Sols pollués

CCMP (ex SHELL) Dépôt pétrolier de Pauillac

La pollution de ce site de Pauillac fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP000776501
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommunePauillac
DépartementGironde
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

1 - MISE EN SECURITE

Le démantèlement de la raffinerie en 1987 a laissé sur place un stock de déchets d'environ 20.000 tonnes. L'arrêté préfectoral du 13/01/1992 a fixé un délai de dix ans pour l'évacuation et l'élimination des déchets. En Février 2002 les prescriptions ont été réalisées.

2 - DIAGNOSTIC

Une étude de sols menée par ANTEA début 1996 a confirmé la présence de résidus d'hydrocarbures sur le site à des teneurs variables supérieures à 500 ppm. Le contexte hydrogéologique (nappe superficielle peu productive, couche de marne,…) constitue des éléments favorables à la bonne protection des nappes souterraines profondes captées. Afin de compléter les éléments d'information du diagnostic réalisé en 1994 et 1996, l'arrêté préfectoral du 19/10/1998 a prescrit le diagnostic initial et l'Évaluation Simplifiée des Risques (ESR) de l'ensemble du site SHELL.

L'étude a été remise le 29/11/2000 et a conclu au classement 2 « à surveiller » du site pour l'usage du moment. Ce classement n'est ni définitif, ni absolu. Il permet de hiérarchiser, dans une grille qui comporte trois niveaux, la priorité à mener les investigations complémentaires en vue de la mise en œuvre des solutions de dépollution des milieux. Ces compléments ont été apportés par le diagnostic approfondi et l'évaluation détaillée des risques sur l'ensemble de la plateforme pétrolière (SHELL & Butagaz) dont les rapports ont été remis en Décembre 2004.

Le risque sanitaire présenté par le site CCMP est modéré compte tenu de son usage du moment (salariés avertis). Toutefois, les études ci-dessus ont mis en évidence cinq zones de pollution de terrains par des hydrocarbures ainsi qu'un impact sur la nappe au droit du dit site mais également hors site au Sud et sur le milieu superficiel par des suintements en berge de Gironde notamment.

L'exploitant a réalisé un rapport d'étude suite aux investigations complémentaires de Février 2012 et il a défini les techniques de traitement. Ce document, daté du 20/03/2012 a été remis le jour de l'inspection du 03/04/2012.

Le 29/05/2014, l'exploitant déclare l'arrêt de l'exploitation et le démantèlement de 3 bacs de stockage à toit flottant. Le diagnostic des sols et de la nappe doit être mené conformément à l'arrêté de travaux du 11/05/2010 visé au point 3.

3 - TRAVAUX

A la suite du diagnostic de 1996, des travaux de dépollution des terres ont été entrepris, aujourd'hui inachevés. Par arrêté préfectoral du 05/12/2007, il a été demandé à l'exploitant d'étudier, avant le 31/12/2007, les possibilités techniques et économiques de résorber ces sources de pollution des sols et de la nappe et d'assurer la surveillance périodique des eaux souterraines de la nappe superficielle.

Le plan de gestion a été fourni le 02/09/2008 sur la base du rapport VERITAS du 28/01/2008 et du rapport ARCAGÉE du 29/08/2008 relatif à l'étude technico-économique des solutions. L'arrêté préfectoral de travaux proposé le 27/03/2009, après deux passages en CODERST en Octobre 2009 et Mars 2010, est signé le 11/05/2010. Il prescrit :

- la mise en place de trois tranchées drainantes pour supprimer le transfert de la pollution de la nappe hors site,

- le traitement des eaux de la nappe,

- excavation et traitement sur site des terres contenant plus de 2.000 mg/kg d'hydrocarbures,

- traitement des terres contenant plus de 1.000 mg/kg d'hydrocarbures et de la nappe de la zone des Guineys pour rendre compatible le site avec un usage agricole.

État au 24/11/2011 :

- zone 1 (anciens stockages avant guerre) : écrémage et traitement sur charbon actifs, 309 m3 d'eau traités, 620 litres de surnageant récupérés. Excavation et bio-traitement de 250 m3 de terres impactées,

- zone 2 : suivi environnemental (nouveaux bacs en projet),

- zone 3 : délai d'un an pour identifier la source de pollution. Délai dépassé,

- zone 4 : pompage dans la tranchée et dans trois puits à mettre en œuvre,

- zone 5 : pompage dans cinq puits à mettre en œuvre,

- zone 6 : Écrémage de la nappe en PZ6, 80 litres de surnageant récupéré. Traitement des terres par landfarming et andains sur un hectare + plateforme phyto rémédiation en cours. Deux parcelles terrain plantées en vignes.

La performance du système de traitement de la nappe est entre 97 et 99%. Toutefois, les concentrations dans la nappe pour la zone 1 sont supérieures aux valeurs fixées.

État au 03/04/2012 :

Le traitement de la zone 3 a été retardé car le choix et le dimensionnement de la méthode devaient être affinés. Par ailleurs, la source de pollution n'était pas localisée. Les équipements seront mis en place en Mai 2012 pour un démarrage du traitement de la nappe par stripping et venting en Juillet 2012.

- Sur les zone 1, 4 et 5 : 1.655 m3 d'eau ont été traitées, 415 litres de surnageant ont été récupérés.

- Sur la zone des Guineys : 22.000 m3 de terres sont en cours de traitement biologique.

L'inspection du 04/05/2010 a permis de constater que le site a été complètement nivelé et nettoyé pour créer les tranchées drainantes et installer les puits demandés dans l'arrêté préfectoral du 11/05/2010 afin de capter les hydrocarbures et de stopper leur progression vers l'extérieur du site.

Les spots de pollution de 10.000 à 55.000 mg/kg d'HC de la zone 1, au Sud du site (800 à 900 m3), ont été traités en priorité et stockés avec les sols de la tranchée drainante (600 m3) dans une alvéole étanche créée au Nord-Ouest du site. Des sur-nageant présents dans la tranchée drainante sont récupérés. Les analyses des eaux de cette tranchée ont montré qu'il y a peu d'hydrocarbures dissous (entre 1 et 3 mg/l). Cependant, ces concentrations restent supérieures aux valeurs limites de l'arrêté préfectoral sur les dissous. La zone 2 a été confinée avec trois tranchées drainantes. La zone 3 fera l'objet d'un traitement in-situ. Des investigations complémentaires ont été réalisées sur la zone 4 (30 sondages) pour déterminer les spots de pollution. Elles ont permis de cerner les sources de pollution par les BTEX. Deux tranchées drainantes ont été réalisées et 280 m3 de terres ont été enlevés et regroupés dans l'alvéole étanche au Nord-Ouest du site. Le traitement des dissous des eaux pompées dans les tranchées drainantes et les puits était en cours de dimensionnement le jour de l'inspection. Il doit être opérationnel dès réception de l'arrêté préfectoral du 11/05/2010.

Des investigations complémentaires ont également été réalisées dans la zone 5 pour les mêmes raisons. Elles ont conduit à réaliser trois puits pour récupérer les hydrocarbures (4 à 30 mg/l) et six puits pour éliminer une zone polluée par le benzène dont les concentrations varient entre 5 et 55 mg/l. De nouveaux puits devaient être réalisés pour compléter le dispositif et s'assurer que les spots soient bien cernés (2 pour les hydrocarbures et 4 pour le benzène). La zone 6 des Guineys comporte actuellement trois phases de traitement :

- par andains,

- le landfarming,

- la fétuque en finition qui venait d'être lancée pour descendre au plus bas possible la concentration en HC.

Ces concentrations en HC devraient être comprises entre 350 et 1.000 mg/kg au bout de 20 mois. Il reste à traiter le surnageant du piézomètre Pz6. Les dispositions de l'arrêté préfectoral du 11/05/2010 ont été rendues applicables depuis la visite.

Etat au 28/01/2014 :

- les 3 tranchées drainantes sont en place, les eaux pompées sont traitées par décantation puis sur charbon actif ou par stripping puis sur charbon actif. Les eaux traitées sont rejetées dans le pluvial du site vers la station de traitement puis le rejet dans le milieu naturel,

- toute la zone 6 des Guineys et le spot de l'entrée du site ont été excavés et traités par landfarming,

- les déblais des tranchées drainantes (10 à 20 000 mg/kg) sont en cours de biotraitement en andains,

- 200m3 de terres très impactées (4000 à 5800 mg/kg) provenant de la cuvette de l'ancien bac T103 ont été traités à la chaux et stockées temporairement à l'abri. La solution de traitement ou d'élimination de ces terres et à définir et à mettre en ouevre.

- le traitement biologique et par phytorémédiation se poursuit sur la zone des Guineys afin de permettre l'usage agricole de cette zone.

- Le traitement de la nappe de la zone des Guineyz autour du PZ6 se poursuit par pompage et écrémage. Des solutions d'optimisation de ce traitement sont à l'étude.

4 - SURVEILLANCE DES EAUX SOUTERRAINES

Ce site est soumis à l’application de l’article 65-a. de l’arrêté ministériel du 02/02/1998 modifié relatif à la surveillance des eaux souterraines par référence aux rubriques 1432 (Stockage en réservoirs manufacturés de liquides inflammables), 1433 (Installations de mélange ou d'emploi de liquides inflammables) et 1434 (Installation de remplissage ou de distribution de liquides inflammables) de la nomenclature des Installations Classées.

Les niveaux piézométriques de la nappe et la teneur en hydrocarbures totaux étaient contrôlés jusqu'à présent chaque trimestre dans dix piézomètres (arrêté préfectoral du 13/01/1992). Les études ci-dessus ont permis de réorganiser et d'optimiser cette autosurveillance qui a été revue de la façon suivante :

- Trois piézomètres dont un à l'amont hydraulique du site,

- analyse semestrielle des paramètres : HCTX, BTEX, Aromatiques, indice Phénol et plomb (arrêté du 05/02/2001).

Le 11/12/2006, la DRIRE demande à l'exploitant de proposer un programme optimisé de surveillance périodique des eaux souterraines de la nappe superficielle. Compte tenu de la bonne protection des aquifères profonds, il n'apparaissait pas nécessaire, à l'époque, de surveiller ces milieux. L'arrêté du 05/12/2007 modifie l'arrêté précédent et prescrit la surveillance semestrielle des eaux souterraines pour les paramètres hydrocarbures totaux, HAP et benzène. Le niveau piézométrique est relevé à chaque campagne.

En Mars 2009, quatre nouveaux piézomètres sont installés. Ce qui porte à sept le nombre de points de surveillance de la nappe. L'arrêté préfectoral du 11/05/2010 prescrit la surveillance semestrielle de la nappe par les sept piézomètres ci-dessus et l'analyse des HCTX, HAP et BTEX. L'aquifère profond de l'Eocène est surveillé de la même façon en deux points.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Pauillac, l'inventaire recense 15 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 6 sites en instruction. Voir la page de Pauillac.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.

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