RETIA (ex ARKEMA - ATOFINA)
La pollution de ce site de Villard-Bonnot fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.
Ce que le registre enregistre
| Identifiant du site | SSP000859701 |
|---|---|
| Statut | site dont la pollution est instruite par l'État |
| Commune | Villard-Bonnot |
| Département | Isère |
| Instruction | En cours |
Ce que l'État en dit
L'ensemble du site, en activité, est gardienné, clôturé, avec interdiction d'accès.
--------------------------------------------------------------------
Suite à la découverte d'une pollution historique au mercure, un arrêté d'urgence n°99-62-73 du 30/08/1999 a imposé à l'exploitant la remise d'un diagnostic sous un délai de 6 mois à compter de cette date de notification (reporté à 10 mois par arrêté préfectoral n°2000.3939 du 08/06/2000) et un premier rapport d'étapes sous trois mois.
Le diagnostic a été transmis à la DRIRE le 27/07/2000.
Les travaux réalisés sont les suivants:
- 1er bâchage : 09/09/1999 ;
- débâchage 15/09/1999 --> 31/01/2000 pour mise en place
terres complémentaires et réparation membrane endommagée ;
- 2ème bâchage : 08/02/2000 ;
5323 m3 de terres ont été stockées sur site.
--------------------------------------------------------------------
Cet établissement relève des critères de la circulaire du 03/04/1996 relative aux études de sol.
Cette circulaire prévoit la réalisation de diagnostics initiaux et de l'évaluation simplifiée des risques sur les sites industriels en activité. L'objectif de ces études est de classer les sites, au regard de la pollution du sol et du sous-sol en trois groupes :
- les sites "banalisables" pour l'usage déclaré (actuel ou prévu) ;
- les sites à surveiller ;
- les sites nécessitant des investigations approfondies.
L'étude de sol a été imposée par l'arrêté préfectoral n° 78.8366 du 01/12/1998. Elle a été transmise le 30/01/2001.
Une surveillance des eaux souterraines du site est réalisée.
Cette surveillance fait l'objet de prescriptions techniques (modalités prélèvements, analyses, fréquences,...) imposées par Arrêté Préfectoral du 29/03/2000.
--------------------------------------------------------------------
Suite à la cessation d'activité de la société ATOFINA, la société RETIA s'est vue imposer par l'arrêté préfectoral du 17/12/2007, un mémoire environnemental complémentaire, une évaluation de la compatibilité de l'état des milieux hors site avec les usages actuels ou planifiés et la mise en oeuvre d'un surveillance trimestrielle de la qualité des eaux souterraines.
Le mémoire environnemental complémentaire a été transmis par courrier du 14/02/2008 à la Préfecture.
* Diagnostic complémentaire :
39 sondages complémentaires ont été réalisés hors zone mercure.
Ces compléments d'investigations ont permis de confirmer le diagnostic de pollution sur l'ensemble du site.
Du plomb a été décelé à proximité du piézomètres PZ1bis jusqu'à 4 m de profondeur à 37600 mg/kg.
Ce rapport a fait l'objet d'un examen par l'inspection des installations classées qui propose au Préfet, dans son rapport du 22/04/2008, d'informer la société RETIA de fournir des éléments complémentaires sur le site et hors site, ainsi que la réalisation d'une tierce expertise des éléments du dossier.
La société CSD AZUR a remis sont rapport d'expertise à la DRIRE le 23/10/2008.
Suite à l'analyse du tiers-expert, des compléments ont été demandés sur :
- la présence résiduelle éventuelle de benzidine ;
- les possibilités de présence sur le site de phosphore rouge ;
- les comportements du site en cas d'inondation ou de remontée de nappe.
Ces éléments ont transmis par l'exploitant le 25/03/2009 :
- la benzidine a été détectée dans les sols à proximité de l'ancienne zone de production, située au cœur de la zone la plus polluée (zone dite "mercure") ;
- la présence du phosphore rouge n'est pas fortuite sur le site car sa synthèse nécessite des températures et des pressions très élevées, ne pouvant être mises en œuvre que dans la cadre d'un procédé contrôlé ;
- le lessivage des sols par les eaux de la nappe ou par inondation par le ruisseau du Laval est relativement faible.
* État des milieux hors site :
Des analyses hors site ont été menées selon le protocole du 31/10/2007 proposé par la société RETIA et validé par la DRIRE, la DDAF et la DDASS.
Le protocole consiste à des investigations dans les sols, les eaux superficielles et les sédiments, ainsi que le suivi de la qualité des eaux souterraines utilisées par les particuliers via le piézomètre Pzaval.
Ces investigations ont mis en évidence :
- la présence de métaux dans les sols hors site avec du mercure détecté sur 3 des 4 sondages à des concentrations correspondant à la gamme des sols à anomalie modérée, du cadmium, du cuivre, du plomb, du zinc et du titane (autour de 150 mg/kg) ;
- des PCB et des HAP avec des teneurs maximales au niveau du point amont GLD ;
- les analyses des eaux superficielles tendent à montrer que le site pourrait avoir un impact sur la Chantourne en phosphore. Pas d'anomalie significative au niveau de l'Isère et de Laval ;
- au niveau des sédiments, un point en amont de la Chantourne montre la présence de cuivre, plomb et mercure.
Au regard de ces résultats, l'inspection des installations classées propose au Préfet d'imposer la société RETIA par voie d'arrêté préfectoral, la réalisation de d'investigations complémentaires dans les milieux hors site, selon un programme analytique élaboré par l'exploitant et validé préalablement par la DREAL et la DDASS.
* la surveillance des eaux souterraines :
La surveillance a été reprise en septembre 2006 suite à l'arrêt des activités du site.
A la demande de la DRIRE, PZaval a été ajouté au réseau de surveillance pour contrôler la qualité des eaux souterraines utilisées par les particuliers pour l'arrosage des jardins potagers.
Les paramètres analysés sont les HCT, les COHV, les métaux, les cyanure stotaux, les PCB, les HAP, l'acrylamide, les chlorures, les sulfates et l'ammonium.
Les résultats montrent :
- présence de chlorure de vinyle au droit de PZ2bis, jusqu'à 24,6 µg/L lors de la campagne de septembre 2008. Cependant, la contribution du site à ces fortes teneurs est à relativiser au regard d'un "passage" constaté de composés polychlorés au droit de PZ1bis. Les teneurs de chlorure de vinyle pourrait alors résulter de la décomposition de ces composés lors de leur transfert dans la nappe. Les résultats analytiques confirment cette hypothèse ;
- le 1,1-dichloroéthane est détecté ponctuellement au droit de Pz5 à des teneurs comprises entre 2et 3,7 µg/L ;
- l'arsenic est détecté au droit de Pz2bis jusqu'à 27 µg/L en janvier 2007. La moyenne sur l'ensemble des analyses réalisées depuis fin 2006, est de 15 µg/L. lors de la campagne de novembre 2008, la teneur en arsenic était de 21 µg/L ;
- le plomb a été détecté au droit de Pz1bis à des concentrations élevées en septembre 2006. Cette teneur a baissé jusqu'à ne plus être détectée en mai 2007. Il a été de nouveau détecté lors de la campagne de novembre 2008 jusqu'à 23 µg/L. Sa présence à conduit à des investigations complémentaires qui ont permis d'identifier une poche de pollution au plomb dans les sols à proximité de PZ1bis ;
- le molybdène est régulièrement détecté sur plusieurs piézomètres en aval du site, notamment au droit de PZ2bis (jusqu'à 116 µg/L en septembre 2007). Il est aussi détecté dans les piézomètre en aval hors site mais à des teneurs ne dépassant pas les valeurs seuil ;
- l'aluminium est systématiquement détecté au droit de PZ8bis. Lors de la dernière campagne, la teneur détectée était de 580 µg/L. Il est également détecté sur le piézomètre en amont hors site à des teneurs inférieures à 200 µg/L. En aval hors site, il a été détecté qu'une seule fois en juin 2008 à 360 µg/L ;
- le phosphore est régulièrement détecté sur l'ensemble des piézomètres à des teneurs pouvant atteindre jusqu'à 1080 µg/L en juillet 2007 au droit de PZ2bis ;
- le titane est ponctuellement détecté au droit de PZ8bis jusqu'à 15 µg/L.
* Mesures de réhabilitation et restrictions d'usage :
L'usage futur envisagé pour le site est un usage de industriel ou artisanal.
La société RETIA a confirmé que la poche de plomb identifiée au niveau de PZ1bis serait excavée et envoyée en CET 1. Mais n'a pas précisé le seuil de réhabilitation pour ce polluant.
Des calculs de risque sanitaires ont été effectués pour des employés circulant sur le site à l'intérieur et extérieur des bâtiments.
Les résultats ont montré un risque inacceptable pour les effets à seuil (non cancérogène) du mercure.
Pour les effets cancérogènes, les calculs donnent un risque acceptable, les composés pris en compte étant le TCE et le chlorure de vinyle.
La société RETIA propose :
- l'encapsulation de la zone "mercure" par une géomembrane et mise en place de barrières latérales en bentonite et ciment. Le volume à traiter, pour un seuil critère de 22 mg/kg de mercure, est d'environ 30000 m3 ;
- la mise en place de servitudes d'utilité publique pour limiter un usage à un type industriel, éviter d'endommager les ouvrages de confinement, privilégier les solutions de réaménagement de nécessitant pas de remaniement des sols et prévoyant une imperméabilisation, préconiser la mise en place de géomembranes et de vides sanitaires ventilés au droit des futurs bâtiments.
Le rapport de l'inspection des installations classées datant du 13/09/2010, propose deux projets d'arrêtés fixant :
- les objectifs de réhabilitation du site et les mesures de prévention des pollutions et de surveillance des milieux à prendre en compte pendant la phase travaux ;
- la réalisation d'un programme d'investigations complémentaires hors site ;
- la remise d'un dossier pour l'institution des restrictions d'usage sur l’ensemble du site.
En parallèle, l'inspection a sollicité l'avis du BRGM sur le contenu des documents remis par la société RETIA concernant la maîtrise de l'impact à long terme du site sur la qualité des eaux souterraines.
L'exploitant devra répondre aux points d'incertitude soulevés par le BRGM lors de la mise en application de l'arrêté relatif aux travaux sur site et notamment dans le dossier préalable à la réalisation des travaux.
L'arrêté préfectoral fixant les objectifs de réhabilitation et travaux sur site a été émis le 07/07/2011.
L'arrêté préfectoral imposant des investigations complémentaires hors site a été émis le 07/07/2011.
Le compte rendu de la réunion du 18/12/2012 sur l'avancée du diagnostic approfondi, de l'évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS) et du plan de gestion indique :
* Diagnostic approfondi
- il a été réalisé des mesures des teneurs en mercure en surface et à 15 cm de profondeur. Quelques points présentaient une concentration supérieure à 150 mg/kg au niveau de la zone à maillage fin (procédé Niton) jusqu'à 800 mg/kg ;
- des prélèvements des sols ont été effectués :
Des anomalies ponctuelles ont été détectées pour l'arsenic jusqu'à 428 mg/kg, pour le cadmium jusqu'à 6,49 mg/kg, pour le nickel jusqu'à 236 mg/kg et le vanadium jusqu'à 542 mg/kg.
De fortes anomalies ont été détectées pour le phosphore jusqu'à 19100 mg/kg, le plomb jusqu'à 23000 mg/kg (au niveau de PZ1bis), le zinc jusqu'à 3410 mg/kg et le cuivre jusqu'à 1650 mg/kg.
Pour le mercure, un sondage dans la zone de maillage fin montre un impact jusqu'à 5290 mg/kg.
Un impact en HCT a été détecté sur la zone de maillage fin à 41000 mg/kg.
Des impacts aux PCB ont été décelés jusqu'à 11,15 mg/kg sur les zones de maillage fin et élargi.
Des pollutions ponctuelles en HAP ont été trouvées jusqu'à 74,8 mg/kg, en TCE jusqu'à 2,67 mg/kg et PCE jusqu'à 4,13 mg/kg.
* L'EQRS
2 EQRS ont été conduites.
- l'une prenant en compte l'ensemble des substances présentes sur le site :
Les mesures de gestions possibles sont le recouvrement avec servitudes, l'excavation avec gestion spécifiques des terres et un traitement spécifique des mailles associées au point AW10 et au point BD16.
L'étude propose un seuil de réhabilitation de 2,5 mg/kg pour les PCB, 5000 mg/kg pour les HCT, 600 mg/kg pour le plomb, 370 mg/kg pour le mercure, 20 mg/kg pour l'arsenic, soit environ 33500 m3 de terres à traitées.
- l'autre uniquement celles dont RETIA reconnait la responsabilité :
Les mesures de gestions possibles sont le recouvrement avec servitudes, l'excavation avec gestion spécifiques des terres et un traitement spécifique des mailles associées au point AW10.
L'étude propose un seuil de réhabilitation de 2,5 mg/kg pour les PCB et 5000 mg/kg pour les HCT, soit environ 2500 m3 de terres à traitées.
* Plan de gestion
Plusieurs solutions techniques sont envisagées :
- traitement hors site, sur site ou confinement sur site pour les composés organiques ;
- traitement hors site et confinement pour les métaux hors mercure ;
- traitement hors site, désorption thermique ou stabilisation par sulfuration et confinement sur site.
La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.
Ce que cela ne prouve pas
Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.
Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.
Ce qui est recensé sur la même commune
À Villard-Bonnot, l'inventaire recense 39 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 2 secteurs d'information sur les sols et 1 site en instruction. Voir la page de Villard-Bonnot.
- Papeterie de Lancey — secteur d'information sur les sols
- Station service Relais des 7 Laux (Ex. TOTAL) — secteur d'information sur les sols
Un rapport daté sur cette entité
Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.
Ce que contient le rapport
- ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
- ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
- l'historique de nos captures pour ce site
- la citation exacte : source, licence, date, URL
Prix : 19 € / entité
Ce que le rapport n'est PAS
Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.
Ceci est un formulaire de commande. La demande nous parvient et nous la confirmons par e-mail avant tout paiement. Rien n'est débité à cette étape.
Vous avez une liste entière plutôt qu'une entité ? Voyez l'accès pour les professionnels.
Vous achetez, louez ou construisez ici ?
Une étude de sol se commande avant de signer, et seule elle conclut. Laissez votre demande : nous la portons aux bureaux d'études du secteur. Nous ne nous portons garants de personne.
La façon dont nous sommes rémunérés est expliquée sur la page de confidentialité.
Ce site n'est pas un site de l'administration. C'est un index indépendant, sans lien avec Géorisques, le BRGM, les DREAL ni le ministère. Pour un acte, l'état des risques officiel reste la référence.