Sols pollués

CHU GRENOBLE site HOPITAL SUD

La pollution de ce site de Échirolles fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP000933001
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneÉchirolles
DépartementIsère
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

En 2000, un projet d’implantation d’une blanchisserie sur la partie nord du site a vu le jour. Lors des études géotechniques, la société GEOPLUS a découvert dans un sondage de reconnaissance une substance en couche compacte et épaisse, de couleur blanche, à forte odeur de solvant.

Un prélèvement a alors été effectué est a été envoyé au laboratoire SGS Crépin en date du 28/11/2000.

Les analyses ont montré que la couche blanche était composée à 30 % de chaux, 1 % d’eaux et 69 % de substances polluantes dont :

- La Triacetin ;

- Des Phtalates ;

- D’autres composés de types Polychlorobiphényls (PCB), Hydrocarbures aromatique Polycyclique (HAP), Composés Organiques Halogénés Volatils (COHV) et Chlorobenzène.

Un diagnostic de pollution des sols a été mené en avril 2001 par GEOPLUS. 20 sondages ont alors été réalisées et un piézomètre a été implanté sur le site. Les échantillons ont ensuite été analysés afin de déterminer les teneurs des polluants identifiés.

Les résultats ont montrés des teneurs de :

- 197 mg/kg de Chlorobenzène ;

- 50,2 mg/kg de PCB.

GEOPLUS a conclu son rapport par le fait qu’une dépollution du site était indispensable compte tenu des teneurs observées et de leur grand solubilité. La nappe phréatique n’était toutefois pas impactée lors de cette étude.

Un diagnostic global des sols a été mené en juillet 2001 sur l’ensemble du site afin d’estimer l’étendue de la pollution sous le site. 19 sondages ont alors été effectués.

Les analyses des échantillons du nord du site ont montrés des teneurs atteignant :

- 13 077 mg/kg de Chlorobenzène ;

- 1 050 mg/kg de PCB (arochlore).

Cette étude a conclu que la zone contaminée était contenue au nord du site, à l’est de la zone correspondant à la réserve foncière et du secteur cuisine. Cet emplacement correspond à la zone où des anciens dépôts blanchâtre sont observables sur les photos aériennes d’octobre 1968. Le volume des terres à traiter à été estimé à environ 15 000 m3.

L’Inspection des Installations Classées a rédigé un arrêté préfectoral, signé le 28/02/2002, visant à imposer la réalisation:

- D’une étude historique complète ;

- D’un diagnostic approfondi des sols ;

- D’une Évaluation détaillée des Risques (EDR) ;

- D’un suivi trimestriel de la qualité des eaux souterraines au droit du site.

Les différentes investigations prescrites par cet arrêté ont fait l’objet d’un rapport commun rédigé par le bureau d’étude URS en date du mois d’août 2002. Une étude géophysique a été réalisé afin de délimiter précisément la bordure de l’ancienne gravière. 23 échantillons et 5 puis de contrôles ont également été réalisés.

Les résultats des analyses ont mis en avant une contamination des sols en :

COHV :

- Tétrachloroéthylène (ou PCE à des teneurs atteignant 114 mg/kg) ;

- Trichloroéthylène (ou TCE à 5 mg/kg) ;

- Chlorure de vinyle (0,41 mg/kg).

- Chlorobenzène (930 mg/kg) et ses dérivés (dont 1,2,4 Trichlorobenzène avec des teneurs de 6 110 mg/kg) ;

- PCB (799,8 mg/kg) ;

- HAP (principalement le naphtalène observé à597 mg/kg) ;

- Pesticides (HCH totaux à 2 931 mg/kg) ;

- Arsenic (38,9 mg/kg).

Les eaux souterraines sont également contaminés en COHV avec des teneurs en PCE de l’ordre de 80 µg/l, TCE à 12,4 µg/l et Tétrachlorométhane à 43,9 µg/l.

La contamination des eaux s’observe à la fois en amont et en aval hydraulique.

Suite à ces analyses, l’EDR à conclu que :

- Compte tenu de la faible volatilité des polluants rencontrés, le projet de construction d’une nouvelle cuisine et d’un bâtiment de gériatrie ne posait pas de risque significatifs pour la santé des employés et des patients ;

- L’ancienne gravière peut être laissée en état sans poser des risques significatifs pour la santé des employés et des patients dans la mesure où la durée de leurs expositions au site était inférieurs à 7h (valeurs retenu pour le cas des patients enfants). Ce risque peut être encore atténué par la construction d’un parking au dessus de la zone concernée.

L’EDR a également recommandée :

- La mise en place d’une surveillance de la qualité des eaux souterraines ;

- Un traitement des eaux de la nappe ou l’arrêt de son utilisation par la blanchisserie. Cette dernière serait alors alimentée par le réseau d’eau potable.

- La restriction de l’accès à la zone contaminée ou le renforcement de l’étanchéité du revêtement bitumineux du parking (dans le cas de sa construction) ;

- La prise de servitudes afin d’exclure toute possibilité de travaux d’excavation sur la zone polluée.

Par un courrier daté du 11/07/2002, l’Inspection des Installations Classées a demandé :

- La réalisation d’analyses complémentaires lors des travaux d’excavations du projet de la nouvelle cuisine ;

- La mise en place de la surveillance des eaux souterraines ;

- Des compléments d’informations sur les plans des futurs bâtiments.

Les compléments d’informations ont été rajoutés dans le rapport final de l’EDR rédigé au mois d’octobre 2002.

La première campagne de suivi de la qualité de la nappe s’est tenu au mois de mars 2008. Les eaux de 5 piézomètres ont été analysés et ont montrés une contamination toujours présente en :

- PCE (46 µg/l) ;

- Tétrachlorométhane (13 µg/l) ;

- Antimoine (8 µg/l) ;

- Nickel (32,4 µg/l) ;

- Plomb (23,6 µg/l).

Le CHU a demandé par le biais d’un courrier accompagnant le rapport de cette campagne, un allégement des mesures prescrites par l’arrêté du 28/02/2002.

Étant donné qu’il s’agissait là des premiers et seuls résultats de mesures de surveillance obtenus par l’Inspection, cette demande a été jugée prématurée.

Des sanctions administratives ont été prises à l’encontre du CHU par le biais de l’arrêté du 05/02/2009 afin d’imposer la surveillance des eaux prescrite.

Les analyses ont repris le 25/03/2009. À ce jour, les rapports de 13 campagnes ont été adressés à l’Inspection des Installations Classées.

Des teneurs importantes en COHV sont toujours détectées. Des pesticides sont également régulièrement observés avec des concentrations dépassant les valeurs fixés par l'arrêté du 17/12/2008.

Les concentrations observées restent globalement constantes, lors de la dernière campagne renseignée, les concentrations en PCE était de 45 µg/l, celle en Tétrachlorométhane de 9.78 µg/l et les TCE atteignait 5.2 µg/l.

Les concentrations en métaux dans les eaux sont elles inférieures à leurs valeurs seuils mais une contamination en pesticides chlorées est apparu lors de la dernière campagne.

Les teneurs observées pour les polluants suivis ne présentent pas de variation significative entre l'amont et l'aval du site.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Échirolles, l'inventaire recense 138 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 5 sites en instruction. Voir la page de Échirolles.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

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