APPIA REVILLON
La pollution de ce site de Dracé fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.
Ce que le registre enregistre
| Identifiant du site | SSP001137201 |
|---|---|
| Statut | site dont la pollution est instruite par l'État |
| Commune | Dracé |
| Département | Rhône |
| Instruction | En cours |
Ce que l'État en dit
Constat :
Cette carrière a été remblayée au niveau du terrain naturel, par des déchets inertes.
Une partie du remblaiement de la carrière a été effectué par la société REGEMAT entre 2001 et 2005. Sur cette partie, une visite d'inspection en 2005 a constaté un stockage de boues d'hydroxydes métalliques (BMH) non autorisé. Il a été prescrit l'évacuation des ces boues ainsi qu'une première étude sur la qualité des sols et de la nappe. Une pollution des eaux souterraines sur 4 métaux (Manganèse, Plomb, Arsenic, Nickel) a ainsi pu être mise à jour.
A partir de 2005, l'exploitant de la carrière a cessé de faire appel à REGEMAT, et a lui-même géré le remblaiement de la partie restante (partie nord), avec les terrassements de ses chantiers (Eiffage TP), ainsi que des terrassements de clients extérieurs. L’alvéole destinée à accueillir les fraisâts amiantés est située dans cette partie, qui n'a pas fait l'objet des études de sols précitées, puisqu'à l'époque, elle n'était pas remblayée.
Actions menées :
En 2006, suite à la première découverte d’une pollution, l’exploitant s’est vu prescrire une étude de caractérisation de la pollution des remblais sur le site de la carrière, et sur 3 parcelles contiguës à la carrière ayant servi de décharge communale, ainsi que la pose d’un 3ème piézomètre à l’aval de ces 3 parcelles.
Les analyses de sols, réalisées sur les 4 premiers mètres de remblais, sur le site de la carrière ont révélé la présence de HAP en teneurs supérieures aux teneurs naturelles que l'on peut rencontrer sur les sols ruraux, et ponctuellement en certains métaux (cuivre, mercure, plomb).
L'analyse de la qualité de la nappe au droit du site a révélé la présence de certains HAP, avec un panache de pollution aux HAP qui serait passé au droit de la carrière entre octobre 2007 et juillet 2008, dont l'origine semble se trouver à l'amont de la carrière, et qui s'est peu propagé à l'aval de la carrière. La présence de HAP ne s'est plus retrouvée dans les eaux souterraines au droit du site depuis octobre 2008.
En revanche, la présence de métaux persiste dans les eaux souterraines au droit du site, régulièrement pour le manganèse, et plus ponctuellement pour le plomb, nickel, aluminium, arsenic. Toutefois, l'influence du site sur cette pollution en métaux n'est pas prouvée, car ils se retrouvent aussi à l'amont. Par ailleurs, la présence de ces métaux s'atténue à l'aval du site, où ils sont détectés en dessous des valeurs de potabilité.
Les analyses de sol sur la décharge contiguë ont montré une pollution en hydrocarbures, HAP, en plomb, cuivre et arsenic.
Parallèlement, en 2005, une pollution aux HAP a été découverte dans les champs captants de Taponas, et une étude de recherche de l'origine de cette pollution a été confiée par le syndicat gestionnaire de d'alimentation en eau potable (SIEVA) au bureau d'études CPGF-Horizons. Cette étude a été rendue en octobre 2009. Elle a étudié la possibilité de pollution en HAP à partir de 5 sites proches des champs captants, dont la carrière Appia Révillon, et a conclu en faveur d'un apport principal de polluants depuis 2 sites sur les 5 étudiés, mais ne comprenant pas la carrière Appia Révillon, pour laquelle il était indiqué qu'il existait une pollution diffuse du sol en HCT, HAP et métaux, mais qu'il y avait absence de lien avec les HAP détectés sur le puits de Taponas.
Des modélisations de comportement hydrogéologique ont été réalisées par CPGF Horizons, étudiant la propagation théorique d'une pollution hypothétique qui trouverait son origine sur le site de la carrière. Il en a été conclu qu'une pollution par un composé soluble totalement dans l'eau, trouvant son origine sur la carrière de Dracé, atteindrait les puits AEP de Taponas en 3 ans ; qu'une pollution par le naphtalène (HAP dont le comportement est bien connu et modélisable), n'atteindrait pas le site AEP à cause des phénomènes de biodégradation et de sorption.
Enfin, une étude détaillée des risques a été remise par l'exploitant de la carrière, à la demande du préfet, en octobre 2008.
Actions à mener :
L'exploitant a fait réaliser 4 échantillons dans le périmètre de l'alvéole avant de creuser, pris, respectivement à 3,5 m, 2 m, 1 m et 1,5 m de la surface des remblais.
Les tests sur brut et sur lixiviation de ces échantillons, réalisés par le laboratoire central d'Eiffage, portant sur les paramètres définis dans l'arrêté du 15 mars 2006 sur ces 4 échantillons ne présentent pas de dépassements des valeurs limites définies à l'annexe 2 de l'arrêté précité, caractérisant le seuil inerte, à l'exception d'un échantillon où le taux de PCB dépasse de 40 % les valeurs seuil en brut sur les terres. Le seuil étant bas, nous avons demandé au laboratoire de nous préciser les incertitudes de la mesure pour voir si ce résultat est dans la fourchette des incertitudes. Nous sommes dans l'attente des résultats.
De plus, l'exploitant a fait réaliser 20 échantillons supplémentaires, après creusement de l'alvéole, afin de bénéficier d'autres mesures. Ces échantillons ont été réalisés d'une part sur les stocks de matériaux entreposés chez CARME MACON, et d'autre part sur la partie de matériaux excavés conservée sur site pour constituer le merlon sud de l'alvéole. Ils montrent des teneurs en HAP à supérieures aux teneurs naturelles.
La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.
Ce que cela ne prouve pas
Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.
Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.
Ce qui est recensé sur la même commune
À Dracé, l'inventaire recense 18 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 2 sites en instruction. Voir la page de Dracé.
- TOTAL station service autoroutière de DRACE (A6) — site dont la pollution est instruite par l'État
Un rapport daté sur cette entité
Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.
Ce que contient le rapport
- ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
- ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
- l'historique de nos captures pour ce site
- la citation exacte : source, licence, date, URL
Prix : 19 € / entité
Ce que le rapport n'est PAS
Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.
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