. des teneurs notables en hydrocarbures totaux dans quatre sondages de sol réalisés à l'extérieur au sud-ouest du site, à proximité de la cuve qui récupérait les eaux de refroidissement des installations de production (jusqu'à 4500 mg/kg en SC15) et de la fosse de collecte des eaux industrielles (jusqu'à 18000 mg/kg en SC16), et plus modestement dans deux autres sondages réalisés à travers le vide sanitaire du bâtiment (1200 mg/kg en SC6 et SC7),

. la présence à des teneurs notables à importantes au sud du site, de perchloréthylène (38 mg/kg en SC5), de trichloréthylène (1100 à 1400 mg/kg en SC5 et SC16), de cis-1,2-dichloroéthylène (210 mg/kg en SC16) et de chlorure de vinyle (3 à 3,6 mg/kg en SC16 et SC1),

. une teneur en HAP de 5,7 mg/kg, supérieure au bruit de fond de 0,17 mg/kg, à proximité de la fosse de collecte des eaux industrielles (SC16),

- des échantillons d'eaux souterraines ont été prélevés à partir de quatre piézomètres d'au moins 10 mètres de profondeur chacun, en vue d'y rechercher la présence suivant les ouvrages d'hydrocarbures totaux, de HAP, de CAV, de COHV, de PCB et de cyanures.

Ces piézomètres ont été implantés respectivement en amont au nord-est (Pz amont installé en décembre 2007), en amont latéral hydraulique au sud-est (Pz2 installé en mai 2010), et en aval au sud-ouest pour les deux autres (Pz aval installé en décembre 2007 et Pz3 installé en mai 2010), le sens d'écoulement des eaux souterraines étant orienté de l'est vers l'ouest.

Une contamination des eaux souterraines a été mise en évidence en aval, par des hydrocarbures totaux (jusqu'à 7,1 mg/l en mai 2010 en Pz3), du trichloréthylène (jusqu'à 920 µg/l en mai 2010 en Pz aval), du cis-1,2-dichloroéthylène (jusqu'à 3000 µg/l en mai 2010 en Pz3), et par du chlorure de vinyle (jusqu'à 260 µg/l en mai 2010 en Pz aval).

Des échantillons d'eaux souterraines ont été aussi prélevés en avril 2008 et en mai 2010 dans quatre des cinq puits privés recensés hors site en aval, dans un rayon de 300 mètres, pour analyse des hydrocarbures totaux et des composés organohalogénés volatils.

Aucune anomalie n'a été relevée dans les deux puits les plus éloignés, situés en aval latéral respectivement à 300 mètres au sud-ouest du site et à 260 mètres au sud (puits 4 et 5).

Dans le puits le plus proche qui demeure inutilisé (puits 1), localisé à 40 mètres au sud-ouest, ont été détectés du trichloréthylène (4,8 µg/l en mai 2010), du cis-1,2-dichloroéthylène (14 µg/l en avril 2008 et 11 µg/l en mai 2010) et du chlorure de vinyle (5,7 µg/l en avril 2008 et 4 µg/l en mai 2010).

Dans l'autre puits (puits 2), localisé à 110 mètres à l'ouest mais non exploité à des fins domestiques et pouvant ne pas être sous l'influence unique du site Bodycote du fait de sa position, les analyses ont révélé la présence de cis-1,2-dichloroéthylène (360 µg/l en avril 2008 et 210 µg/l en mai 2010) et de chlorure de vinyle (100 µg/l en avril 2008 et 93 µg/l en mai 2010).

Compte tenu des résultats des investigations réalisées, un plan de gestion a été élaboré par la société Bodycote en vue de la remise en état du site.

Les travaux de dépollution correspondants ont été encadrés par un arrêté préfectoral en date du 12 avril 2012, lequel a prescrit également la surveillance des eaux souterraines selon une fréquence trimestrielle, portant notamment sur les hydrocarbures totaux, le tétrachloroéthylène, le trichloréthylène, le cis-1,2-dichloroéthylène et le chlorure de vinyle.

Le déroulement des travaux de dépollution, et des contrôles effectués à cette occasion, ont fait l'objet d'un mémoire communiqué par la société Bodycote à l'inspection des installations classées le 4 avril 2013.

Ceux-ci ont consisté dans un premier temps à excaver les terres contaminées par des hydrocarbures et par des composés organohalogénés volatils, dans les limites techniques de faisabilité (emprise physique du site et atteinte du toit de la nappe). Environ 728 tonnes ont pu ainsi être retirées entre décembre 2011 et janvier 2012, et remplacées par des matériaux sains.

La cuve qui récupérait les eaux de refroidissement des installations de production et la fosse de collecte des eaux industrielles situées à l'extérieur ont été démantelées et évacuées.

Des contrôles de fond et de front de fouilles ont été effectués au droit de la zone extérieure concernée, qui ont montré la persistance de pollutions résiduelles en fond au niveau du toit de la nappe, en hydrocarbures totaux (7600 mg/kg), trichloréthylène (370 mg/kg), tétrachloroéthylène (69 mg/kg), et cis-1,2-dichloroéthylène (20 mg/kg).

Les travaux de dépollution ont alors été poursuivis, à compter de février 2012, par du bioventing pour capter les composés organohalogénés volatils présents dans les sols, associé à du biosparging pour capter ces mêmes composés dans les eaux souterraines, sur une durée de plus de huit mois. Un réseau de 11 puits de venting et 4 puits de sparging a été mis en place à cet effet, raccordé à des filtres à charbon actif.

En parallèle, une surveillance des eaux souterraines a été instaurée par la société Bodycote par l'intermédiaire des quatre piézomètres, réimplantés suite aux travaux d'excavation.

A l'issue du traitement, l'abattement des concentrations en COHV obtenu dans les eaux souterraines a été estimé entre 78 et 97 % en aval du site, avec une masse extraite de polluants chlorés de l'ordre de 80 kg, tandis que les hydrocarbures totaux n'ont plus été détectés.

Toutefois, une pollution résiduelle en COHV a persisté dans les eaux souterraines compte tenu de la présence en aval, observée en mars 2013, de trichloréthylène (jusqu'à 50 µg/l en Pz aval), de cis-1,2-dichloroéthylène (jusqu'à 440 µg/l en Pz 3) et de chlorure de vinyle (jusqu'à 300 µg/l en Pz 3).

Hors site, les échantillons d'eaux souterraines prélevés à la même période dans les puits 2 et 4 ont montré la présence dans le puits 2 de teneurs élevées en trichloréthylène (7700 µg/l) et en cis-1,2-dichloroéthylène (5900 µg/l), ainsi que du chlorure de vinyle à une concentration de 110 µg/l.

Ces résultats laissent toutefois supposer qu'une autre source de contamination est présente hors site, au regard des résultats d'analyses obtenus sur l'emprise de l'établissement et des caractéristiques hydrodynamiques de la nappe, et compte tenu de la nature des travaux de dépollution réalisés qui n'ont pas pu accentuer une migration des polluants en dehors de l'établissement, selon le mémoire communiqué à l'inspection des installations classées.

La surveillance des eaux souterraines est poursuivie par la société Bodycote à fréquence trimestrielle, afin de suivre l'évolution de la pollution résiduelle provenant du site.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Cluses, l'inventaire recense 213 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 2 sites en instruction. Voir la page de Cluses.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.

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