Sols pollués

Mines du Bourneix

La pollution de ce site de Jumilhac-le-Grand fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.

Ce que le registre enregistre

Identifiant du siteSSP000940501
Statutsite dont la pollution est instruite par l'État
CommuneJumilhac-le-Grand
DépartementDordogne
InstructionEn cours

Ce que l'État en dit

1 - DIAGNOSTIC

Le stockage de stériles miniers est implanté dans un vallon très encaissé, qui à l'origine était drainé par le ruisseau des Fouilloux. Ce ruisseau a été dévié de la zone de stockage et remplacé par un drain de collecte des percolats.

La caractéristique des stériles stockés est la présence et le relargage d'arsenic par les eaux de percolation. La concentration est de 30 à 40 mg/l en sortie de digue.

L'évaluation des risques réalisée en 1999 a classé le site en 2 "à surveiller" pour les eaux superficielles.

Il n'y a pas de nappe.

2 - TRAVAUX

Les percolats sont pompés en pied de digue et envoyés directement à la station de traitement des eaux résiduaires située sur le carreau de traitement du minerai d'or (Haute-Vienne). Après traitement, le rejet autorisé dans l'Isle est de 100 µg/l.

Le débit du drain en pied de digue est de 1500 à 2000 m3 par semaine. Il est peu probable qu'on atteigne le rejet "zéro" même à long terme à cause de la semi-perméabilité de la couverture et des entrées latérales potentielles d'eau.

L'arrêté du 8 janvier 1990 portant augmentation de capacité du stockage a prévu les dispositions de remise en état du site.

Cette remise en état a démarré en janvier 1998 par le démontage des ouvrages, l'aménagement de la crète de digue, la mise en place d'un bidim et de caneaux latéraux, la pose des ouvrages de contrôle de stabilité, l'ensemencement, la pose de la clôture, etc.

La partie supérieure du dépôt (lagune) a reçu un remodelage et une couche de terre.

Le projet de réaménagement prévoyait l'assèchement du dépôt et la suppression progressive de la production de percolats à travers le drain. Le 1er juillet 2003, la DRIRE contate qu'une lagune subsiste toujours en tête du dépôt, alimentée par les entrées d'eau superficielles amont.

L'arrêté préfectoral du 5 mai 2004 prescrit le suivi de la stabilité de la digue et de la qualité des eaux du ruisseau au droit du site ainsi qu'une étude sur la déviation des eaux superficielles en amont et le confinement du dépôt. L'échéance finale est le 12 novembre 2007.

Ces travaux ont été réalisés de juin 2004 à novembre 2005 avec 2 ans d'avance par rapport au délai de 3 ans fixé par l'arrêté, pour un coût global de 1,5 M€, études comprises.

Le rapport final d’exécution des travaux a été remis à l’Inspecteur des Installations Classées lors de la visite de récolement du 19 octobre 2006 :

- La surface est constituée de 2 dômes, séparés par une piste centrale, de faible pente (environ 0,5%) mais suffisante pour évacuer les eaux superficielles en périphérie du site par les fossés ci-dessus,

- la pente de 0,5% prévue est plus importante en rive droite (1%),

- la perméabilité finale de la couverture est plus proche des 10-6 m/s que des 10-7 m/s initialement prévus,

- il n'est pas improbable que des sources latérales alimentent le talweg,

- le bilan hydrique du site et les coupes de principe et la hauteur des couches sont à fournir,

- Le débit du drain est de 1500 à 2000 m3 par semaine. Il est peu probable qu'on atteigne l'objectif de débit "zéro", même à long terme pour les raisons évoquées ci-dessus,

- La couverture est engazonnée mais encore clairsemée,

- Le site est entièrement clos par une clôture grillagée rigide de 2 mètres de hauteur. Les entrées sont fermées et cadenassées.

Le 11/12/2007, depuis le réaménagement de la lagune, on observe une augmentation importante et une grande variabilité des débits drainés, probablement dûs à des zones d'infiltration non étanches en tête de digue.

Stabilité de la digue :

- Les plots d’auscultation ont été remis en place après les travaux de couverture,

- Le rapport d'ausculation a été remis a la DRIRE le 12 octobre 2006,

- Les 3 bornes de suivi sont en place sur la crête de la digue,

- Les 3 bornes de suivi sur le cavalier de pied de digue figurent sur le plan topographique.

3 - Percolats en pied de digue

Les percolats sont pompés en pied de digue et envoyés directement à la station de traitement des eaux résiduaires située sur le carreau de traitement du minerai d'or (Haute-Vienne).

Pour 2006, 2200 m3 en moyenne hebdomadaire ont été recueillis avec une concentration moyenne en arsenic de 11,6 mg/l.

En 2007, le débit moyen a été de 16 m3 par h (2680 m3/semaine)avec une concentration moyenne de 12,7 mg/l.

Pour le 1er semestre 2008 : 3367 en moyenne hebdomadaire et une concentration moyenne en arsenic de 13,4 mg/l.

La tendance semble donc être l'augmentation des débits drainés, probablement dûs à des zones d'infiltration non étanches en tête de digue.

En 2008, le débit moyen a été de 19m3/h avec une concentration moyenne en Arsenic de 13,7 mg/l.

Les résultats confirment la tendance à l’augmentation constante du débit des percolats et de leur concentration en arsenic observée depuis trois ans.

Cette situation corrobore les conclusions du bilan hydrique réalisé par ANTEA en 2007 qui met en avant les entrées d’eau en grande majorité par la couverture et par les infiltrations dans le bassin versant. Dans une moindre mesure, les entrées proviennent également des fossés de ceinture, de la digue et de l’étang amont.

Le bilan hydrique montre que 90% des eaux qui tombe sur le massif sont infiltrées dans ce dernier.

dans le massif

La perméabilité de la couverture, de 10-6 m/s (initialement prévue de 10-7 m/s dans votre dossier de réhabilitation), est, de toute évidence, insuffisante.

Cette situation est évidemment très éloignée des objectifs généraux de l’arrêté ci-dessus et notamment de l’objectif de « zéro rejet » fixé à son l’article 2.3 relatif au confinement du stockage.

Le 14/08/2009, la DRIRE demande à AREVA fournir dans le délai de 3 mois, le programme de travaux qu’il conviendrait de mettre en place afin de rendre la réhabilitation du site en conformité avec l’arrêté préfectoral du 05 mai 2004 et ses objectifs.

Ce programme devra s’appuyer sur un bilan « coûts/avantages » des solutions techniques et économiques à mettre en œuvre.

Le 26/02/2010, AREVA envisage de tester un ajout de bentonite sur la couverture sur une planche d'essai de 1500 m2.

Le 3/03/2012 AREVA analyse les causes de l'augmentation des débits de 7 à 14 m3/h pour la période 1995-2005 et de 8 à 21 m3/h pour la période 2006-2011:

- pente inversée, pente faible, stagnation des eaux, infiltrations fortes,

- caniveau rive gauche présente une grande perméabilité,

- eaux propres mélangées aux eaux du drain,

- zone amont stockage, infiltration potentielle.

4 - surveillance des eaux superficielles

L'arrêté préfectoral du 5 mai 2004 prescrit le suivi mensuel de la qualité des eaux du ruisseau Noir en amont et aval du site.

Les analyses mensuelles de 2006 ne montrent pas d'impact du dépôt par l'Arsenic. La moyenne des concentrations sur l'Isle à l'aval est de 0,023 mg/l, la teneur ajoutée par rapport à l'amont est en moyenne de 2 µg/l.

En 2007, La moyenne des concentrations sur l'Isle à l'aval est de 0,030 mg/l et de 0,038 mg/l à l'amont.

En 2008, La moyenne des concentrations sur l'Isle à l'aval est de 0,025 mg/l et de 0,057 mg/l à l'amont.

5 – Servitudes

Les restrictions d'usage figurant à l'article 7 de l'arrêté préfectoral du 05 mai 2004 ont été inscrites au registre à la conservation des hypothèques (Service de la publicité foncière) de Périgueux le 07/03/2007.

La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.

Ce que cela ne prouve pas

Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.

Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.

Ce qui est recensé sur la même commune

À Jumilhac-le-Grand, l'inventaire recense 19 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 1 site en instruction. Voir la page de Jumilhac-le-Grand.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
  • l'historique de nos captures pour ce site
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 € / entité

Ce que le rapport n'est PAS

Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.

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