Ancienne UIOM d'injoux-Génissiat
La pollution de ce site de Injoux-Génissiat fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.
Ce que le registre enregistre
| Identifiant du site | SSP001028001 |
|---|---|
| Statut | site dont la pollution est instruite par l'État |
| Commune | Injoux-Génissiat |
| Département | Ain |
| Instruction | En cours |
Ce que l'État en dit
=> Visite de site
Une visite d’inspection a été réalisée le 12 avril 2011. Il a été constaté que l'incinérateur de la commune d'Injoux-Genissiat a été complètement démantelé. Aucun dossier de déclaration de cessation d'activité n'avait été fourni à l’administration.
En conséquence, l’inspection des installations classées, dans son rapport daté du 6 juin 2011, demande à l’ancien exploitant de produire un dossier de cessation d’activité, et de réaliser des investigations pour connaître l’impact éventuel de l’ancien incinérateur sur les milieux environnants.
=> Investigations réalisées
Une étude hydrogéologique ainsi qu’un diagnostic de pollution des mâchefers sur le site de l’ancien incinérateur ont été réalisés par G Environnement (rapport du 19/06/2012 reçu par l’inspection le 9 juillet 2012).
Le 14 mai 2012, 15 sondages ont été réalisés, à la pelle mécanique, d’une profondeur qui varie entre jusqu’à au moins 0,7 m et au plus 3,7 m.
Les terrains en présence sont constitués de remblais, dont des remblais de démolition, et des gravats inertes d’une épaisseur pluridécimétrique à métrique reposant sur des argiles de type argile de décalcification. Le substratum calcaire n’a pas été reconnu à ces profondeurs. Dans ces remblais, il a été noté la présence ponctuelle et éparse de quelques ferrailles, pneumatiques usagés. La présence ponctuelle de mâchefers d’une extension de quelques m² au maximum a été découverte.
Un seul échantillon a été envoyé au laboratoire pour analyse, celui prélevé au droit de PP7 entre 1,5 et 2 m, au droit de la « poche » de mâchefers.
Les résultats sont les suivants :
- Après recherche des métaux (As, Cd, Cr, Cu, Hg, Pb, Ni, Zn) : les résultats ne dépassent pas les seuils observés dans le cas des « anomalies naturelles modérées » (données INRA) ;
- Après recherche des HAP : 1,3 mg/Kg ont été quantifiés ;
- Après recherche des sulfates : 1100 mg/Kg sont quantifiés ;
- Après recherche des HCT, des cyanures, des PCB : les teneurs ne dépassent pas la limite de quantification du laboratoire.
Le bureau d’études conclut que vu qu’il n’existe pas de nappe phréatique, le site de l’ancien incinérateur ne semble pas pouvoir impacter ni les sources présentes ni les ZNIEFF distantes.
=> Investigations complémentaires
Une deuxième campagne de prélèvement a été réalisée le 16 octobre 2012 (rapport de G Environnement du 19 novembre 2012), pour doser les dioxines sur les échantillons.
4 sondages ont été réalisés, un au droit des mâchefers (ES2), un sous les mâchefers (ES3), 1 sur les remblais sur la parcelle, à une trentaine de mètre au sud de l’ancien incinérateur (ES1), et trois prélèvements ont été réalisés en dehors de la parcelle pour constituer un quatrième échantillon (ES4).
Les résultats des analyses sur ES1, ES3 et ES4 montrent bien la présence de dioxines :
- Les valeurs les plus élevées en PCDD + PCDF sont celles de l’échantillon ES3 : 2500 ng/Kg, ce qui donne 18,9 ng/Kg TEQ (Toxic Equivalent) ;
- Les valeurs en PCDD + PCDF de ES1 sont environ 2 à 3 fois plus faibles, mais cependant notables : 800 ng/Kg, ce qui donne 9,05 ng/Kg TEQ (Toxic Equivalent) ;
- Les valeurs en PCDD + PCDF de l’échantillon ES4 sont beaucoup plus faibles : 41 ng/Kg, ce qui donne 0,361 ng/Kg TEQ (Toxic Equivalent).
Ces valeurs sont inférieures aux valeurs guides allemandes de restriction des cultures (40 ng/Kg TEQ), mais supérieures (pour ES3 et ES1) au seuil de précaution de 5 ng/Kg TEQ (valeur justifiant un contrôle des produits alimentaires produits).
En vue d’une éventuelle mise en décharge, ES2 a fait l’objet des analyses « déchets inertes » (CET de classe 3). Les seuils sont dépassés sur les éluats vis-à-vis des paramètres sulfates (4500 au lieu de 1000 mg/Kg) et fraction soluble (6100 au lieu de 4000 mg/kg).
Au vu des sondages réalisés, la zone de présence des mâchefers a les dimensions suivantes : 20 cm d’épaisseur, sur une surface de 12 par 25 m, soit un volume de 60 m3 environ.
Le bureau d’études conclut :
« L’analyse de l’échantillon de sol prélevé sous la poche de mâchefers n’a pas montré d’anomalie, ce qui montre qu’il ne semble pas avoir eu de diffusion de polluants depuis les sols pollués, de ce fait, l’impact potentiel vis-à-vis de l’environnement, semble négligeable. Les mâchefers ne peuvent être éliminés en décharge de classe 3.
Il n’existe pas de nappe phréatique dans le secteur, mais des circulations d’eau dans le calcaire qui constitue le substratum rocheux du secteur. Le site de l’ancien incinérateur ne semble pas pouvoir impacter ni les sources présentes sur la commune, ni les ZNIEFF distantes. »
De nouvelles investigations ont été réalisées en 2022 dans le cadre d'un projet d'implantation de parc photovoltaïque ; elles confirment les données existantes.
Il n’a en outre pas été mis en évidence d’anomalie significative en dehors de la zone [incinérateur/ancienne décharge].
Ces données permettent de considérer que le fonctionnement de l’ancien incinérateur a eu un impact négligeable hors site.
Des servitudes d'utilité publique ont été instituées sur le site par arrêté préfectoral du 20 juin 2023.
La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.
Ce que cela ne prouve pas
Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.
Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.
Ce qui est recensé sur la même commune
À Injoux-Génissiat, l'inventaire recense 11 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 1 site en instruction. Voir la page de Injoux-Génissiat.
Un rapport daté sur cette entité
Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.
Ce que contient le rapport
- ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
- ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
- l'historique de nos captures pour ce site
- la citation exacte : source, licence, date, URL
Prix : 19 € / entité
Ce que le rapport n'est PAS
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