Sols pollués

Décharge SMURFIT KAPPA

La pollution de ce site de Labouheyre fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP001021201
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneLabouheyre
DépartementLandes
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

1 - EXPLOITATION DE L'ANCIENNE DECHARGE INTERNE

L’emprise de l’ancienne décharge, occupe une superficie de 9 855 m². Elle est répertoriée auprès du cadastre selon les références suivantes :

Section N° Lieudit Surface

F 57 Bouhemi 00 ha 10 a 25 ca

F 190 1964 rue de la grande Lande 00 ha 88 a 30 ca

Cette décharge était destinée au stockage des cendres, des imbrûlés et des boues extraites des bassins de décantation.

2 - CONTEXTE HYDRAULIQUE ET HYDROGEOLOGIQUE

L’environnement du site se caractérise par un réseau hydraulique de canaux, de crastes (fossés de drainage) et de cours d’eau importants. Ainsi les fossés longeant le site rejoignent le ruisseau de Bilot, situé à environ 1 km au nord-ouest du site, soit en aval hydraulique.

Selon l'étude du 13/03/2012 réalisée par le bureau d'étude SITA REMEDIATION en vue de l'établissement de servitudes au droit de la décharge, le contexte hydrogéologique local se résume par la présence de l'aquifère superficielle du Mio-Plio-Quaternaire.

Cette nappe superficielle, directement alimenté par la pluviométrie, est constituée par les dépôts fluvio-éoliens que sont les sables des Landes. Cet aquifère, localement multicouche, induit la présence de niveaux argileux ou ligniteux de plusieurs mètres d'épaisseur.

Le sens d'écoulement global au droit du site est orienté sud-sud-est vers nord-nord-ouest, c'est à dire en direction de l'océan. On notera que le sens d'écoulement naturel peut être localement perturbé par le rayon d'influence d'un forage ou la présence de fossé drainant la nappe.

Selon les campagnes piézométriques d'avril et d'octobre 2010, le marnage de la nappe (fluctuation du niveau statique entre la période de basses eaux et de hautes eaux) est d'environ un mètre.

Malgré une bonne productivité, ce réservoir présente des caractéristiques médiocres pour l'exploitation en eau potable. Cependant, il est souvent capté par des forages à vocation agricole ou industrielle. Au regard des distances par rapport à l'ancienne décharge, du positionnement aval ou amont des points d'eau et des propriétés des captages (usages, profondeur de captage, etc..), les ouvrages susceptibles d'être vulnérables à des anomalies rencontrées au droit de la décharge sont :

- les 5 forages localisés au droit de la scierie ROL PIN ayant un usage industriel : aval hydraulique;

- les 5 forages industriels exploités par l'usine ARCHIMBAUD par l'aspersion des stockages de bois à l'est immédiat de la décharge : amont et ponctuellement aval latéral hydraulique;

- un captage à usage "eau service public" localisé à 600 m au nord ouest de la décharge en aval latéral hydraulique. En l'absence de données sur la nature de la nappe captée et de la profondeur de l'ouvrage, sa vulnérabilité a été définie comme peu probable.

3 - DIAGNOSTICS

Un premier diagnostic initial de pollution a été réalisé par la société SITA Remediation en janvier 2009 au droit de l’usine de contreplaqué SMURFIT ROLPIN dont l’emprise globale correspond à une

superficie d’environ 20 000 m².

Les résultats d’analyses ont montré :

- la présence d’anomalie significative en hydrocarbures C10-C40 adsorbés dans les sols au droit de la décharge en S1 entre 1,0 et 1,8 m et en S2 entre 4,0 et 4,7 m ;

- la présence également d’une légère anomalie en métaux et notamment en cuivre et en zinc au droit de la décharge en S2 entre 4,0 et 4,7 m,

- l’absence d’impact de la nappe au droit du site pour les substances analysées. Seul l’ouvrage PZ1, implanté en latéral aval de la décharge, présentait un impact léger en chrome dissous.

Un diagnostic complémentaire permettant de compléter les données acquises au droit de la décharge interne, des anciennes lagunes, du fossé est et de l’aire des déchets dangereux, a été mené en avril 2009, notamment sur la description lithologique des déchets et des sols.

Synthèse des données :

- Un contexte géologique caractérisé par la présence de déchets reposant sur les terrains naturels correspond à la formation des sables des landes dont le sommet est marqué par un phénomène de podzolisation formant un alios.

- Un contexte hydrogéologique marqué par une nappe d’eau souterraine très productive dont le toit est conditionné par les formations aliotiques rencontrées à la base des déchets formant la décharge

- La présence de nombreux déchets anthropiques (essentiellement constitués par des cendres, des écorces, des résines phénoliques sous forme solides et pâteuses) au droit de la décharge. De manière plus anecdotique, quelques morceaux de ferraille, de plastiques ainsi que des déblais de constructions ont également été retrouvés.

Milieu sols :

- Des anomalies en hydrocarbures C10-C40 au sein de la décharge (variant de la surface à 6,5 mètres de profondeur) dont les teneurs sont situées entre 657 mg/kg MS et 3800 mg/kg MS ;

- de légères anomalies en métaux lourds ont été mises en évidence au droit de la décharge interne pour les éléments cuivre et zinc essentiellement mais également l’arsenic, le cadmium et le nickel. Toutefois, les analyses sur lixiviat montrent que ces anomalies ne constituent pas une source de pollution pouvant migrer plus en profondeur.

Milieu des eaux souterraines (synthèse 2007-2011) :

- Des valeurs de pH situées entre 6.5 et 7 pour les piézomètres PZ2, PZ3 et PZA et entre 7,2 et 8.1 pour le piézomètre PZ1 avec une évolution continue vers les gammes basiques ;

- Des teneurs en DCO et DBO5 non négligeables sur l’ensemble des ouvrages tant en amont qu’en aval hydraulique : forte présence de matières organiques potentiellement liées à la nature des déchets stockés : écorces, résidus de bois etc. ;

- Des teneurs en azote kjeldahl élevées pour tous les échantillons potentiellement associées à la décomposition de la matière organique ;

- Des teneurs en aluminium et en fer réparties de façon hétérogènes en fonction des ouvrages et des campagnes d’analyses. Ces valeurs restent néanmoins significativement élevées au regard des teneurs généralement rencontrées.

On notera :

- la présence au droit de la décharge de piézomètres captant la nappe dont le toit est situé au niveau des formations aliotiques composées de sable, d’aluminium, de silice

et de fer et rencontrées à la base de la décharge ;

- une décroissance des teneurs en Al et Fer au droit des ouvrages situés en aval hydraulique du site (usine ROL PIN) ;

- l’absence d’un impact en fer et aluminium au droit des forages AEP captés sur la commune de Labouheyre (données de l’ARS).

4 - TRAVAUX DE REHABILITATION DE LA DECHARGE INTERNE

L'arrêté du 09/01/2007 prescrit la remise d'un dossier de réhabilitation dans le délai de 6 mois.

Le 06/012/2011, le principe des travaux de réhabilitation est défini consistant au recouvrement étanche des déchets permettant de supprimer les voies de transfert des polluants à savoir: contact cutané, envol de poussières et infiltration des eaux pluviales.

Le plan de gestion a fait l'objet de la note technique SITA REMEDIATION du 13/03/2012.

Les travaux se sont déroulés du 6 février au 04 juillet 2012.

Ces travaux ont consisté :

- au nettoyage de la parcelle en limite de site recouverte par de la végétation et des arbustes, avec démantèlement de l’ancienne clôture vétuste ;

- au modelage des déchets en un dôme dont l’emprise au sol est de 7 400 m² et la hauteur de 6 m ;

- à la mise en place d’un réseau de captage et de surveillance des biogaz ;

- au recouvrement du dôme par un complexe étanche constitué d’un géotextile 500 grs/m², d’une géomembrane PEHD texturée 2 faces d’une épaisseur de 1,5 mm et d’un géocomposite drainant ;

- à la mise en oeuvre d’une couche de terre végétale locale, inerte selon l’arrêté du 28 octobre 2010, sur une épaisseur de 0,2 m et végétalisée par hydroseeding (ensemencement à haute pression). Ce complexe de végétalisation permet de stabiliser les talus et de limiter l’érosion et l’envol des sols inertes de recouvrement ;

- La réalisation d’un fossé drainant ceinturant le dôme et dirigeant les eaux de ruissellement vers l’exutoire en aval hydraulique ;

- La mise en place du nouveau réseau de surveillance de la qualité des eaux souterraines,

- La mise en place d’une clôture de 2 m de haut et d’un portail d’accès depuis la rue de Grande Lande (séparation de l’accès au site avec la parcelle voisine de l’usine ROL PIN).

Le rapport de fin de travaux a été rédigé par SITA REMEDIATION le 20/06/2012 et transmis à la DREAL le 05 juillet 2012.

5 - SURVEILLANCE DES EAUX SOUTERRAINES

Le site SMURFIT KAPPA ROL PIN, comprenant l'usine de fabrication de panneaux de particules et la décharge interne, est soumis à l’application de l’article 65 b) de l’arrêté ministériel du 2 février 1998 modifié relatif à la surveillance des eaux souterraines de par ses activités passées et pour surveiller l'ancienne décharge interne et les anciennes lagunes de traitement des eaux résiduaires.

L'arrêté préfectoral du 13 novembre 2002 prescrit la surveillance semestrielle des eaux souterraines par 6 piézomètres dans lesquels on mesure les paramètres métaux, Zn, Cu, Ni, Al, Fe, Cr, Cd, Pb, As,pH, conductivité, DCO, DBO, Azote global,Phosphore global

Cet arrêté encadre également la surveillance de la nappe autour de la décharge.

Voir résultats page 6.

6 - RESTRICTIONS D'USAGES

L'arrêté du 09/01/2007 prévoit la mise en place de servitudes d'utilité publique sur l'emprise de la décharge interne, sur proposition de l'exploitant lors de la notification de cessation définitive d'activité.

La cessation d'activité est intervenu le 20/10/2010 lors de la cession du site ROL PIN.

Le 03/04/2012, la société SMURFIT KAPPA ROL PIN propose à la DREAL les règles de servitudes.

- Usages autorisés :

Sont autorisés les occupations et utilisations du sol à usages industriels.

La responsabilité des travaux découlant d’un changement d’usage, par rapport aux usages autorisés pré-cités, incombe à l’aménageur et au maître d’ouvrage, qui peuvent s’appuyer sur les compétences de bureaux d’études et experts pour la mise en oeuvre des outils mis en place par le MEDDTL.

- Limitation au droit de construction :

Sont notamment interdits toutes constructions à usage :

· commercial et tertiaire ;

· résidentiel ;

· établissements accueillant des populations sensibles de type : crèches, écoles, collèges ;lycée etc.(arrêté du 8 février 2007).

Sont également interdits tous types de constructions et d’ouvrages susceptibles de nuire à la conservation de la couverture du site.

- Utilisation des sols et du sous-sol :

Sont interdits :

· les affouillements et creusements de toutes sortes, à l’exception de ceux nécessaires à la

viabilisation et à la réalisation des constructions et aménagements autorisés (trous, tranchées, réalisation de fondations, de sous-sol, etc.) dès lors qu’ils sont conformes aux prescriptions particulières décrites ci-dessous,

· les puits et forages.

- Prescriptions particulières :

· l’usage est limité à un usage industriel,

· le propriétaire devra garder en mémoire l’historique du site et respecter les prescriptions particulières d’utilisation des sols et du sous-sol,

· tous les travaux envisagés au droit des parcelles ne doivent pas nuire à la conservation de la structure de recouvrement des déchets ainsi qu’aux ouvrages de suivi des milieux,

· le personnel d’entretien du site et de manière générale toute personne amenée à réaliser des travaux susceptibles de toucher les sols, devra être sensibilisé aux précautions à prendre en matière de protection,

· en cas de travaux de remaniement des sols (excavation de sols, réalisation de fondations, de sous-sols, etc.) notamment sur les zones situées hors emprise du dôme de déchets, un contrôle de la qualité environnementale des sols devra être entrepris. Si nécessaire, des

mesures relatives à la santé, à l’hygiène, à la sécurité et à la prévention des éventuels transferts de pollution devront être appliquées, en particulier afin d’assurer la protection du personnel réalisant les travaux et des tiers,

· en cas d’affouillements ou de creusements des sols, les terres extraites présentant des indices de pollution seront stockées sur le site et caractérisées (analyses en composés

organiques HCT sur brut + métaux lourds sur brut et lixiviat) :

- Les terres comportant des déchets industriels et des indices organoleptiques de pollution seront évacuées et éliminées selon des filières autorisées au titre de la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement,

- Les terres ne contenant pas de déchets industriels, aucun indice organoleptique de pollution et présentant des teneurs inférieures aux seuils d’acceptation en installation de stockage des déchets inertes conformément à l’arrêté du 28 octobre 2010, pourront être réutilisées sur site, hormis en terre de couverture d’espaces

verts ou zones extérieures non recouvertes.

· sur les zones destinées à être aménagées en espaces verts ou en zones extérieures sans revêtement, si les terres superficielles présentent des indices de pollution, elles devront soit être décapées et recouvertes de matériaux sains, soit seulement recouvertes de matériaux sains.

Le décapage sera effectué sur au moins 30 cm d’épaisseur pour les espaces verts d’agréments et autres usages moins sensibles. Les fouilles seront comblées par des matériaux sains.

Dans le cas d’une simple couverture, l’épaisseur de matériaux de recouvrement suivra les mêmes caractéristiques.

· toute nouvelle canalisation d’amenée d’eau potable au droit du site devra être isolée des terres si passage enterré dans des zones identifiées polluées. L’isolation peut être réalisé par une gaine de protection ou une couche de matériau sain de faible perméabilité autour

des canalisations, l’utilisation de canalisations en matériau imperméable de type fonte, le passage dans des galeries techniques, le passage en aérien, etc.

Contenu des servitudes relatives aux usages des eaux

souterraines au droit du site :

- Interdiction d’utilisation de la nappe sur le site (tous les forages, puits ou les ouvrages de captage d’eau dans la nappe)

- Servitude d’accès :

L’accès aux piézomètres visés par le programme de surveillance des arrêtés d’exploitation du 9 janvier 2007 et du 13 novembre 2002, devra être assuré à tout moment à SMURFIT KAPPA ou à toute autre personne mandatée par celui-ci.

- Modifications d’usage :

Tout projet d’intervention remettant en cause les conditions d’utilisation de la nappe, par une quelconque personne physique ou morale, publique ou privée, nécessite la réalisation préalable, aux frais et sous la responsabilité de la personne à l’initiative du projet concerné, d’études techniques garantissant l’absence de risque pour la santé et l’environnement en fonction des investigations projetées.

L'arrêté instituant les servitudes d'utilité publique est signé le 26 mars 2014 (voir document § F page 6 ).

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Labouheyre, l'inventaire recense 64 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 3 sites en instruction. Voir la page de Labouheyre.

Un rapport daté sur cette entité

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Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
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Ce que le rapport n'est PAS

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