TRW SYSTEMES DE FREINAGE (EX LUCAS TRW)
La pollution de ce site de Bouzonville fait l'objet d'une instruction en cours par les services de l'État.
Ce que le registre enregistre
| Identifiant du site | SSP000841601 |
|---|---|
| Statut | site dont la pollution est instruite par l'État |
| Commune | Bouzonville |
| Département | Moselle |
| Instruction | En cours |
Ce que l'État en dit
Détection de la pollution :
Des études de sols ont été prescrites à l'exploitant par arrêtés préfectoraux du 17 juin 1999 et 10 octobre 2001. Ces premières études ont démontré la nécessité de mettre en place une surveillance de la qualité des eaux souterraines au droit du site. Aucune mesure de gestion ne semblait nécessaire dans l’immédiat. Cette surveillance a été prescrite par arrêté préfectoral du 4 janvier 2002. Dans les faits, elle est réalisée depuis 2000, à fréquence semestrielle.
En 2007, un écoulement anormal d'effluents chargés en chrome VI notamment rejoignant le canal présent au nord du site (eaux superficielles) a été découvert de manière fortuite. Suite à ce constat, des mesures d’urgence ont été imposées à l’exploitant, par arrêté préfectoral n° 2007-DEDD/IC-190 afin d’arrêter les rejets d'eaux chargées en chrome et de mettre en œuvre les mesures de gestion appropriées et de surveillance les rejets.
Les investigations réalisées en réponse à cet arrêté ont mis en évidence que cette pollution est véhiculée par une ancienne conduite d’eau pluviale dont une partie de ce réseau était toujours en service pour l’évacuation des bâchées de la station de neutralisation. Une contamination des sols autour de la rétention de l’installation de chromage qui présente des défauts d’étanchéité a été mise en évidence. Un carneau identifié au droit de ce secteur agirait comme un drain de cette contamination vers l’extérieur du site. Les investigations réalisées sur les milieux ont par ailleurs confirmé la contamination des eaux souterraines mais aucun impact sur la qualité des eaux superficielles et des sédiments du canal n’a cependant été mis en évidence.
Suite à ces investigations, des premiers travaux ont été engagés :
- modification du process industriel afin de ne plus alimenter le bassin de rétention avec une eau chargée en chrome ;
- étanchéification de la rétention de l’installation de chromage ;
- nettoyage et murage du carneau sur les 2/3 de sa hauteur.
Compte tenu de la persistance d’incertitudes sur l’impact du site sur les eaux souterraines, l’arrêté préfectoral du 1er septembre 2009 a notamment prescrit la réalisation d'investigations complémentaires. Celles-ci ont démontré que des incertitudes subsistaient quant à l’étendue hors site du panache de pollution et que de nouvelles investigations étaient nécessaires avant de pouvoir envisager de proposer des mesures de gestion.
Les études d’investigations menées sur ce site entre 1996 et 2011 ont permis de détecter et de caractériser une pollution des eaux souterraines, principalement par des Composés Organiques Halogénés Volatils (COHV) et du chrome hexavalent (CrVI), avec un impact hors des limites du site (jusque 130 mg/l en CrVI et 1 600 µg/l en COHV au cœur du panache, avant mise en œuvre de mesures de gestion).
Un plan de suivi de la qualité des milieux (eaux superficielles, eaux souterraines, gaz des sols et air ambiant) a, par conséquent, été défini. En outre, des premières mesures de traitement ont été mises en place, à savoir un pompage-traitement des eaux souterraines en limite aval du site (traitement effectif de décembre 2011 à septembre 2014), et un traitement par biostimulation in-situ hors site au droit du panache (traitement démarré en octobre 2013). Parallèlement à la mise en œuvre de ces premières mesures, un plan de gestion a été défini ; ce plan de gestion prévoit notamment, en remplacement du pompage-traitement sur site, la mise en place d’un système de parois étanches équipées de portes filtrantes en limite aval du site. Cette barrière a été activée fin juillet 2014.
L’arrêté du 25 octobre 2011 susvisé encadre ces différentes mesures de gestion ; il prescrit notamment :
- le confinement de la pollution sur site ;
- le traitement de la pollution sur site ;
- des investigations complémentaires dans la zone non saturée des sols, sur site ;
- le traitement de la pollution hors site ;
- la surveillance des milieux (eaux souterraines, eaux superficielles, air ambiant, gaz de sols).
Etat environnemental du site - situation en mars 2016 :
a) Eaux souterraines
Les rapports de surveillance ont mis en évidence un impact notable en chrome (principalement chrome VI), mais également en COHV, sur les eaux souterraines.
Cette contamination des eaux souterraines s’étend à l’extérieur du site et atteint les puits privés recensés par l’exploitant dans ses études. En l’état actuel des connaissances, les puits impactés ne sont pas utilisés.
Un arrêté municipal de juillet 2011 interdit tout usage des eaux souterraines.
b) Air ambiant
Compte tenu de la présence de polluants volatils dans les eaux souterraines, des analyses de la qualité de l’air ambiant ont également été réalisées sur et hors site. Un impact de la qualité de l’air en COHV (TCE et PCE notamment) est mis en évidence sur site et hors site.
c) Eaux superficielles et sédiments
Aucun impact n’est constaté à ce jour sur la qualité des eaux superficielles du canal et des sédiments.
Il n'est pas exclu que la nappe d'eau souterraine soit en lien avec la canal en aval hydraulique du site
Mesures de gestion mises en oeuvre :
a) Confinement de la pollution sur site :
De décembre 2011 à fin août 2014, l’exploitant avait mis en œuvre un dispositif consistant à pomper les eaux souterraines, à les traiter sur site par passage au travers de filtres à charbon (pour le traitement des COHV), puis à diriger ces effluents vers la station physico-chimique du site (pour le traitement du chrome). Ce dispositif a permis de récupérer 630 kg de chrome hexavalent et environ 6 kg de COHV.
Depuis le 1er septembre 2014, le dispositif de confinement hydraulique par parois étanches est le moyen retenu par l’exploitant. La vérification de l’étanchéité de la paroi est assurée par cinq paires d’ouvrages de contrôle disposés de part et d’autre de la paroi de confinement. Le traitement des eaux est assuré via les trois portes filtrantes de la paroi qui sont équipées de massifs filtrants.
b) Traitement de la pollution hors site : Afin de traiter les eaux souterraines et de rendre compatible ces eaux avec les usages présents hors site dans les meilleurs délais, l'exploitant a mis en place un traitement actif par injection de mélasse (biostimulation in situ) débuté en novembre 2012. Le système comprend dix puits d’injection et trois puits d’observation, et le réactif utilisé est la mélasse. Les premières injections de mélasse ont débuté en octobre 2013 et au total treize phases d’injection ont été réalisées. L’exploitant note que le traitement du chrome et des COHV est efficace dans de bonnes conditions de perméabilité mais montre ses limites dans de faibles conditions de perméabilité. Ce traitement ne montre plus de gain significatif depuis janvier 2015. Etant donné la mise en place du dispositif de confinement/traitement depuis 2014, l'exploitant a arrêté les injections de mélasse.
Par ailleurs, des investigations complémentaires dans la zone non saturée des sols ont été prescrites dans l'arrêté préfectoral du 25 octobre 2011. Les investigations complémentaires menées en 2015 avaient permis d’identifier deux zones source potentielles polluées au chrome (à proximité des ouvrages Pz44 et Pz48), avec des teneurs maximales de 874 mg/kg MS en chrome VI. Toutefois, l’extension de cette zone n’avait pas été délimitée. Cette zone correspond aux anciennes lignes de traitement de surface. Pour les COHV, aucune zone source n’a été identifiée au niveau des sols . L’exploitant devait donc définir le type d’investigations complémentaires à mener et fournir un plan d’actions.
Enfin, une surveillance des eaux souterraines, eaux superficielles, air ambiant et gaz des sols est encadrée par l'arrêté préfectoral de 2011 et réalisé par l'exploitant.
Les différents traitements de pollution (air ambiant, pollution hors et sur site, eaux souterraines ...) sont toujours en cours.
La fiche officielle de ce site sur Géorisques — c'est elle qui fait foi.
Ce que cela ne prouve pas
Une inscription à l'inventaire signale une activité susceptible d'avoir pollué — comment lire cette page.
Une instruction clôturée ne veut pas dire « site pollué » : elle peut l'être parce que les travaux ont été faits et la surveillance levée. Le descriptif ci-dessus le dit, quand il le dit.
Ce qui est recensé sur la même commune
À Bouzonville, l'inventaire recense 45 anciens sites industriels ou de service, ainsi que 1 site en instruction. Voir la page de Bouzonville.
Un rapport daté sur cette entité
Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.
Ce que contient le rapport
- ce que les registres des sols disent de ce terrain à la date de notre copie : inventaire, secteur d'information, instruction en cours
- ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc — et sur ce sujet, l'absence est ce qui compte
- l'historique de nos captures pour ce site
- la citation exacte : source, licence, date, URL
Prix : 19 € / entité
Ce que le rapport n'est PAS
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