Sols pollués

LEROY SOMER

La pollution de ce site de Allonnes fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP001224501
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneAllonnes
DépartementSarthe
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

Lors de travaux effectués en janvier 2010 lors de la mise en place d’un séparateur à hydrocarbures un ancien drain d’infiltration a été mis en évidence à l’angle Nord-ouest du site (voir plan cartographique 3 partie B). Des investigations ont révélé un impact de ce drain par des hydrocarbures (HCT) et des polychlorobiphéniles (PCB) sur une surface d’environ 100 m². Les remblais situés au-dessus de ce drain étaient également impactés, plus modérément, par ces deux polluants.

Dans l’attente de la définition d’un plan d’action, le nouveau réseau d’eaux pluviales, ainsi qu’un puits d’infiltration, ont été installés et la fouille a été remblayée à l’aide de matériaux sains jusqu’à environ 3 m de profondeur. La mise en place du séparateur à hydrocarbures a été reportée.

Un Plan de Gestion de Site (PGS) préliminaire, dont l’objectif était de définir la stratégie de réhabilitation la mieux adaptée au site sur la base d’éléments sanitaires, techniques et économiques, a été réalisé en août 2010. L’Étude Quantitative des Risques Sanitaires (EQRS) réalisée dans ce plan de gestion a mis en évidence l’absence de risques pour les employés sur site en considérant une poursuite de l’activité actuelle (usage industriel). En revanche, les niveaux de risques de référence étaient dépassés dans le cas d’un contact direct (absence ou dégradation de la couverture de surface) avec les matériaux impactés.

La société LEROY SOMER a décidé de procéder à la réhabilitation par excavation et l’élimination hors site, solution la plus favorable d’un point de vue technico-économique, afin de traiter rapidement et totalement la source de contamination (voir plan cartographique 4 partie B). Au total, 846 tonnes de matériaux ont été excavés et envoyés en Centre d’Enfouissement Technique de classe 1 tout comme les bâches et géomembranes ayant servi à la confection des zones de stockage.

Le flanc Nord-est de la fouille présentait des concentrations maximales de 6,9 mg/kg en PCB et de 4400 mg/kg en HCT. L’excavation n’a pu être poursuivie sur ce côté de la fouille, en raison de la présence d’une canalisation d’eaux usées. Hormis cette anomalie ponctuelle, les concentrations résiduelles obtenues sur les flancs de la fouille étaient de l’ordre de 1 mg/kg de PCB et environ 200 mg/kg d’HCT en moyenne. En fond de fouille, seules des traces de PCB (< 0,01 mg/kg) ont été constatées et les concentrations résiduelles en HCT étaient inférieures au seuil de détection analytique (< 20 mg/kg). L’excavation a ensuite été comblée avec mise en place d’une géomembrane sur une partie du front nord de la fouille (6 m sur 6 m) afin de séparer les terrains d’apport des terrains naturels et de prévenir tout contact entre d’éventuelles d’eaux d’infiltration et ces matériaux. De la même façon, une géomembrane a également été appliquée en fond de fouille (6 m sur 11 m) avant de procéder au remblaiement. La surface de la zone réhabilitée a ensuite été recouverte d’un enrobé en novembre 2010.

Malgré l’absence de migration verticale significative des PCB, la confirmation de l’absence d’impact sur ces eaux a été réalisée par le biais d’un suivi piézométrique (installé en mai 2011) réalisé en aval du site en période de hautes et de basses eaux pour les paramètres pH, HCT, PCB et HAP. Deux campagnes ont été effectuées (juin et novembre 2011). Les résultats indiquent des valeurs inférieures aux seuils de quantification, la zone dépolluée n’a pas d’impact sur les eaux souterraines. Le suivi de la nappe a donc été arrêté et le piézomètre a ensuite été rebouché le 6 avril 2012.

Une Analyse des Risques Résiduels (ARR) a été réalisée en considérant une poursuite de l’activité identique à l’activité actuelle (usage industriel). En raison de la présence d’une couverture de surface, les voies d’exposition liées à une remise en suspension de poussières et au contact direct avec des sols de surface n’ont pas été considérées. La possibilité d’une construction de bâtiment à proximité de la zone traitée a néanmoins été envisagée, et la voie d’exposition par inhalation de vapeurs à l’intérieur d’un bâtiment industriel type a donc été étudiée. L’étude conclut que les niveaux de risques calculés sont inférieurs aux niveaux de référence en l’état actuel comme dans le cas hypothétique d’une construction. Il est toutefois recommandé de conserver une couverture de surface et de garantir son intégrité afin de minimiser les risques potentiels. De même, des dispositions constructives particulières pourront être appliquées en cas d’implantation d’un bâtiment au droit de la zone traitée. Une actualisation des calculs de risques devra également être réalisée à titre de précaution en intégrant les caractéristiques exactes du bâtiment.

Dans le cadre du suivi régulier des cuves enterrées de stockage d’huiles de coupe usagées (voir plan cartographique 5 partie B), un test d’intégrité non concluant a été effectué à l’automne 2012. Un second contrôle d’étanchéité contradictoire a été effectué en janvier 2013 et a conclu que les cuves étaient non fuyardes mais que des fuites existaient en partie sommitale à la hauteur des trous d’homme. Ces cuves ont dès lors cessé d’être exploitées. Elles ont, par la suite, été vidées, nettoyées et inertées.

> Investigations dans les sols (voir plan cartographique 6 partie B) :

Une campagne d’investigation autour des cuves a été réalisée en mai 2013 (11 sondages de 3,5 à 6 m de profondeur). Les analyses ont portées sur les paramètres suivants : hydrocarbures totaux (HCT), métaux, solvants aromatiques (BTEX), polychlorobiphéniles (PCB), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et solvants chlorés volatils (COHV). Ces investigations ont mis en évidence :

- un impact significatif en HCT au droit des sondages réalisés à 1 m des cuves, en particulier à une profondeur comprise entre 3 et 4,5 m ; la concentration maximale (41 000 mg/kg) a été mesurée au droit du sondage S1 entre 3,8 et 4,2 m de profondeur ;

- que les impacts s’étendent peu en profondeur ; cependant, un impact localisé a été observé au droit du sondage S3 à une profondeur proche du niveau statique de la nappe (6 800 mg/kg à 6,2 m) ;

- des concentrations modérées en HCT (maximum 1 400 mg/kg) au droit des sondages forés à une distance d’environ 5 m des cuves ;

- aucune concentration significative en HAP, COHV, BTEX, PCB et métaux lorsqu’ils ont été recherchés.

L’impact reste circonscrit à une zone autour des cuves, pour une superficie approximative de 100 m2.

> Investigations dans les eaux souterraines (voir plan cartographique 7 partie B):

Suite à la campagne d’investigation des sols, trois piézomètres ont été installés en décembre 2013 à une profondeur de 12 m en aval hydraulique supposé des cuves enterrées : Mw1 à une distance de 7 m, Mw2 à 12 m et Mw3 à 50 m des cuves. Une campagne de prélèvements et d’analyses a été réalisée en janvier 2014. Les analyses ont porté sur la recherche des HCT, BTEX et COHV. Ces investigations ont mis en évidence :

- des concentrations en PCE (tétrachloroéthylène) et TCE (trichloroéthylène) au droit des ouvrages Mw1 (ΣPCE+TCE = 100 µg/l) et Mw2 (ΣPCE+TCE = 139 µg/l) supérieures au seuil de potabilité fixé à 10 µg/l (somme des deux composés) ;

- des concentrations en chlorure de vinyle et en 1,2-dichloroéthane en Mw1 (29 µg/l et 3,3 µg/l) supérieures aux seuils de potabilité fixés respectivement à 0,5 µg/l et 3 µg/l ;

- d’autres COHV ont été détectés en Mw1 et Mw2 sous forme de traces, inférieures aux valeurs de référence ;

- des traces d’hydrocarbures dans les eaux du piézomètre Mw2 (3,1 µg/l) ;

- des traces de benzène au droit de Mw1 (0,35 µg/l) ;

- qu’aucun des composés recherchés n’a été détecté en Mw3 à l’exception d’une faible concentration en chloroforme (0,54 µg/l).

Le Plan de Gestion tient compte d’un usage industriel du site. Compte tenu de la proximité du bâtiment principal, le mode de gestion présélectionné a consisté à inerter les cuves et à laisser en place les sols impactés. Ainsi, le 6 novembre 2014, les cuves ont été nettoyées, dégazées et comblées avec du sable par une entreprise spécialisée, conformément aux normes en vigueur (un total de 0,3 tonne de déchet (eau et huile) a été éliminé hors-site). Après inertage des cuves enterrées, les sources potentielles d’impact sur le site sont constituées :

- de sols présentant des concentrations significatives en HCT de 3 à 6 m de profondeur et des traces de COHV, BTEX et PCB ;

- des eaux souterraines de la nappe présentant des concentrations en HCT, BTEX et COHV.

Les impacts identifiés au droit du site sont présents soit sous un revêtement de surface (enrobé), soit à une profondeur supérieure à 3 m. De plus, comme il n’y a aucune utilisation de l’eau de la nappe le contact direct avec les contaminations n’est pas possible.

Ensuite, une Analyse des Risques Résiduels prédictive (ARRp) considérant un usage futur de type industriel fait apparaître que la qualité des sols est compatible avec l’usage futur considéré.

Le Plan de Gestion a néanmoins conclu :

- en cas de changement d’usage de la partie du bâtiment existant jouxtant les cuves (création de bureaux d’espaces restreints par exemple), il conviendra de s’assurer préalablement de la compatibilité de ce nouvel usage avec la qualité de l’air ambiant intérieur, en réalisant une mise à jour de l’ARRp précitée;

- en la nécessité de mettre en place un suivi de la qualité de la nappe en aval hydraulique de ces cuves afin de s’assurer que celle-ci ne se détériore pas.En conséquence, le préfet impose à la société LEROY SOMER une surveillance de la qualité des eaux souterraines, au droit et à proximité des anciennes cuves enterrées de stockage des huiles de coupe usagées par arrêté préfectoral complémentaire du 23 octobre 2015 (contrôle quantitatif et qualitatif (HCT, BTEX, et COHV) en période de basses et de hautes eaux pour les deux piézomètres du site).

Au terme d’une période de 4 ans, la société LEROY SOMER devra introduire une demande d’adaptation de la fréquence des mesures argumentée en fonction des résultats de l’observation des années précédentes.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Allonnes, l'inventaire recense 22 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 2 secteurs d'information sur les sols et 1 site en instruction. Voir la page de Allonnes.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

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