SNG
La pollution de ce site de Champforgeuil fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.
Ce que le registre enregistre
| Identifiant du site | SSP001129401 |
|---|---|
| Statut | site dont la pollution est instruite par l'État |
| Commune | Champforgeuil |
| Département | Saône-et-Loire |
| Instruction | En cours |
Ce que l'État en dit
► ETUDES DE DIAGNOSTIC ENVIRONNEMENTAL
Dans le cadre de la mise à jour de l'arrêté préfectoral d'autorisation en 2003, la société SNG a été tenue de faire réaliser un diagnostic environnemental de son site de Champforgeuil.
En février 2004, une étude d'évaluation simplifiée des risques (ESR) a été transmise aux services de l'État. Les investigations entreprises avaient mis en évidence 6 sources de pollutions :
- zone de ventilation de l'ancien atelier nickel/chrome, polluée par des métaux ;
- bâtiment principal 1, pollué par des métaux et solvants chlorés (COHV : composés organo-halogénés volatils) ;
- bâtiment 2 pollué par des métaux ;
- ancien atelier de peinture du bâtiment 2, pollué par métaux et COHV ;
- bâtiment 3, avec pollution par des métaux ;
- bâtiment 4, pollué par des COHV.
A la suite de cette étude, le site a été rangé en classe 1 selon l'ancienne nomenclature, à savoir un site nécessitant des investigations supplémentaires, face à la pollution avérée par nickel et chrome.
En août 2006, une évaluation détaillée des risques (EDR) a identifié une nouvelle source de pollution par des cyanures dans les sols de l'atelier principal. La caractérisation de la pollution des eaux souterraines a nécessité l'implantation de 8 piézomètres dans la nappe superficielle, en amont des installations (ouvrages PZ1-2 et PZ6-7) ainsi qu'à leur aval hydraulique (PZ3-5 et 8). L'analyse des eaux de la nappe profonde a été réalisée grâce au puits de captage (noté "SNG 42") déjà existant. Après 3 campagnes analytiques en décembre 2003, juin 2005 et décembre 2005, l'EDR a mis en évidence des teneurs significatives en polluants dans les deux nappes connues au droit du site :
- trichloroéthylène (TCE) dans tous les ouvrages (PZ1-8 et puits) ;
- tétrachloroéthylène (PCE) dans PZ1-5, PZ8 et le puits ;
- chlorure de vinyle dans PZ1-2, PZ6-7 et le puits ;
- 1,1- ou 1,2-dichloroéthane (DCE) dans PZ2-4, PZ8, et le puits ;
- 1,1,1-trichloroéthane dans PZ3, PZ8 et le puits ;
- cyanures libres et totaux en PZ8 ;
- hydrocarbures totaux (HCT) dans le puits ;
- sulfates en PZ6 et PZ8 ;
- nickel, dans PZ2-4, PZ7-8 et le puits ;
- arsenic, dans PZ2 et PZ7 ;
- chrome, dans PZ4-5 et PZ8.
D'autre part les polluants suivants ont été caractérisés dans les sols du site :
- bétons : cadmium, chrome, cuivre, nickel, cyanures totaux, chrome VI ;
- terres : cadmium, chrome, cuivre, nickel, cyanures totaux, TCE.
Des solvants chlorés (TCE, PCE, 1,1,1-trichloroéthane) ont également été détectés dans les gaz du sol, au moyen de piézairs.
Une comparaison des concentrations dans les eaux souterraines entre amont et aval hydraulique du site appelle toutefois certaines remarques.
L'implication du site dans la pollution par le nickel ne peut être écartée, mais la participation d'une source de pollution extérieure au site est envisagée compte-tenu des concentrations relevées dans l'ouvrage PZ2 implanté en amont. Concernant le chrome VI, un impact du site sur les eaux de nappe superficielle peut être mis en évidence, la différence entre amont et aval se révélant significative. De même, si le trichloroéthylène a été détecté dans tous les ouvrages, la différence de concentration entre l'amont et l'aval (à savoir une hausse supérieure à 50%) indique l'implication du site pour ce qui est de ce solvant chloré. Enfin du tétrachloroéthylène a été utilisé par la SNG pour le dégraissage des pièces jusqu'à la fin des années 1990.
Aucune source de pollution par tri- et dichloroéthane n'étant connue sur le site SNG, la pollution par ces deux composés pourrait provenir de l'extérieur du site, ou encore d'une source non détectée lors des investigations. Enfin un impact en hydrocarbures dans les ouvrages PZ1 à PZ3 était en diminution lors de la campagne de décembre 2005 ; la provenance de ces substances paraît extérieure au site.
Des essais de dépollution de la nappe superficielle, la plus impactée, ont été engagés par l'exploitant entre février 2009 et juin 2010. Cet essai-pilote de traitement s'est déroulé en trois phases successives :
- phase 1 avec implantation de piézomètres, définition d'un "état zéro" à partir des 11 ouvrages existants, prélèvement et analyse d'échantillons (février 2009) ;
- phase 2 avec réalisation d'essais de traitement et définition d'un programme d'essais sur site (juillet 2009) ;
- phase 3 avec mise en service des dispositifs de dépollution sur site, analyses de leur efficacité pour la dépollution de la nappe, et transmission d'une proposition de mesures de gestion fondées sur un bilan coût/avantages (avril-juin 2010).
Février 2009 : le compte-rendu de la première phase d'essais de dépollution mentionne la mise en place de 3 piézomètres supplémentaires PZ9, PZ10 et PZ11 forés jusqu'à 6 m, dans la nappe superficielle. PZ2 n'apparaît plus dans cette étude. Une analyse des sols dans ces 3 nouveaux ouvrages a mis en évidence des impacts significatifs par :
- trichloroéthylène (TCE) dans PZ9-11 ;
- tétrachloroéthylène (PCE)
- 1,1-dichloroéthylène dans PZ11 et 1,2-dichloroéthylène dans PZ10 ;
- di- et trichloroéthane dans PZ10-11.
Un "état zéro" de la qualité des eaux souterraines a dès lors pu être défini dans la perspective d'un suivi de l'évolution des pollutions. Ont été détectés dans les divers ouvrages :
- PZ1 : PCE, TCE, chlorure de vinyle ;
- PZ3 : PCE, TCE, nickel, tri- et dichloroéthane ;
- PZ4 : PCE, TCE, chrome et chrome VI, nickel ;
- PZ5 : PCE, TCE, chlorure de vinyle, chrome et chrome VI ;
- PZ6 : PCE, TCE, chlorure de vinyle, nickel, nitrates, arsenic, cadmium, plomb ;
- PZ7 : PCE, TCE, chlorure de vinyle, nickel, hydrocarbures totaux C10-C40, arsenic ;
- PZ8 : PCE, TCE, tri- et dichloroéthane, chrome et chrome VI, nickel, cyanures totaux ;
- PZ9 : PCE, TCE, chlorure de vinyle, nickel, BTEX (benzène) ;
- PZ10 : PCE, TCE, tri- et dichloroéthane, chlorure de vinyle, nickel, cyanures totaux, cadmium, plomb, BTEX (benzène) ;
- PZ11 : PCE, TCE, tri- et dichloroéthane, nickel ;
- puits : chlorure de vinyle, PCE, TCE, nickel.
Des échantillons de sol prélevés dans PZ10 et d'eau dans PZ4 ont été utilisés pour des essais de traitement (pompage puis dépollution, ou traitement in-situ par réduction au Fe).
Juillet 2009 : cette deuxième phase s'appuyait notamment sur des essais en laboratoire à partir des échantillons prélevés précédemment. L'étude de faisabilité produite à la suite envisage deux procédés de dépollution applicables au site SNG :
- le pompage pour traitement des solvants chlorés sur charbon actif, suivi du traitement du chrome et des cyanures sur résine échangeuse d'ions ;
- l'injection de fer dans la nappe, afin de dégrader chimiquement les solvants chlorés et réduire les concentrations aqueuses en cyanure et chrome.
Juillet 2010 : dans une troisième et dernière phase, des essais de dépollution ont été réalisés sur le site d'avril à juin 2010. Ceux-ci visaient à évaluer le rendement des divers procédés, et leur bilan coûts/avantages. Un rapport transmis le 16 septembre 2010 rend compte des essais sur site. Les mesures de gestion recommandées consistent en un confinement hydraulique du site, ainsi que l'injection d'une source de carbone en amont des zones sources de pollutions, afin de stimuler la biodégradation anaérobie naturelle des solvants chlorés.
Par courrier du 18 janvier 2012, l'exploitant a informé les services de l'État de la nécessité de réaliser de nouveaux diagnostics (analyses, nouvel "état zéro" de la situation) afin d'établir un cahier des charges des travaux de dépollution à mettre en œuvre.
Février 2012 : une campagne de prélèvement a révélé la présence d'une phase plongeante de solvant pur au sein de piézomètres, à l'origine d'une contamination continue des eaux souterraines. Il a par conséquent été suggéré de procéder à un traitement actif de la nappe phréatique afin d'éliminer l'impact en hydrocarbures et solvants chlorés. Des impacts plus limités par arsenic, nickel, chrome et chrome VI seraient dès lors gérés conjointement au traitement des polluants organiques.
Plusieurs campagnes de surveillances ont été réalisées jusqu'en 2015.
En septembre 2014 , on constate :
- Au droit de Pz4 , Pz5 et Pz10 , des teneurs en PCE TCE en baisse , conforment aux valeurs réglementaires ainsi qu'une hausse des sous produits de dégradations
- En aval hydraulique , au niveau de Pz8 , Pz11 , Pz14 , une baisse des teneurs en PCE TCE , une hausse des teneurs en TCA DCA ainsi qu'une baisse des teneurs en CV.
On observe également une absence d'anomalie en HC et métaux lourd.
Cette campagne confirme les résultats de janvier 2014.
En janvier 2015 , la campagne de surveillance présente également des résultats similaires , hormis pour les TCA qui voient leurs teneurs baisser.
► TRAVAUX DE DÉPOLLUTION
Par courrier du 18 novembre 2012, l'exploitant a transmis à l'inspection des installations classées une proposition de mesures de gestion dont la mise en œuvre prévue en 2013 s'étalerait sur 3 ans. L'usage retenu pour les objectifs de réhabilitation est de type industriel.
Dans l'optique d'un traitement des pollutions par biodégradation pour une durée maximale de 3 ans, une proposition technique et financière transmise en décembre 2012 détaille les objectifs à atteindre :
- concentrations les plus faibles sur lesquelles l'entreprise peut s'engager (70%) ;
- constat en limite de site (dans PZ11) d'une baisse d'au moins 90% des teneurs maximales dans le panache de pollution ;
- réduction de 85% au minimum pour la phase flottante d'hydrocarbures présente au droit de PZ7.
Les mesures de gestion retenues incluent :
- l'installation d'un moyen de confinement de la pollution ;
- l'injection d'une solution de biostimulation, avec pompage ponctuel des eaux souterraines en aval hydraulique ;
- l'élimination de la phase d'hydrocarbures en PZ7 par curage, nettoyage et purge de l'ouvrage, puis par mise en place d'un écrémage passif (pour 12 mois), et le cas échéant dynamique si la phase n'est pas résorbée à temps.
Les zones suivantes ont été identifiées comme sources de pollution potentielles :
- à l'extérieur du bâtiment principal, la zone de la cuve enterrée de fioul domestique, l'emplacement de la ventilation de l'installation dédiée au chrome VI, l'ancien emplacement des compresseurs accolé au flanc nord-est du bâtiment 1 ;
- dans le bâtiment principal 1, les zones de zincage alcalin, d'oxydation anodique, le secteur d'argenture, la fosse de trichloroéthylène, la zone de l'ancienne chaîne de zinc, l'ancien secteur de nickel et chrome, la zone de l'ancien atelier de chrome dur, la zone de la station de traitement des effluents ;
- pour le bâtiment 2, la zone des anciennes chaînes de traitement et l'ancien atelier de peinture (hangar accolé au bâtiment 2) ;
- pour le bâtiment 3, la zone de stockage des produits chimiques à savoir toxiques liquides (argent, potassium, chrome VI), toxiques solides (argent) et solvants organiques (trichloroéthylène).
- pour l'ancien bâtiment 4, la zone ayant accueilli les bains de brunissage, et l'ancienne station d'épuration.
Pour ce qui est des risques pour l'homme, les voies d'exposition suivantes ont été identifiées :
- contact direct avec les sols recouverts de produits chimiques (cas du chrome VI) ;
- ingestion d'eau de boisson polluée en raison de captages d'eau potable au sein des alluvions de la Saône ;
- contact indirect avec des eaux de surface contaminées (canal du Centre).
A partir d'avril 2013 , un traitement biologique des COHV par biostimulation amenant à leurs dégradations a été mis en place. 5 injections ont été réalisées entre avril 2013 et décembre 2014 et ont amenées à un abattement des teneurs en COHV moyen d'environ 80%.
Un curage puis un nettoyage par air-lift pour la phases flottante d'HC ont également été mis en place.
Au vu des résultats obtenus (absence d'anomalie en HC , dégradation des COHV) , les traitements semblent efficaces.
La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.
Ce que cela ne prouve pas
Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.
Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.
Ce qui est recensé sur la même commune
À Champforgeuil, l'inventaire recense 7 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 1 site en instruction. Voir la page de Champforgeuil.
Un rapport daté sur cette entité
Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.
Ce que contient le rapport
- ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
- ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
- l'historique de nos captures pour ce site
- la citation exacte : source, licence, date, URL
Prix : 19 € / entité
Ce que le rapport n'est PAS
Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.
Ceci est un formulaire de commande. La demande nous parvient et nous la confirmons par e-mail avant tout paiement. Rien n'est débité à cette étape.
Vous avez une liste entière plutôt qu'une entité ? Voyez l'accès pour les professionnels.
Vous achetez, louez ou construisez ici ?
Une étude de sol se commande avant de signer, et seule elle conclut. Laissez votre demande : nous la portons aux bureaux d'études du secteur. Nous ne nous portons garants de personne.
La façon dont nous sommes rémunérés est expliquée sur la page de confidentialité.
Ce site n'est pas un site de l'administration. C'est un index indépendant, sans lien avec Géorisques, le BRGM, les DREAL ni le ministère. Pour un acte, l'état des risques officiel reste la référence.