Sols pollués

AIRBUS SAFRAN LAUNCHERS SAS

La pollution de ce site de Le Haillan fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP001035801
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneLe Haillan
DépartementGironde
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

1 - MISE EN SECURITE

Au cours de l’été 2003, plusieurs déversements de rejets de solvants chlorés liés au dysfonctionnement d’une alarme de trop plein génèrent une pollution accidentelle et chronique. Ces déversements sont immédiatement stoppés.

2 - DIAGNOSTIC

En Août 2003, une pollution des sols, constituant la source n°1, est constatée par l'acétone (3300mg/kg),les crésols (33mg/kg) et les phénols (3100mg/kg) au niveau d'une cuve de récupération des effluents à proximité du bâtiment 32. Cet incident est dû au dysfonctionnement de l'alarme de trop-plein. Les prélèvements effectués dans la nappe montrent la présence des composés ci-dessus et révèlent des concentrations élevées en composés organiques volatils (COHV) trichloréthylène (6mg/kg) et perchloréthylène notamment dont l'origine n'est pas identifiée sur le moment.

Le 01/12/2003 la DRIRE demande à l'exploitant d'engager les mesures suivantes :

- affiner les investigations afin de déterminer de futures actions,

- mener une étude de vulnérabilité pour Janvier 2004,

- finaliser l’Évaluation Simplifiée des Risques pour Février 2004,

- mener une surveillance périodique de la nappe à proximité de la source de pollution.

Le 05/10/2005, le rapport d'étude historique et d'état des lieux révèle la présence d'une seconde source de pollution des sols par de la méthyl-éthyl-cétone et des COHV essentiellement au niveau du bâtiment 24. L'origine en est la cuve fuyarde de réception des eaux de procédés. Cette cuve a été remplacée par une cuve double enveloppe en 2001.

Cette étude montre que les nappes du quaternaire et du Miocène sont impactées. La pollution semble être confinée sur le site par le rabattement de nappe que génère le pompage d'eau industrielle F1bis sur le site. Le classement du site est toutefois 1 : nécessité de mener des investigations complémentaires.

L'arrêté préfectoral du 06/07/2006, prescrit la réalisation du diagnostic approfondi du site. Le document remis en Juillet 2006 fait état de la limitation de la propagation des panaches des deux sources par la barrière hydraulique du forage F1bis, dégradation des phénols et de la MEC en milieux oxydants, dégradation naturelle des chlorés en milieu réducteur. Le mode de gestion proposé est la surveillance de l'atténuation naturelle en partant du principe que les eaux impactées du forage F1Bis sont conformes à l'usage industriel. La gestion environnementale reste toutefois à mettre en place.

Les rapports BURGEAP des 21/01/2012 (bilan matière des flux de COHV) et 17/02/2012 (étude technico-économique des solutions de traitement des issues du captage) transmis le 27/03/2012 sont en cours d'analyse.

3 - TRAVAUX DE DEPOLLUTION

3.1 - Composés halogènés

Le 29/10/2004, des actions sont fixées portant sur les sols, les eaux souterraines, les eaux superficielles, l’étude historique du site et le traitement des données.

En Août 2005, 80 m3 de terres polluées sont excavées de la source n°1.

L'étendue de la pollution résiduelle déterminée en Février 2006 est d'environ 110 m2 sous un bâtiment et sous une route. Le volume des sols "excavables" pour des raisons de stabilité des bâtiments ne représenterait que 25% des sols impactés. Le 14/12/2005, les conclusions sont les suivantes :

- mener 15 sondages des sols (24 analyses),

- poursuivre la surveillance des 18 piézomètres,

- maintenir les pompages.

Le bilan quadriennal du suivi des sols et de la nappe présenté le 13/04/2011 fait apparaître que :

- les conditions physico-chimiques réductrices permettent l'atténuation naturelle de la source COHV Nord n°1 notamment par la présence de la charge organique. On n'observe pas de transfert de pollution, ni vers l'aval, ni vers le forage F1bis,

- le phénomène d'atténuation naturelle pour les deux autres sources COHV Sud n°2 et n°3, est moins évident. Le forage F1bis contribue au confinement de ces sources par le rabattement de la nappe,

- en revanche, l'eau d'exhaure du forage F1bis est impactée par les COHV et est utilisée dans les process.

Le 13/04/2011, l'inspection demande à SNECMA de :

- rationaliser l'usage de la gravière en définissant les niveaux bas et haut (écart de 20 cm) de façon à conditionner l'utilisation du forage F5. Le trop-plein en période pluvieuse sera vidangé dans le milieu naturel,

- optimiser l'exploitation du forage F1bis, prioritaire aux deux autres forages,

- réaliser les test d'arrêt du forage F1bis sur une semaine et vérifier l'incidence sur le confinement de la nappe,

- mettre en place de quatre piézomètres supplémentaires pour les besoins du test,

- réaliser un bilan matière des COHV apportés par les procédés et par le forage F1bis,

- réaliser l'étude technico-économique du traitement des eaux du forages F1bis,

- réaliser l'étude technico-économique du traitement des eaux de rejets du site.

Le bilan matière et l'étude des solutions technico-économiques de traitements sont remis le 31/01/2012. Les composés chlorés issus de l'eau du forage sont rejetés, pour les deux tiers à l'atmosphère et pour le tiers restant, dans les fossés qui rejoignent les ruisseaux du Haillan, de Magudas et de Berlincan.

3.2 - Hydrocarbures

Une pollution des sols par des hydrocarbures a été localisée mi 2011 autour d'une cuve de fuel. La zone impactée a été excavée. L'inspection du 21/06/2012 a permis de constater les travaux. L'exploitant à apporté l'ensemble des éléments justifiant de la bonne réalisation des travaux de dépollution dans un rapport remis à l'administration.

3.3 - Dépollution

La société BURGEAP a présenté le bilan quadriennal de la mise en place du confinement hydraulique via le forage F1 bis. L’évolution des résultats du réseau piézométrique prélevé et analysé à fréquence semestriel a aussi été présenté.

Le débit moyen du forage F1 bis est de 28m3/h, avec un taux de fonctionnement de 85 % du temps. Le confinement le plus faible a été relevé lors de la période de hautes eaux d’avril 2014. L’eau est utilisée pour les différents procédés du site. En 2012 l’exploitant a remis un bilan présentant les émissions résiduelles estimées de polluants non traités lors de l’utilisation de l’eau dans les procédés du site.

Sur les 3 sources de pollution recensées sur le site, on note une atténuation naturelle remarquable de la source 1 (débordement chronique d’une cuve d’ISOTEX au bâtiment 32) et dans une moindre mesure de la source 2 (sur-verse de CHEMOSIL via un regard). En revanche la source 3 (comprise entre les piézomètres S18 et S21, ce qui est plutôt un panache) ne présente pas d’évolution. Les concentrations du forage F1 bis restent constantes de l’ordre de la centaine de μg/l en composés organiques solubles.

Le 26/08/2016, l'inspection propose un projet d’arrêté préfectoral complémentaire afin de définir les prescriptions suivantes pour ce qui concerne la pollution des sols et des eaux souterraines :

-renforcer la surveillance semestrielle par 2 campagnes supplémentaires à l’issue de l’arrêt annuel estival (fin août) et à l’issue de l’arrêt annuel hivernal (début janvier) ;

-préciser la délimitation de la source 3 en intégrant le piézomètre S22 au suivi piézométrique et en investiguant des piézomètres hors site à l’amont hydraulique des installations (aval « naturel », dans le périmètre de la société THALES notamment) ;

-déterminer le débit strictement nécessaire au confinement de la pollution via le forage F1 bis (l’appoint d’eaux industrielle serait réalisé via un autre forage du site provenant d’une zone non polluée) puis transmettre une étude technico-économique relative à la mise en place d’un traitement complémentaire des eaux du forage F1 afin de traiter les polluants présents avant leur utilisation dans les procédés ;

-réaliser un diagnostic de l’état de l’ouvrage S10 et le remettre en état si nécessaire. Réaliser les analyses d’un prélèvement sur ce forage afin de s’assurer de l’absence de pollution de la nappe de l’oligocène ;

-justifier que les analyses réalisées dans les piézomètres de la zone pyrotechniques du site comprennent l’ensemble des substances employées et préciser les limites de quantification retenues pour chaque composé.

4 - SURVEILLANCE DES EAUX SOUTERRAINES

L'arrêté préfectoral du 06/07/2006 prescrit la surveillance semestrielle des eaux souterraines par 18 piézomètres dans lesquels on mesure les paramètres COHV, COV, O2, pH, potentiel redox, Temp, Cond, acétone, phénols, crésols, MEC,

Le niveau piézométrique est relevé à chaque campagne.

Voir résultats page 6.

Le 13/04/2011, il est décidé d'intégrer trois nouveaux piézomètres (S28, F8 et F9) dans le programme de surveillance ainsi qu'un prélèvement dans la gravière. Le suivi de l'atténuation naturelle sera effectuée via les piézomètres S18, S21, F3 et F5.

5 - SURVEILLANCE DES EAUX DE LA MARE AUX CANARDS

Cette mare de 1500 m3 n'a aucune utilisation industrielle. Les résultats d'analyses d'Avril 2012 montrent une diminution des concentrations mesurées, sans toutefois atteindre les objectifs de qualité des masses d'eau prévues par la directive cadre. On note une DCO de 69 mg/l, deux fois supérieure à l'objectif ci-dessus. Lors de l'inspection du 21/06/2012, il a été demandé que les éventuels ruissellements du parc à ferrailles soient isolés de la mare. Suite à la pollution du fossé situé à l'aval de la mare en Juillet 2011, l'exploitant a isolé la mare aux canards du fossé, en remplaçant la vanne de barrage existante par un mur et en réalisant le renforcement de la digue entre la mare aux canards et le fossé. Un nouveau point de contrôle a été intégré dans ses rondes de surveillance visuelle afin de s'assurer de l'intégrité de la digue. Cette épisode a révélé une augmentation du pH de la mare aux canards sans qu'il ait été relevé d'apport d'eaux basique issue du site jusqu'à cette mare aux canards. En amont, le fossé qui longe la mare n'a pas révélé de variation de pH lors de l'événement. Elle a eu lieu lors des fortes chaleurs de l'été. Il faut noter que cet événement a eu lieu pendant l'arrêt annuel d'activité du site. Le début de la mise à l'arrêt des activités a commencé environ une semaine avant l'épisode (notamment l'arrêt des fours de pyrolyse). La mare aux canards du site, qui n'a pas d'utilisation industrielle, a fuit juste en amont d'un point de rejet du site qui donne vers un fossé public et qui rejoint ensuite le ruisseau du Haillan, l'eau de la mare aux canards du site n'est pas de bonne qualité, mais que ceci ne peut pas à ce jour être relié à une émission de rejets industriel du site, mais plutôt au caractère stagnant de l'eau de la mare. Dans ce cadre la qualité de l'eau se dégrade lors de fortes chaleurs, que la mare aux canards à été isolée afin de ne plus pouvoir fuir dans le fossé qui rejoint le ruisseau du Haillan. A l'issue de l'inspection, il est demandé à l'exploitant de confirmer qu'il n'y a pas d'arrivée d'eau (pluviale, toiture, parking...) qui aboutisse dans la mare aux canards.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Le Haillan, l'inventaire recense 8 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 2 secteurs d'information sur les sols et 2 sites en instruction. Voir la page de Le Haillan.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

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